L’automne
de ta vie – L’addition
Un jour
tu te réveilles,
Les
feuilles meurent en silence derrière la fenêtre,
Et tu
piges enfin le truc :
Tu
n’aurais pas pu faire mieux
Que ce que t’as mis sur la table.
T’étais
pas un dieu,
Pas un
chirurgien des destins tordus.
Les
histoires avancent ou se fracassent,
Et même
en te saignant,
Tu
n’empêches pas toujours le crash.
Tu
repenses au boulot, aux passions,
Aux nuits
collées à des cœurs qui tremblaient,
Et tu
réalises que ton savoir-faire,
Ta
patience,
Tes
efforts,
Tes
tripes jetées à la gueule du monde,
Ce
n’était pas “trop peu”.
C’était
tout ce que tu pouvais donner
Avec tes
forces d’alors,
Tes
cicatrices encore chaudes
Et ton
étrange façon de vouloir
Sauver tout le monde sauf toi.
Ce n’est
pas toi l’échec.
T’étais
pas trop moche,
Pas trop
pauvre,
Pas trop
con.
T’avais
pas moins envie que les autres.
T’étais
juste humain,
Et
l’humanité ne retient pas
Ceux qui veulent se barrer,
Ne
recolle pas les rêves qui prennent l’eau,
Ne
détourne pas les âmes qui marchent
Tête baissée vers leur propre chute.
Aujourd’hui,
tu regardes le monde,
Tu jettes
un œil sur les trentenaires,
Leur
chaos parfumé au faux bonheur 2.0,
Les
illusions emballées sous plastiques Instagram,
Les
burn-out avant même la mi-temps,
Les
couples éclatés comme des bouteilles contre un mur,
Et tu te
dis, presque surpris :
“Putain… je
n’ai peut-être pas gagné,
Mais j’ai
survécu.
Et c’est
déjà plus que ce qu’ils appellent réussir.”
Ce que
t’avais à donner, tu l’as donné,
Ce que
t’avais à offrir, tu l’as offert,
Sans
tricher, sans retouches, sans filtres.
Alors
oui, maintenant tu peux poser le sac,
Arrêter
de compter les regrets
Comme un clodo compte ses mégots.
Tu peux
respirer, enfin,
Et
t’accorder le seul pardon valable :
Celui que
tu te dois à toi-même.
L’automne,
ce n’est pas la fin.
C’est
juste le moment où tu t’assois
Et où tu
te dis :
“J’ai
fait ce que j’ai pu,
Et merde…
C’était
déjà beaucoup.”
© copyright Ours du Forez
Novembre 2025
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