Juste
s’asseoir et Respirer
Juste
s’asseoir et respirer.
Oublier,
deux minutes,
Les
horloges qui nous poursuivent,
les
rendez-vous qui s’empilent,
les “il
faut”,
les
“dépêche-toi”,
les
lendemains qu’on remplit
avant
même de les vivre.
Juste
s’asseoir.
Sans
téléphone.
Sans
bruit.
Sans
avoir à prouver qu’on existe.
Respirer…
Comme on
retrouve un vieil ami.
Celui
qu’on oublie trop souvent,
mais qui,
lui,
ne nous
abandonne jamais.
Inspirer.
Comme si
l’on faisait entrer un peu de lumière
dans les
pièces de soi
qu’on
avait laissées fermées.
Expirer.
Comme si
chaque souffle emportait
un
regret,
une peur,
un
morceau de colère
devenu
trop lourd à porter.
On passe
notre vie à courir.
Après le
temps.
Après les
autres.
Après une
version de nous-mêmes
qui
n’existe peut-être même pas.
Et
pendant qu’on court,
on oublie
de vivre.
Parce que
parfois,
la plus
belle victoire,
ce n’est
pas d’aller plus loin.
C’est de
rester là.
Les deux
pieds sur la terre.
Le cœur
un peu cabossé.
Mais
vivant.
Les
arbres ne courent pas.
Les
océans ne s’excusent pas d’être immenses.
Le soleil
ne demande la permission à personne pour se lever.
Alors
pourquoi nous,
on
s’interdit si souvent de souffler ?
Respire.
Le reste
attendra.
Respire.
Le reste viendra…
Anne V.
Besnard







