Je Laisse Faire
Je Laisse Béton
C’est
peut-être l’âge, ou la fatigue des années.
Un
mélange d’usure et de lucidité.
À force
de croiser trop de visages
Maquillés de faux sourires,
De serrer
trop de mains tièdes,
De parler
pour rien à des gens qui n’écoutent pas,
Tu finis
par comprendre que le monde
N’a pas besoin de ton avis,
Il veut
juste ton silence ou ton approbation.
Alors
j’ai arrêté.
Arrêté
d’expliquer, de défendre, de débattre,
Comme un
con qui croit encore que
Les mots changent quelque chose.
Tu peux
gueuler jusqu’à t’en faire péter la voix,
La
plupart des gens n’entendent que ce qui les conforte.
Le reste,
ça les dérange, ça les fait réfléchir,
Et
réfléchir, c’est devenu douloureux.
Alors je
laisse faire.
Je laisse
dire.
Je laisse
même croire.
Je laisse
les gens s’accrocher à leurs certitudes
Comme des
naufragés à une planche pourrie.
Avant, je
voulais sauver le monde.
Maintenant,
je sauve juste mes soirées,
Ma
tranquillité, mon sommeil.
Je n’ai
plus le goût de me battre pour convaincre
Des
esprits fermés comme des portes de prison.
Je
regarde, je me tais,
Et quand
il le faut, je laisse partir.
Les gens,
les idées, les illusions.
Ce n’est
pas de la résignation, non.
C’est de
l’hygiène mentale.
Parce que
le silence, bordel,
Ce n’est
pas de la faiblesse.
C’est un
cri rentré,
Un cri
que tu n’as plus envie de gaspiller
Dans le
vacarme des égos.
Le
silence, c’est le moment où tu vois clair.
Où tu
évalues, où tu décides.
C’est ton
doigt sur la gâchette,
Mais tu
ne tires plus, tu souris juste.
Et puis
parfois, oui, je communique encore.
Mais
autrement.
Je souris
à ceux qui méritent un sourire,
Je parle
à ceux qui comprennent sans mots,
Et je
m’éloigne des autres, poliment, calmement,
Comme on
s’éloigne d’un feu qui s’éteint.
Parce
qu’à un moment, tu piges que la paix,
Ce n’est
pas un miracle, c’est un choix.
Une
putain de choix.
Plus je vieillis, plus je comprends
Qu'il est normal de vivre une vie
Que les autres ne comprendrons jamais
© copyright Ours du Forez
Novembre 2025
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