samedi 15 novembre 2025

Je Laisse Faire Je Laisse Béton

 



Je Laisse Faire

Je Laisse Béton 

 

C’est peut-être l’âge, ou la fatigue des années.

Un mélange d’usure et de lucidité.

À force de croiser trop de visages

 Maquillés de faux sourires,

De serrer trop de mains tièdes,

De parler pour rien à des gens qui n’écoutent pas,

Tu finis par comprendre que le monde

 N’a pas besoin de ton avis,

Il veut juste ton silence ou ton approbation.

 

Alors j’ai arrêté.

Arrêté d’expliquer, de défendre, de débattre,

Comme un con qui croit encore que

 Les mots changent quelque chose.

Tu peux gueuler jusqu’à t’en faire péter la voix,

La plupart des gens n’entendent que ce qui les conforte.

Le reste, ça les dérange, ça les fait réfléchir,

Et réfléchir, c’est devenu douloureux.

 

Alors je laisse faire.

Je laisse dire.

Je laisse même croire.

Je laisse les gens s’accrocher à leurs certitudes

Comme des naufragés à une planche pourrie.

 

Avant, je voulais sauver le monde.

Maintenant, je sauve juste mes soirées,

Ma tranquillité, mon sommeil.

Je n’ai plus le goût de me battre pour convaincre

Des esprits fermés comme des portes de prison.

 

Je regarde, je me tais,

Et quand il le faut, je laisse partir.

Les gens, les idées, les illusions.

Ce n’est pas de la résignation, non.

C’est de l’hygiène mentale.

 

Parce que le silence, bordel,

Ce n’est pas de la faiblesse.

C’est un cri rentré,

Un cri que tu n’as plus envie de gaspiller

Dans le vacarme des égos.

 

Le silence, c’est le moment où tu vois clair.

Où tu évalues, où tu décides.

C’est ton doigt sur la gâchette,

Mais tu ne tires plus, tu souris juste.

 

Et puis parfois, oui, je communique encore.

Mais autrement.

Je souris à ceux qui méritent un sourire,

Je parle à ceux qui comprennent sans mots,

Et je m’éloigne des autres, poliment, calmement,

Comme on s’éloigne d’un feu qui s’éteint.

 

Parce qu’à un moment, tu piges que la paix,

Ce n’est pas un miracle, c’est un choix.

Une putain de choix. 



 Plus je vieillis, plus je comprends

 Qu'il est normal de vivre une vie

 Que les autres ne comprendrons jamais 


    Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Novembre  2025