dimanche 1 février 2026

Je n’ai pas fui le monde… Je me suis juste arrêté là où le silence Savait encore me reconnaître


 



Luxe silencieux

 

J’aime disparaître du temps.

Me planquer avec moi-même.

Loin de ce cirque bruyant qu’on appelle la vie sociale.

 

La nuit m’aide.

Les journées grises aussi, 

Celles qui pleurent doucement 

Comme aujourd'hui sans demander pardon.

Là, je refais le monde  mal mal 

Je repasse mes souvenirs comme des vieux

 Tickets froissés et ils me rattrapent toujours,

Les salops.

 

Je m’accroche au temps,

Mais il file comme une pute pressée.

Alors je ralentis.

Je m’assieds.

Je triche avec les horloges.

 

Je regarde la nature faire son boulot,

Sans bruit, sans likes, sans discours.

Elle, au moins, elle n’a rien à prouver.

 

Chez moi, ma vie est simple.

Terriblement simple.

Je lis.

Je regarde des films.

J’écoute de la musique jusqu’à ce qu’elle me laisse tranquille.

Je promène le chien.

Le chat vient réclamer sa dose d’amour,

Sans philosophie, sans agenda.

Je cuisine.

Oui, je suis ennuyeux.

Et alors ?

 

J’ai connu le contraire.

Le bruit. La fureur

Des moteurs

Des décibels des BPM

Les gens. La foule

Les promesses creuses.

J’ai appris que savoir se contenter du présent

S’éloigner du mode anxiogène malade

Est une forme de victoire discrète.

 

C’est ça, ma réalité quotidienne.

Et franchement, dans ce monde hyperconnecté,

Ça ressemble au plus grand des luxes.

 

Chez moi, ce n’est pas une adresse.

C’est un état d’être.

 

C’est l’odeur du café qui fend le silence du matin.

C’est le clic de la serrure qui cloue le bec au monde.

C’est un fauteuil, un livre, et plus aucune urgence.

C’est le museau du chien qui impose son rythme

 le seul qui vaille la peine.

 

Ce sont des piles de livres jamais ouverts,

Des promesses sans échéance.

Et oui, c’est aussi ce moment sacré

Où j’enfile mon pyjama le plus confortable

Comme on hisse un drapeau blanc :

 Au contraire d’hier

Aujourd’hui, je ne conquiers rien.

 

Pendant que le monde hurle pour exister

Réseaux sociaux, performances, voyages low-cost vers le vide

Le vrai trésor est là :

Cette permission tranquille d’être chez soi.

 

Rester chez soi, ce n’est pas fuir.

Ce n’est pas être seul.

C’est choisir son silence.

C’est cultiver une intimité.

 

C’est dire, sans lever la voix :

Je suis bien ici.

Avec moi-même.

Et ça suffit largement.


 " Je n’ai pas fui le monde… 

Je me suis juste arrêté là où le silence

 Savait encore me reconnaître. "


  Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Février  2026