Station-service d’antan…
Un
parfum de vraie France
Il fut un
temps, en France, où se rendre à la
Station-service n’était pas un acte mécanique
ou banal.
Non…
c’était un fragment de vie, un rituel, presque
Une petite halte dans le grand voyage du
quotidien.
On
arrivait tranquillement, on baissait la vitre en sifflotant,
Et déjà
le pompiste s’approchait, casquette vissée,
Chiffon à
la main, sourire honnête au coin des lèvres.
Il
demandait : “Je vous mets combien, patron ?”
Pas par
obligation, mais avec cette chaleur humble
Et naturelle des métiers de service
d’autrefois.
Pendant
que le carburant glissait dans le réservoir,
il
vérifiait la pression des pneus, contrôlait l’huile,
Essuyait les phares ou le pare-brise,
Comme si
chaque conducteur était une petite fierté nationale…
Comme si
chaque voiture méritait d’être traitée avec douceur,
Comme si
chaque voyageur comptait, un à un.
Sans
facture supplémentaire,
Sans
soupir, sans chronomètre marketing.
Puis, au
moment de repartir, venait la phrase magique,
Courte
mais authentique, simple mais lumineuse :
“Bonne
route à vous.”
Aujourd’hui,
on paye en carte bleue sur une borne froide,
Sous
néon, sans un mot, parfois même sans un regard.
On repart
vite, sans trace, sans récit, sans lien.
Comme si
notre temps avait plus de valeur que nos histoires.
Et
parfois, je me surprends à penser
Que ce ne
sont pas seulement
Les
pompistes qui ont disparu…
Mais
aussi un petit bout de cette France qui sentait
La
camaraderie, le travail bien fait,
La politesse naturelle,
La vie à
hauteur d’homme.
Cette
France qui n’avait pas peur de prendre
Une seconde de plus, celle qui disait “merci”,
“
À
bientôt”, “prenez soin de vous”.
Une
France qui manque encore…
Même à
ceux qui ne l’ont jamais vraiment connue.
