" Il
faut vieillir. Ne pleure pas, ne joins pas des doigts suppliants, ne te révolte
pas : il faut vieillir. Répète-toi cette parole, non comme un cri de désespoir,
mais comme le rappel d’un départ nécessaire… Éloigne-toi lentement, lentement,
sans larmes ; n’oublie rien ! Emporte ta santé, ta gaieté, ta coquetterie, le
peu de bonté et de justice qui t’a rendu la vie moins amère ; n’oublie pas !
Va-t’en parée, va-t’en douce, et ne t’arrête pas le long de la route
irrésistible, tu l’essaierais en vain – puisqu’il faut vieillir ! "
Colette,
Les Vrilles de la vigne













