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mardi 5 mai 2026

N'embêtez pas les Humains avec vos Idées,





" N'embêtez pas les humains avec vos idées, 

Votre harcèlement social. 

Ils veulent simplement vivre, les humains, 

Vivre le temps de vivre, et reproduire la vie

 Pour se sentir vivre ou revivre, 

Et vivre le plus longtemps possible, 

Et même survivre".


  Philippe Sollers

  Passion fixe


lundi 4 mai 2026

A Vivre Seul, au Moins Quelques Années, on Apprend à

 



"A vivre seul, au moins quelques années, on apprend à passer du besoin qui ligote au désir et au rêve qui ouvrent grand l'espace en soi et autour de soi. A vivre seul, on apprend à choisir ses relations au lieu de les supporter, de s'en accommoder. Sauvage et sociable tout à la fois, l'individu solitaire ne se croit pas obligé d'aller à des repas de famille, de participer à des fêtes dont les convives l'ennuient. Et de cela il ne se sent nullement culpabilisé parce qu'il est en accord avec ce qu'il fait. Se tenir en solitude, c'est chérir une situation propice à inattendu, à l'incroyable dont les tableaux de Van Eyck et de Brueghel esquissent l'apparition. C'est se vouloir disponible, absolument; et non disponible pour quelque chose, en attente de quelqu'un. Se tenir dans la fraicheur du commencement. C'est donc un état émerveillé."


Jacqueline Kelen, L'esprit de solitude

dimanche 3 mai 2026

On S'aime, on se Dit "On ne se Quittera Jamais"

 



On s'aime, on se dit "on ne se quittera jamais", et déjà on sait que c'est faux. Alors on dit "si on se quitte on restera toujours amis". Et c'est un mensonge de plus. Alors tout doucement on murmure "on se respectera toujours", et on baisse les yeux tellement on a honte de si peur, et tellement on sait que ce "si peu" ne viendra jamais, on se quittera, on se quittera dans les larmes et la déchirure, on se quittera comme si on perdait sa vie, comme si on perdait son enfance, son adolescence, tous ses âges engloutis avec la séparation, la séparation terrible, on se quittera. On le sait.


Veronique Olmi, Sa passion


vendredi 1 mai 2026

Je Suis une Inconditionnelle du Mot Espoir.

 



"Je suis une inconditionnelle du mot Espoir. 

Je ne crois ni en la fatalité ni en une 

Histoire écrite d'avance. 

Si l'on est ouvert à l'autre, 

Si l'on aime la vie, 

elle finit toujours par vous répondre

 Et par se refléter en vous."


Andrée Chedid


jeudi 30 avril 2026

Les Vieilles Ames

 




Les vieilles âmes

 

"On les appelle les émotifs, les penseurs.

Je suis hypersensible.

Tout me touche, m'atteint, 

M'émeut, me submerge, me gonfle.

J'ai mal pour moi, pour l'autre.

Je ressens.

Je pleure pour un rien, je ris facilement.

Je sens les odeurs, les âmes, la tristesse.

Je n'ai aucune limite à ressentir.

Je m'énerve plus facilement,

Je suis à fleur de mots, de peaux, de beaux.

Je suis une hypersensible.

Je suis différente.

Remplie de poésie.

Quelque chose danse en moi.

Une lumière me rend 

Bizarre, intouchable, indomptable.

J'en demande toujours trop.

Je parle pour ne rien dire, parce ce 

Qu'il y a toujours quelque chose à en dire.

On les appelle les marginaux, les fous, les extra humains.

Je suis une écorchée, une abîmée, une blessée de vie.

Je suis empathie.

Je décèle ce qu'on ne me dit pas,

Je tire les vers du nez.

Je respecte le silence, 

Car je le parle couramment.

Je suis ainsi.

Un peu cabossée, tendre, et émotive.

J'ai un orage qui gronde, et un arc en ciel qui brille.

Je ressens plus fort, tout ce qui effleure l'autre.

Je peux perdre pied.

Plus vite, plus violemment que 

Quelqu'un d'une sensibilité normale.

La mienne n'est jamais banale.

J'ai une petite boule qui bouge en moi.

Qui se coince dans ma gorge, 

Fait mal à mes yeux, ou fout le feu dans mon ventre.

Je peux ressentir très fort, m'envoler

 Très haut et redescendre brutalement.

Je peux éclater en sanglots, et rire aux éclats

 Pour quelque chose qui me fait peur, vibrer, ou vivre.

Je vis toujours accrochée à ma boule d'émotion.

Elle ne saute pas aux yeux des autres, 

Mais prend toute la place en moi.

C'était ma fragilité, j'en ai fait ma force.

C'est mon démon que j'aime, mon diable au corps.

Mon cœur qui bat n'est pas un muscle chez moi,

C'est un lieu d'immersion, de rendez-vous, 

De petites morts et de profondeurs inégalées.

Et celui qui peut me comprendre, 

Alors seulement celui-là, peut m'aimer..."


