mardi 23 décembre 2025

Noël après 60 berges Partie III

 




 Vieillir, c’est comprendre que Noël tient Parfois

 Dans une tasse chaude et un cœur Apaisé. 




Noël après 60 berges

 

Noël change après 60 berges.

Pas parce qu’il devient triste.

Mais parce qu’il cesse de mentir.

 

Avant, je croyais que Noël

 Devait faire du bruit.

Des magasins pleins à craquer,

Des néons, qui fatigues les yeux

Des sacs bien trop lourds,

Des sourires forcés entre deux files d’attente.

Je pensais que plus ça brillait,

Plus ça comptait.

 

Quelle connerie.

 

Avec l’âge, on comprend que le vacarme

N’a jamais été la fête.

Que le monde adore vendre du bonheur

Pub a gogo en hausse

Mais ne sait pas le fabriquer.

 

Aujourd’hui, je fuis les magasins.

Le bruit m’agresse.

Les foules m’épuisent.

Je n’ai plus rien à prouver,

Plus personne à impressionner.

À 60 ans passés,

On choisit le silence

Comme on choisit un bon Bourbon :

Lentement, sans se justifier.

 

Noël devient un moment à part.

Un temps où l’on s’assoit.

Où l’on regarde le sapin sans le photographier.

Où l’on laisse revenir les visages.

Certains vivants.

D’autres partis sans prévenir.

 

La solitude, à cet âge-là,

N’est plus une punition.

C’est parfois un refuge.

Un espace propre,

Sans bruit inutile,

où l’on peut enfin respirer droit.

 

On se souvient.

Des Noëls pleins.

Des Noëls ratés.

Des absents.

Des excès.

Des silences aussi.

Et on comprend que tout ça

A filé plus vite qu’on ne l’aurait cru.

 

Le corps est plus lent.

Le visage plus marqué.

Mais l’intérieur est plus clair.

On sait ce qu’on veut.

Et surtout ce qu’on ne veut plus.

 

À Noël, après 60 ans,

La joie est plus discrète.

Moins démonstrative.

Mais plus vraie.

L’amour ne crie plus,

Il reste.

Il s’installe.

Il tient chaud.

 

On n’attend plus des miracles sous le sapin.

On sait qu’ils ont déjà eu lieu.

Dans un regard.

Une présence.

Un souvenir qui revient sans prévenir

Quand la maison est calme.

 

Vieillir, c’est peut-être ça :

Arrêter de courir après le monde

Et choisir la quiétude.

Comprendre que le temps

Est le seul cadeau

Qu’on ne pourra jamais échanger.

 

Alors si vous lisez ces lignes,

Ne cherchez pas à remplir Noël.

Laissez-le respirer.

Asseyez-vous.

Éteignez le bruit.

 

Les années passent,

Les corps fatiguent,

Mais l’amour, le vrai,

Lui, ne prend pas une ride.

 

Il était là hier.

Il est là aujourd’hui.

Et il attend, tranquille,

Dans chaque Noël à venir.


    Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Décembre  2025