dimanche 10 mai 2026

Le Courage de Vivre Avant Qu’il Ne Soit Trop Tard

 





" On ne manque presque jamais de temps dans une vie…

On manque surtout du courage d’être 

Soi-même avant que tout disparaisse. "

 

 

Il y a souvent, quelque part au fond de

 Chacun de nous, un type magnifique qui attend.

Pas un héros de cinéma.

Pas un gourou en costume repassé.

Non.

Juste quelqu’un de vrai.

Quelqu’un capable d’aimer, de créer, de rire

Comme un gosse sous la pluie,

De partir sur un coup de tête à l’autre

Bout du monde ou simplement de regarder

 Un coucher de soleil sans penser à ses factures.

 

Mais la plupart du temps, on l’étrangle doucement.

 

À force de doutes.

À force de peur.

À force d’avoir entendu toute notre vie :

« Sois raisonnable »,

« Fais comme les autres »,

« Ne rêve pas trop grand ».

Travaille et travaille

 

Alors on devient prudent.

Terriblement prudent.

On range nos passions dans des tiroirs

 Comme de vieux vêtements qu’on n’ose plus porter.

On étouffe nos envies.

On ravale nos folies.

On apprend à survivre au lieu de vivre.

 

Et c’est triste à crever.

 

Parce qu’au fond, les plus belles choses

 Naissent souvent des gens qui ont osé être un peu fous.

Les types cabossés.

Les femmes qui n’attendaient plus rien

 Et qui ont quand même recommencé à aimer.

Les rêveurs sans diplôme.

Les artistes fauchés.

Les paumés magnifiques qui ont décidé,

Un matin, d’envoyer promener la peur.

 

La confiance en soi, ce n’est pas se croire supérieur.

C’est simplement arrêter de demander la permission d’exister.

 

C’est comprendre qu’on a le droit d’essayer.

Le droit d’échouer.

Le droit d’être maladroit.

Le droit de ne pas entrer dans les cases fabriquées

 Par des gens eux-mêmes malheureux.

 

On passe trop de temps à

Vouloir rassurer les autres.

À jouer des rôles.

À sourire poliment dans des vies

 Qui nous vide de l’intérieur.

 

Puis un jour, le miroir devient brutal.

On voit les années filer.

Les rêves prendre la poussière.

Et cette question qui vous cogne dans le ventre :

« Qu’est-ce que j’ai vraiment fait de moi ? »

 

Alors il faut parfois tout envoyer valser.

Les faux semblants.

Les chaînes invisibles.

Les regards des gens.

 

Et oser.

 

Oser aimer.

Oser créer.

Oser partir.

Oser vivre pauvre mais libre

Plutôt que riche et mort à l’intérieur.

Oser ses passions comme on allume

Une dernière cigarette dans une nuit trop longue.

Oser même ses folies, parce qu’elles sont

 Parfois la seule preuve qu’on est encore vivant.

 

La vérité, c’est qu’une belle vie n’appartient

 Pas aux plus riches, ni aux plus parfaits.

Elle appartient souvent à ceux qui ont eu

 Le courage d’être eux-mêmes malgré leurs failles.

 

Et ça…

Dans un monde qui passe son temps à fabriquer des copies,

C’est déjà une forme de grandeur. Moi *

 

 On ne manque presque jamais de temps dans une vie…

On manque surtout du courage

D’être soi-même avant que tout disparaisse.

 

Il y a des choses qui ne reviennent jamais.

Pas même avec des excuses, des regrets

Ou des bouteilles vidées à trois heures

 Du matin devant un vieux morceau de jazz.

 

Le temps, d’abord.

Ce sale type silencieux.

Il te vole sans faire de bruit.

Il te prend tes vingt ans,

Puis ton visage,

Puis les gens que tu aimais.

Et un matin tu te regardes dans la glace

Comme on regarde une maison abandonnée après l’hiver.

 

Les mots aussi ne reviennent jamais.

On croit toujours pouvoir réparer une phrase.

Recoller une blessure avec un « pardon ».

Mais certains mots restent plantés dans le

 Ventre des gens comme des tessons de bouteille.

Ils sourient encore après, oui…

Mais autrement.

 

Et puis il y a les opportunités.

Ces trains qu’on regarde partir parce

 Qu’on avait peur d’avoir l’air ridicule.

Peur d’aimer.

Peur d’essayer.

Peur de quitter une vie morte parce

Qu’elle avait au moins l’avantage d’être confortable.

La plupart des gens ne ratent pas leur

 Existence par manque de talent.

Ils la ratent par habitude.

Par prudence.

Par cette étrange passion humaine

 Pour les cages bien décorées.

 

Il y a aussi trois poisons capables de détruire

 Un homme plus sûrement que la misère.

 

Le mensonge.


Parce qu’à force de mentir aux autres,

On finit surtout par se mentir à soi-même.

On devient acteur de sa propre vie,

Prisonnier d’un personnage qu’on déteste.

 

L’orgueil.

 

Cette vieille salope élégante qui empêche de dire :

« J’ai eu tort »

Ou simplement :

 Reste encore un peu. »

 

Et la trahison

 

Ah, la trahison.

Celle des amis.

Des amours.

Des familles parfois.

Elle laisse un goût métallique dans l’âme.

Comme du sang sur les lèvres après

Une bagarre qu’on n’avait pas cherchée.

 

Mais malgré toute cette boue, malgré les factures,

Les cimetières, les lendemains gris et les types vides qui paradent

Comme des rois sur des réseaux sociaux pleins de solitude maquillée…

Il reste encore trois choses qu’il ne faut jamais abandonner.

 

L’espérance.

 

Pas celle des cartes postales ou 

Des gourous en costume blanc.

Non.

La vraie.

La petite flamme ridicule qui continue

 De brûler même quand tout s’effondre autour.

 

La patience.

 

Parce que la vie n’est pas un miracle instantané.

C’est souvent une longue traversée

De pluie avant d’apercevoir

Un bout de lumière entre deux arbres.

 

Et l’honnêteté.

 

Cette qualité devenue presque subversive aujourd’hui.

Être honnête dans un monde de faux-semblants,

C’est marcher nu au milieu d’un carnaval.

 

On croit toujours qu’on a le temps.

Le temps d’aimer plus tard.

Le temps d’écrire ce livre.

Le temps de partir vivre ailleurs.

Le temps d’oser devenir soi-même.

 

Mais le temps ne négocie jamais.

Il avance avec le calme d’un croque-mort.

 

Et un jour, sans prévenir, tu regardes derrière toi.

Les vieux rêves prennent la poussière

 Dans un coin de ta mémoire.

Les gens que tu voulais appeler sont morts ou partis.

Ton corps fatigue.

Ton cœur aussi parfois.

 

Alors tu comprends quelque chose

De terrible et de magnifique à la fois :

 

Tu n’as pas manqué de temps.

 

Tu as manqué de courage.

 

Le courage de dire non.

Le courage d’aimer sans garantie.

Le courage de passer pour un fou

 Plutôt que pour un mort vivant.

Le courage de vivre selon ton âme au 

Lieu de vivre selon les attentes des autres.

 

Alors vis.

 

Même maladroitement.

Même pauvrement.

Même avec tes cicatrices,

Tes peurs et ton passé cabossé.

 

Vis avant que la vie ne devienne seulement

Un souvenir raconté par quelqu’un

 D’autre autour d’un café froid.

 

Et si le monde te trouve étrange…

Tant mieux.

Les gens vraiment vivants ont 

Toujours dérangé les morts. 

  

 Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Mai  2026