Cyrielle Soares

 

mercredi 29 avril 2026

Lorsque nous Cessons de Lutter

 


“ Lorsque nous cessons de lutter contre ce qui vibre au plus profond de nous, de nous dissimuler derrière la muraille d’un mental qui se débat continuellement pour sa survie, lorsque, las, nous abandonnons notre quête illusoire de reconnaissance extérieure, lorsque nous nous autorisons enfin à entendre notre voix intérieure au lieu de nous laisser assourdir par celle des autres, alors nous pouvons entrer dans la danse de l’incarnation au rythme de la partition écrite pour nous et par nous, de toute éternité. ”


Grégory Mutombo - La Symphonie des Âmes


mardi 28 avril 2026

N’ayez Jamais Peur de la Vie

 



" N’ayez jamais peur de la Vie, 

N’ayez jamais peur de l’aventure, 

Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée.

 Partez, allez conquérir d’autres espaces, 

D’autres espérances. 

Le reste vous sera donné de surcroît. "


 Henry de Monfreid

samedi 25 avril 2026

J'aurais pu Dire "Vieillir, c'est Désolant

 





"J'aurais pu dire "vieillir, c'est désolant, c'est insupportable, c'est douloureux, c'est horrible, c'est déprimant, c'est mortel", mais j'ai préféré "chiant" parce que c'est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand çà a commencé et l'on sait encore moins quand çà finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant, invulnérable. La vie devant soi, même à cinquante ans, c'était encore très bien.... Même à soixante.


Si, si je vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilà, entretemps, j'ai vu le regard des jeunes... des hommes et des femmes dans la force de l'âge qui ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J'ai lu dans leurs yeux qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence à mon égard, qu'ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m'en rendre compte, j'étais entré dans l'apartheid de l'âge".


Bernard Pivot, Les mots de ma vie (2011)


jeudi 23 avril 2026

Chacun a ses Secrets

 



Chacun a ses secrets. Certains les traînent tout au long de leur vie comme un fardeau, d'autres les chérissent et les conservent avec soin, comme une source de vie jaillissante où ils puisent leurs forces vives jusqu'à la fin. Pour moi, ces secrets forment le trait d'union entre mon passé et mon présent. Je ne suis pas de ceux qui traînent derrière eux un poids mort qui les accable. Ce que j'ai jugé bon de garder, je l'ai laissé vivre et s'épanouir en moi. J'ai l'impression d'avoir su tirer parti de tous les embrouillaminis de la vie, peu importait que cela fût gai ou triste. Si le prix a parfois été exorbitant, c'était là sans doute le prix qu'exigeait la vie. Celui qui a peur de payer trop cher meurt à lui-même.


Nina Berberova- (C'est moi qui souligne)


mardi 21 avril 2026

Attendre .

 



Attendre .

Un appel qui ne vient pas,

Une personne qui ne revient plus,

Une lettre qu’on ne reçoit pas,

Un enfant qu’on ne voit plus,

Une jeunesse qui n’est plus là,

Un amour qui semble perdu.

Tu t’attardes à faire revivre

Ce passé qui demande à mourir.

Et tu perds ton temps à retenir

Une illusion qui te fait souffrir .

Arrête de t’enfuir dans tes souvenirs

Et de faire vieillir ton avenir.

Il est temps de te ressaisir,

Et à nouveau,

tu te dois de revivre.

Laisse au présent la chance de te séduire,

Et au futur le bonheur de t’épanouir.

Tout ce que la vie a de beau, elle va te l’offrir.

Il suffit de lui sourire et de t’ouvrir.

Le chemin pour y parvenir

Est de lâcher prise, ne plus retenir,

Laisser aller, afin de grandir.

Et à nouveau tout accueillir.


Richard Migneault


Art : Pedro Sanz Gonzales


lundi 20 avril 2026

Attraper le bonheur

 



"Attraper le bonheur, c'est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet. Tu précipites le filet sur lui et il s'abîme, c'est un bonheur gâché. Si c'est un bonheur agile, on ne ne peut le faire prisonnier et l'on court sans fin, c'est une agitation inutile, le bonheur est parti. Parfois il se laisse prendre sans dommage, il ne s'est pas débattu et il reste bien sage, un peu frileux sous le filet. C'est un bonheur fragile, fatigué, malade peut-être. Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l'abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l'emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur les doigts, si tu le piques sur un bois il meurt. Il faut être comme l'arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule."


Bernard Giraudeau, Les Dames de nage.


dimanche 19 avril 2026

Diaboliser la Femme

 




"Diaboliser la femme ou vouloir ne lui accorder qu'un rôle d'animal domestique, voilà bien une tentation à laquelle bien des sociétés patriarcales ont succombé. En lui attribuant la responsabilité d'un péché originel ou en ne lui accordant dans "l'ordre naturel" qu'une place subalterne, consacrée à la maternité et à la satisfaction du mâle, l'homme ne veut rien entendre de son identité particulière.


