" Si je pouvais vous faire Rire
Quelques instants à mes dépens,
Je me sentirais mieux prêter à rire,
Il n'y a rien de plus généreux ".
Romain
Gary
" Si je pouvais vous faire Rire
Quelques instants à mes dépens,
Je me sentirais mieux prêter à rire,
Il n'y a rien de plus généreux ".
Romain
Gary
" Depuis que l'homme rêve, il y a déjà eu tant
d'appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu'il est étonnant de
voir encore la mer, en ne devrait plus voir que les bouteilles. "
Romain Gary
Au-delà
de cette Limite votre Ticket n'est plus Valable
Une citation poétique et d'une mélancolie foudroyante :
Romain Gary résume en une seule image la quantité
Incalculable de détresses humaines
Que le monde a fini
par ignorer.
"
L'instinct des écrivains et des artistes est de ne pas avoir de respect et de
sympathie pour les dirigeants, les chefs, les patrons, les grands hommes
d'état, les hommes providentiels, les sauveurs de la patrie et pour tous les
autres tralalas. Si les écrivains et les artistes étaient tous pour le pouvoir
établi, ce serait à désespérer de tout. Et de toute façon, dans le domaine des
idéologies, la "grandeur", enfin, dès qu'on prononce ce mot, on pense
aussitôt la puissance, à Hitler et Staline. Il y a aujourd’hui une extrême
confusion dans la merde, due à l'abondance. Le monde ne semble plus avoir le
choix qu'entre le bourrage de crâne et le lavage de cerveau. Ajoute à cela ce
caractère individualiste qui fait que lorsqu'on parle en politique d'un
"grand homme", le français se sent personnellement diminué, comme si
on lui avait volé quelque chose. Je connais un monsieur très distingué qui n'a
jamais pu voter de sa vie parce que, donner sa voix à un autre que lui-même, ça
le met en rogne."
Romain
Gary, La nuit sera calme
" Parfois le besoin de créer est si fort,
Le goût de la perfection si absolu
Que le créateur rejette son œuvre et
Rompt avec la création artistique
Parce qu'elle le laisse toujours loin
De son besoin de réalisme :
Sa mort devient alors sa suprême
Création, son ultime figure de style. "
Romain
Gary,
"Depuis
que l'homme rêve, il y a eu déjà tant d'appels au secours, tant de bouteilles
jetées à la mer, qu'il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus
voir que des bouteilles."
Romain Gary
Au-delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable
"Toutes
les fois qu'un imbécile lui demandait "Tu fais quoi dans la vie, le môme
?", il savait qu'il était temps de déguerpir, et sans traîner. C'est une
drôle de question, d'ailleurs, tu fais quoi dans la vie ? Vous l'a-t-on déjà
posée ? C'est une question qui vous donne la réelle impression que le seul fait
de vivre ne suffit pas ; elle met la vie en minorité si l'on peut dire, elle la
relègue au deuxième rang, comme si ce n'était pas assez d'être vivant, comme
s'il fallait encore payer un tribut".
Romain
Gary, Le grec
La
société transforme la vie en une dette où chacun doit « payer sa place »,
poussant celui qui veut rester libre à refuser de se justifier et à fuir ce
conformisme.
" Je voudrais aller très loin dans un endroit plein d'autres Choses.
Et je ne
cherche même pas à l'imaginer, pour ne pas le Gâcher ".
Romain Gary
" Jamais
je n'avais aimé avec un don si total de moi-même. Je ne me souvenais même plus
de mes autres amours, peut-être parce que le bonheur est toujours un crime
passionnel : il supprime tous les précédents. Chaque fois que nous étions unis
ensemble dans le silence des grandes profondeurs qui laisse les mots à leurs
travaux de surface et que, très loin, là-haut, les milles hameçons du quotidien
flottent en vain avec leurs appâts de menus plaisirs, de devoirs et
responsabilités, il se produisait une naissance du monde bien connue de tous
ceux qui savent encore cette vérité que le plaisir réussit parfois si bien à
nous faire oublier : vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut
exaucer ".
