" On ne
manque presque jamais de temps dans une vie…
On manque surtout du courage d’être
Soi-même avant que tout disparaisse. "
Il y a
souvent, quelque part au fond de
Chacun de nous, un type magnifique qui attend.
Pas un
héros de cinéma.
Pas un
gourou en costume repassé.
Non.
Juste
quelqu’un de vrai.
Quelqu’un
capable d’aimer, de créer, de rire
Comme un
gosse sous la pluie,
De partir
sur un coup de tête à l’autre
Bout du
monde ou simplement de regarder
Un coucher de soleil sans penser à ses
factures.
Mais la
plupart du temps, on l’étrangle doucement.
À force
de doutes.
À force
de peur.
À force
d’avoir entendu toute notre vie :
« Sois
raisonnable »,
« Fais
comme les autres »,
« Ne rêve
pas trop grand ».
Travaille
et travaille
Alors on
devient prudent.
Terriblement
prudent.
On range
nos passions dans des tiroirs
Comme de vieux vêtements qu’on n’ose plus
porter.
On
étouffe nos envies.
On ravale
nos folies.
On
apprend à survivre au lieu de vivre.
Et c’est
triste à crever.
Parce
qu’au fond, les plus belles choses
Naissent souvent des gens qui ont osé être un
peu fous.
Les types
cabossés.
Les
femmes qui n’attendaient plus rien
Et qui ont quand même recommencé à aimer.
Les
rêveurs sans diplôme.
Les
artistes fauchés.
Les
paumés magnifiques qui ont décidé,
Un matin,
d’envoyer promener la peur.
La
confiance en soi, ce n’est pas se croire supérieur.
C’est
simplement arrêter de demander la permission d’exister.
C’est
comprendre qu’on a le droit d’essayer.
Le droit
d’échouer.
Le droit
d’être maladroit.
Le droit de ne pas entrer dans les cases fabriquées
Par des gens eux-mêmes malheureux.
On passe
trop de temps à
Vouloir
rassurer les autres.
À jouer
des rôles.
À sourire
poliment dans des vies
Qui nous vide de l’intérieur.
Puis un
jour, le miroir devient brutal.
On voit
les années filer.
Les rêves
prendre la poussière.
Et cette
question qui vous cogne dans le ventre :
«
Qu’est-ce que j’ai vraiment fait de moi ? »
Alors il
faut parfois tout envoyer valser.
Les faux
semblants.
Les
chaînes invisibles.
Les
regards des gens.
Et oser.
Oser
aimer.
Oser
créer.
Oser
partir.
Oser
vivre pauvre mais libre
Plutôt
que riche et mort à l’intérieur.
Oser ses
passions comme on allume
Une
dernière cigarette dans une nuit trop longue.
Oser même
ses folies, parce qu’elles sont
Parfois la seule preuve qu’on est encore
vivant.
La
vérité, c’est qu’une belle vie n’appartient
Pas aux plus riches, ni aux plus parfaits.
Elle
appartient souvent à ceux qui ont eu
Le courage d’être eux-mêmes malgré leurs
failles.
Et ça…
Dans un
monde qui passe son temps à fabriquer des copies,
C’est
déjà une forme de grandeur. Moi *
On ne manque presque jamais de temps dans une
vie…
On manque
surtout du courage
D’être
soi-même avant que tout disparaisse.
Il y a
des choses qui ne reviennent jamais.
Pas même
avec des excuses, des regrets
Ou des
bouteilles vidées à trois heures
Du matin devant un vieux morceau de jazz.
Le temps,
d’abord.
Ce sale
type silencieux.
Il te
vole sans faire de bruit.
Il te
prend tes vingt ans,
Puis ton
visage,
Puis les
gens que tu aimais.
Et un
matin tu te regardes dans la glace
Comme on
regarde une maison abandonnée après l’hiver.
Les mots
aussi ne reviennent jamais.
On croit
toujours pouvoir réparer une phrase.
Recoller
une blessure avec un « pardon ».
Mais
certains mots restent plantés dans le
Ventre des gens comme des tessons de
bouteille.
Ils
sourient encore après, oui…
Mais
autrement.
Et puis
il y a les opportunités.
Ces
trains qu’on regarde partir parce
Qu’on avait peur d’avoir l’air ridicule.
Peur
d’aimer.
Peur
d’essayer.
Peur de
quitter une vie morte parce
Qu’elle
avait au moins l’avantage d’être confortable.
La
plupart des gens ne ratent pas leur
Existence par manque de talent.
Ils la
ratent par habitude.
Par
prudence.
Par cette
étrange passion humaine
Pour les cages bien décorées.
Il y a
aussi trois poisons capables de détruire
Un homme plus sûrement que la misère.
Le
mensonge.
Parce
qu’à force de mentir aux autres,
On finit
surtout par se mentir à soi-même.
On
devient acteur de sa propre vie,
Prisonnier
d’un personnage qu’on déteste.
L’orgueil.
Cette
vieille salope élégante qui empêche de dire :
« J’ai eu
tort »
Ou
simplement :
Reste encore un peu. »
Et la
trahison
Ah, la
trahison.
Celle des
amis.
Des
amours.
Des
familles parfois.
Elle
laisse un goût métallique dans l’âme.
Comme du
sang sur les lèvres après
Une
bagarre qu’on n’avait pas cherchée.
Mais
malgré toute cette boue, malgré les factures,
Les
cimetières, les lendemains gris et les types vides qui paradent
Comme des
rois sur des réseaux sociaux pleins de solitude maquillée…
Il reste
encore trois choses qu’il ne faut jamais abandonner.
L’espérance.
Pas celle des cartes postales ou
Des gourous en costume blanc.
Non.
La vraie.
La petite
flamme ridicule qui continue
De brûler même quand tout s’effondre autour.
La
patience.
Parce que
la vie n’est pas un miracle instantané.
C’est
souvent une longue traversée
De pluie
avant d’apercevoir
Un bout
de lumière entre deux arbres.
Et
l’honnêteté.
Cette
qualité devenue presque subversive aujourd’hui.
Être
honnête dans un monde de faux-semblants,
C’est
marcher nu au milieu d’un carnaval.
On croit
toujours qu’on a le temps.
Le temps
d’aimer plus tard.
Le temps
d’écrire ce livre.
Le temps
de partir vivre ailleurs.
Le temps
d’oser devenir soi-même.
Mais le
temps ne négocie jamais.
Il avance
avec le calme d’un croque-mort.
Et un
jour, sans prévenir, tu regardes derrière toi.
Les vieux
rêves prennent la poussière
Dans un coin de ta mémoire.
Les gens
que tu voulais appeler sont morts ou partis.
Ton corps
fatigue.
Ton cœur
aussi parfois.
Alors tu
comprends quelque chose
De
terrible et de magnifique à la fois :
Tu n’as
pas manqué de temps.
Tu as
manqué de courage.
Le
courage de dire non.
Le
courage d’aimer sans garantie.
Le courage de passer pour un fou
Plutôt que pour un mort vivant.
Le courage de vivre selon ton âme au
Lieu de vivre selon les attentes des autres.
Alors
vis.
Même
maladroitement.
Même
pauvrement.
Même avec
tes cicatrices,
Tes peurs
et ton passé cabossé.
Vis avant
que la vie ne devienne seulement
Un
souvenir raconté par quelqu’un
D’autre autour d’un café froid.
Et si le
monde te trouve étrange…
Tant mieux.
Les gens vraiment vivants ont
Toujours dérangé les morts.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Mai 2026
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