Est-ce par nature, est-ce par culture, qu'elle est de cette humanité irréductible, qui échappe aux projections masculines ? Elle ne le fait pas contre l'homme, elle le fait par amour de sa liberté et plus intuitivement que dans une intention hostile. Il y a de l'âme agit en elle. Sa sauvagerie n'est pas cruauté ou faroucherie, c'est une rébellion contre la domination.


Si elle semble être une sorcière, ce n'est pas par maléfice, mais juste parce qu'elle prête l'oreille à l'ensemble de la vie et à comment elle vibre autour d'elle. Elle ne prend pas ses messages que dans le tonnerre, mais aussi dans l'herbe, dans le vent ou bien dans le frisson de son corps.


Cet être-là a une divinité qui ne tient pas du rapport de force, mais de la relation d'amour. Elle ne divise, ne diabolise pas, elle réunit, elle symbolise".


Tydé

vendredi 17 avril 2026

Je ne Mourrai pas d'une Vie non Vécue.

 



"Je ne mourrai pas d'une vie non vécue. 

Je ne vivrai pas dans la peur

Je choisis d'habiter mes jours, pour permettre

 A la vie de m'ouvrir à elle, afin d'avoir moins peur,

D’être plus accessible ; 

De détendre mon cœur

 Jusqu'à ce qu'il devienne une aile, 

Une torche, une promesse.

Je choisis de prendre le risque d'être

 Quelqu'un qui a une importance, 

Afin de vivre de telle façon que ce qui est venu à moi

 En tant que semences ira vers l'autre en fleur, 

Et ce qui est venu à moi comme fleur, 

Se développera en tant que fruits."


Dawna Markova.


jeudi 16 avril 2026

Rire, c’est Risquer de Paraître Fou

 



" Rire, c’est risquer de paraître fou, pleurer

pleurer c’est risquer de paraître sentimental.

Tendre la main, c’est risquer de s’engager,

 Montrer ses sentiments,

C’est risquer de s’exposer.

Faire connaitre ses idées, ses rêves,

 C’est risquer d’être rejeté.

Aimer, c’est risquer de

Ne pas être aimé en retour,

Vivre, c’est risquer de mourir.

 Espérer, c’est risquer le désespoir, essayer,

 C’est risquer d’échouer. Mais il faut prendre des risques

Car le plus grand danger dans la vie, c’est de ne rien risquer.

Celui qui ne risque rien, ne fait rien, n’a rien, n’est rien.

Il peut éviter la douleur, mais il n’apprend rien,

Ne ressent rien, ne peut ni changer

Ni évoluer. Enchaîné à ses certitudes,

C’est un esclave qui a perdu toute liberté.

Seul celui qui risque est libre.

Le pessimiste se plaint du vent,

L’optimiste espère qu’il va changer,

Et le réaliste ajuste ses voiles".


  William Arthur Ward


mardi 14 avril 2026

Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil




Il trouve extraordinaire, même dans l’ordinaire de son existence quotidienne, de sentir le sol sous ses pieds, et le mouvement de ses poumons qui s’enflent et se contractent à chaque respiration, de savoir qu’il peut, en posant un pied devant l’autre, marcher de là où il est à l’endroit où il veut aller. Il trouve extraordinaire que, certains matins, juste après son réveil, quand il se penche pour lacer ses chaussures, un flot de bonheur l’envahisse, un bonheur si intense, si naturellement en harmonie avec l’univers qu’il prend conscience d’être vivant dans le présent, ce présent qui l’entoure et le pénètre, qui l’envahit soudain, le submerge de la conscience d’être vivant. Et le bonheur qu’il découvre en lui à cet instant est extraordinaire. Et qu’il le soit ou non, il trouve ce bonheur extraordinaire."


Paul Auster, L'Invention de la solitude


dimanche 12 avril 2026

Et puis, il Arrive un Âge où l'on a Peur, Peur de Tout

 



Et puis, il arrive un âge où l'on a peur, peur de tout, 

D'une liaison, d'une entrave, d'un dérangement; 

On a tout a la fois soif et épouvante du bonheur.


 Gustave Flaubert

Je Refuse de Vivre dans le Monde Ordinaire

 



Je refuse de vivre dans le monde Ordinaire

 Comme une Femme Ordinaire. 

De me consacrer à une relation Ordinaire. 

Je veux l'Extase…


Anais Nin


Sincèrement tellement vrai, cela a 

Surement été le problème de ma vie 



samedi 11 avril 2026

Que sont les Mots

 





Que sont les Mots

Quand on n’a personne à qui les Dire,

Que sont-ils quand on est incapable de toucher l'Autre.


Jon Kalman

L'opium des regrets est le plus redoutable.





" L'opium des regrets est le plus redoutable. 

Dès qu'il mêle, à l'appétit des sens, 

Sa morne et corrosive ivresse, 

Toute guérison devient impossible ".


  Francis Carco


jeudi 9 avril 2026

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

 



Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,

Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,

Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,

Et je te sourirai tout en branlant la tête,

Et nous ferons un couple adorable de vieux.

Nous nous regarderons, assis sous notre treille,

Avec de petits yeux attendris et brillants,

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.


Rosemonde Gérard.