dimanche 30 novembre 2025

Il m’a fallu du temps. Du vrai. une putain de patience

 



Les hommes sont bien plus faciles à 

supporter quand on les observe de loin."

 

Nietzsche


Il m’a fallu du temps.

Du vrai. une putain de patience 

Pas les minutes qu’on compte sur une montre, mais celles

 Qui te racle l’âme, qui t’apprennent à respirer autrement.

Il m’a fallu du silence, de longues nuits sans personne,

Des tempêtes qui t’arrachent tout – solitude,

 Pauvreté, maladie  pour que je rebâtisse,

Pierre après pierre, mon foutu refuge intérieur.

 

Ce coin-là, je l’ai cultivé comme on tient une braise dans la nuit :

Avec les mains brûlées, avec la peur de la perdre,

Avec ce petit espoir têtu qui refuse de crever.

 

J’ai fermé des portes.

Pas par méchanceté, non.

Par survie.

Je suis une éponge, un putain de buvard à emmerdes.

Les problèmes des autres s’incrustent

 En moi comme des taches de cambouis.

Et chaque fois que je dis oui trop vite,

 Ma tranquillité se barre en courant.

 

Alors maintenant, j’ouvre plus finement la porte.

Je regarde qui j’autorise à entrer.

Parce que chaque présence pèse.

Parce qu’un seul con peut foutre

Le feu à une cathédrale intérieure.

 

Je ne veux plus du bruit.

Ni des infos, ni de la télé, ni des politicards

 Véreux qui aboient à longueur de journées.

Ils feraient mieux de fermer leurs

 Grandes gueules, ça économiserait de l’air.

Je ne veux plus de ce pays qui me fatigue,

Qui me déçoit un peu plus chaque jour

 Avec ses conneries en série.

 

Je choisis la paix.

La vraie.

Pas celle qu’on affiche sur une carte postale,

 Mais celle qui se gagne en sacrifiant ce qui détruit.

 

Je choisis l’authentique.

Les âmes qui élèvent au lieu d’écraser,

Qui respectent au lieu de juger.

Des gens qui ne te prennent rien, ou

Alors seulement ce que tu veux bien donner.

 

Mon univers de paix, c’est mon temple,

Mon radeau, mon dernier bar ouvert dans la tempête.

Il n’est pas fermé, non.

Mais il n’est plus ouvert à tous vents.

 

Parce qu’il m’a coûté cher.

Très cher.

Et qu’aujourd’hui, il vaut encore plus.


" Le Monde est plein de gens qui te Briseront

 Les nerfs si tu les laisses approcher trop près. "


Charles Bukowski


    Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

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Novembre  2025