samedi 22 novembre 2025

L’automne de ta vie – L’addition

 






L’automne de ta vie – L’addition

 

Un jour tu te réveilles,

Les feuilles meurent en silence derrière la fenêtre,

Et tu piges enfin le truc :

Tu n’aurais pas pu faire mieux

 Que ce que t’as mis sur la table.

T’étais pas un dieu,

Pas un chirurgien des destins tordus.

Les histoires avancent ou se fracassent,

Et même en te saignant,

Tu n’empêches pas toujours le crash.

 

Tu repenses au boulot, aux passions,

Aux nuits collées à des cœurs qui tremblaient,

Et tu réalises que ton savoir-faire,

Ta patience,

Tes efforts,

Tes tripes jetées à la gueule du monde,

Ce n’était pas “trop peu”.

C’était tout ce que tu pouvais donner

Avec tes forces d’alors,

Tes cicatrices encore chaudes

Et ton étrange façon de vouloir

 Sauver tout le monde sauf toi.

 

Ce n’est pas toi l’échec.

T’étais pas trop moche,

Pas trop pauvre,

Pas trop con.

T’avais pas moins envie que les autres.

T’étais juste humain,

Et l’humanité ne retient pas

 Ceux qui veulent se barrer,

Ne recolle pas les rêves qui prennent l’eau,

Ne détourne pas les âmes qui marchent

 Tête baissée vers leur propre chute.

 

Aujourd’hui, tu regardes le monde,

Tu jettes un œil sur les trentenaires,

Leur chaos parfumé au faux bonheur 2.0,

Les illusions emballées sous plastiques Instagram,

Les burn-out avant même la mi-temps,

Les couples éclatés comme des bouteilles contre un mur,

Et tu te dis, presque surpris :

“Putain… je n’ai peut-être pas gagné,

Mais j’ai survécu.

Et c’est déjà plus que ce qu’ils appellent réussir.”

 

Ce que t’avais à donner, tu l’as donné,

Ce que t’avais à offrir, tu l’as offert,

Sans tricher, sans retouches, sans filtres.

 

Alors oui, maintenant tu peux poser le sac,

Arrêter de compter les regrets

 Comme un clodo compte ses mégots.

Tu peux respirer, enfin,

Et t’accorder le seul pardon valable :

Celui que tu te dois à toi-même.

 

L’automne, ce n’est pas la fin.

C’est juste le moment où tu t’assois

Et où tu te dis :

“J’ai fait ce que j’ai pu,

Et merde…

C’était déjà beaucoup.”


    Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Novembre  2025