Les lézards des murailles disparaissent de nos villages
Chaque fois qu'un mur en
pierres sèches est rejointoyé au ciment.
Ces
petits reptiles gris-brun aux flancs tachetés vivent dans les fissures des
vieux murs, des murets de jardin et des tas de pierres depuis des générations.
Ils sont strictement protégés par la loi française (arrêté du 19 novembre 2007)
— les détruire, les capturer ou détruire leur habitat expose à 150 000 €
d'amende. La plupart des maçons et des propriétaires qui rebouchent les joints
d'un vieux mur ignorent qu'ils condamnent une colonie entière.
Un lézard
des murailles adulte consomme chaque jour des dizaines d'araignées, moustiques,
pucerons, fourmis et petits coléoptères. Là où ils vivent en nombre, les
terrasses sont naturellement débarrassées des insectes rampants sans aucun
produit. Ils régulent aussi les populations de tiques en mangeant les larves
sur les murets où les rongeurs passent.
Ce que
nous devons faire pour les protéger :
- Ne
JAMAIS rejointoyer un mur en pierres sèches au ciment sans vérifier la présence
de lézards (obligation légale).
-
Conserver les tas de pierres, tuiles cassées et vieux bois en bordure de jardin
— ce sont leurs refuges et sites de ponte.
- Laisser
au moins une face de mur exposée plein sud sans végétation dense (ils ont
besoin de chaleur pour réguler leur température).
- Ne pas
utiliser d'insecticides en bordure de murets — empoisonnement indirect par les
proies contaminées.
Chaque
fissure dans un vieux mur est un appartement occupé depuis des décennies par la
même lignée. Un mur rejointoyé est un immeuble rasé.
La pierre
sèche respire, isole, et abrite
le ciment ne fait aucune de ces trois choses.