Romain Gary
" Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable "
" Laissez-moi
vous dire ceci, mon vieil Ami : dans un monde entièrement fait pour l’homme, il
se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. Tout ce qui
restera de nous, ce seront des robots. Nous ne réussirons jamais à faire de
nous entièrement notre propre œuvre. Nous sommes condamnés pour toujours à
dépendre d’un mystère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent pénétrer et
votre présence parmi nous évoque une puissance créatrice dont on ne peut rendre
compte en des termes scientifiques ou rationnels, mais seulement en termes où
entrent teneur, espoir et nostalgie. "
Romain
Gary, Lettre à l'éléphant
Gérard
Boureau: "Anticiper qu'il ne restera de nous que des robots : quel génie !
Qui rappelle aussi son ami Camus par l'Absurde de cette vie ! "
" Il n'est
pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises
habitudes. On croit que c'est arrivée. On croit que ça existe ailleurs, que ça
peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec
l'Amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient
jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu'à la fin de ses jours.
Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur
son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur
la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus. Jamais plus. Jamais
plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très
douces vous parlent d'Amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passés à la
source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez
beau vous jeter de tous les côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des
mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée
de l'Amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez,
vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à
attendre ce que vous avez déjà reçu. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les
mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères
aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je
n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. "
La
Promesse de l'Aube de Romain Gary.
" On peut être vieux à vingt ans, si on est fatigué de vivre,
Et jeune à
quatre-vingts si on a envie de découvrir encore. "
Romain
Gary, La Vie devant Soi
Je rêve encore de tomber amoureux,
Mais ce qu'on appelle tomber !...
Seulement à soixante ans, c'est très difficile,
A cause du manque d'espace, d'horizon devant soi...
Ça manque de large, maintenant, on ne peut plus s'élancer...
L'amour, ça va très mal avec les restrictions,
Les limites, avec le temps qui t'est compté,
Il faut croire qu'on a toute la vie
Devant soi pour
s'élancer vraiment.
La nuit
sera calme de Romain Gary.
" J'aime les coquelicots à cause du nom qu'ils portent,
Co-que-li-cots. C'est gai et il y a même là-dedans
Des rires d'enfants heureux. "
Romain
Gary - Gros-Câlin
"Je n'ai jamais imaginé qu'on pût être
A ce point hanté par une voix,
Par un cou, par des épaules,
Par des mains.
Ce que je veux dire,
c'est qu'elle avait des yeux
Où il faisait si bon vivre que
Je n'ai jamais su où aller depuis".
Romain
Gary, La Promesse de l'Aube
" La
vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se
fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n'a plus rien à vous donner, je vais
souvent dans les endroits fréquentés par la jeunesse pour essayer de retrouver
ce que j'ai perdu. Parfois je reconnais le visage d'un camarade tué à vingt
ans. souvent, ce sont les mêmes gestes, le même rire, les mêmes yeux. quelque
chose, toujours, demeure. Il m'arrive alors de croire presque qu'il est resté
en moi quelque chose de celui que j'étais il y a vingt ans, que je n'ai pas
entièrement disparu. "
Romain
Gary, La Promesse de l'aube
" Le seul endroit au monde où l'on peut rencontrer un
Homme digne de ce nom, c'est le
regard d'un chien "
« C'était
un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du
museau et du poil roussi autour de la truffe, ce qui le faisait ressembler au
fumeur invétéré sur l'enseigne du Chien-qui-fume, un bar-tabac à Nice, non loin
du lycée de mon enfance.
Il
m'observait, la tête légèrement penchée de côté, d'un regard intense et fixe,
ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir
angoissé et insupportable.
Il entra dans mon existence le 17 février 1968 à Beverly Hills,
où je venais de rejoindre ma femme
Jean Seberg, pendant le tournage d'un film. »
Les chiens préférés de Romain Gary :
Pancho, Sandy, Mosca, un berger allemand,
Batka, chien de gouttière Gaston, …
Romain Gary Romain Gary à son bureau
Rue du Bac à Paris, avec le chien Pancho 1971
Les
siècles passés pratiquaient l’injustice au nom des vérités fausses « de droit
divin », mais auxquelles on croyait fermement. Aujourd’hui, c’est le règne des
mensonges les plus éhontés, le détournement constant de l’espoir, le mépris le
plus complet de la vérité.
Romain
Gary, La nuit sera calme.