"J'avais
pris l'habitude de regarder autour de moi, d'observer ceux que je côtoyais dans
la rue, dans le métro, au petit restaurant où je prenais mes repas du midi.
Qu'avais-je vu ? Des gueules tristes, des regards fatigués, des individus usés
par un travail mal payé, mais bien obligés de le faire pour survivre, ne
pouvant s'offrir que le strict minimum. Des êtres condamnés à la médiocrité
perpétuelle ; des êtres semblables par leur habillement et leurs problèmes
financiers de fin de mois.
Des êtres
incapables de satisfaire leurs moindres désirs, condamnés à être des rêveurs
permanents devant les vitrines de luxe et les agences de voyage.
Des
estomacs, clients attitrés du plat du jour et du petit verre de vin rouge
ordinaire.
Des êtres connaissant leur avenir puisque n'en
ayant pas. Des robots exploités et fichés, respectueux des lois plus par peur
que par honnêteté morale. Des soumis, des vaincus, des esclaves du petit matin.
J'en faisais partie par obligation, mais je me sentais étranger à ces gens-là.
Je n'acceptais pas que ma vie soit réglée d'avance ou décimée par
d'autres."
Jacques
Mesrine.
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