Février
arrive dans le Forez sans éclat ni fracas.
À six
cents mètres d’altitude, la montagne veille, austère et douce à la fois. La
neige s’est retirée vers les sommets, laissant ici la terre sombre, gorgée
d’eau, silencieuse. Les chemins brillent d’une humidité tranquille, comme s’ils
se souvenaient de l’hiver sans chercher à le retenir.
L’air est
froid, mais plus léger. La lumière s’attarde un peu plus longtemps entre les
troncs, caresse les mousses, glisse sur l’écorce des sapins. Rien ne se presse.
Tout écoute. Sous la surface, quelque chose patiente, discret, obstiné.
Février
n’annonce rien à voix haute dans le Forez.
Il se contente d’ouvrir un passage, fragile et lent,
Entre l’hiver qui s’éloigne et le printemps
Qui apprend encore à respirer.
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