mercredi 31 décembre 2025

365 jours viennent de crever. Le compteur repart à zéro.

 





365 jours viennent de crever.

Le compteur repart à zéro.

Même machine, même panne.

Les mêmes conneries

Les mêmes cons

Le 31 décembre…

Pour beaucoup surtout les jeunes,

 Et tant mieux pour eux

C’est la fête.

Des verres qui s’entrechoquent,

Des corps qui se frottent,

De la musique électro trop forte,

Des rires un peu faux mais encore vivants.

Des lumières partout,

Comme si ça pouvait éclairer quelque chose.

 

Et puis il y a les autres.

Ceux pour qui ce soir-là

Ressemble à un lundi gris sous anxiolytiques.

La solitude,

Parfois adoucie par un chien, un chat,

Ces êtres qui n’attendent rien

Et qui donnent tout.

Devant une télé de plus en plus conne,

Avec le joueur de pipeau national

Et son discours à vomir.

Boycott.

À 20h00, j’éteins.

Trop peur de flinguer l’écran

Ou ma santé mentale.

 

Plus terne, plus vide

Qu’une journée de semaine sans café.

Et en plus,

Tout le monde n’a même pas Netflix

Pour anesthésier le néant.

 

Quoi que j’aie fait cette année,

Je l’ai fait avec les tripes.

Pour le reste ?

Honnêtement, je m’en fiche.

La conscience tranquille,

C’est un luxe rare.

Et beaucoup n’ont même

 Plus les moyens de la louer.

 

Je suis dans cette phase

Où plus rien ne surprend.

Désabusé.

Pas triste, non.

Juste vidé.

Je regarde ce monde, ce pays,

Courir droit dans le mur

En klaxonnant.

On me dit distant.

Non.

Je protège mon énergie.

C’est tout ce qu’il me reste.

 

Une année de désillusions.

Alors rire ?

Désolé.

L’espoir que 2026 ira mieux…

Qu’elle ne soit déjà pas pire,

Ce serait pas mal.

Ce soir, ce n’est pas un bilan,

C’est un inventaire des dégâts.

 

Les départs inattendus.

Les promesses qu’on croyait solides

Et qui se sont effondrées

 Au premier courant d’air.

Les combats menés seul,

Sans témoin, sans médaille,

Sans personne pour ramasser les morceaux.

 



On ferme une année lourde,

Avec des plaies encore ouvertes,

Des questions sans réponses,

Et cette fatigue sourde

Qui s’installe dans la poitrine.

Pour les cœurs fatigués,

Ce soir n’est pas une célébration.

C’est juste un passage.

Une survie de plus cochée sur le calendrier.

Avec cet espoir fragile, presque honteux,

Que la suivante soit un peu moins violente.

 

Et puis putain,

Cette obligation de souhaiter une bonne année.

Comme si elle allait être bonne

Par décret collectif.

Le pire ?

L’hypocrisie.

Ces gens qui te souhaitent le meilleur

Après t’avoir ignoré

Ou méprisé

Les 365 jours précédents.

 

Bonne année ?

Non.

Bonne chance.

Et bon courage.

 

Si vous avez survécu à 2025,

Vous pouvez survivre à tout.

Même aux cafards de cette société

Qui prolifèrent dans la lumière artificielle.

 

Oui, on sent que tout peut s’écrouler

D’un instant à l’autre.

Être optimiste devient un sport extrême.

On sait que ça va mal,

Sans toujours réussir

 À mettre des mots dessus.

Et c’est ça le plus dur.

 

Alors non,

Je ne trinque pas à l’avenir.

J’essaie juste

De rester debout,

Lucide,

Et en harmonie avec moi-même.

 

Et franchement,

C’est déjà beaucoup.



 Une nouvelle année ne promet rien.

Elle recommence juste le combat.

Survivre, rester lucide, 

Protéger son énergie

C’est déjà une forme de victoire. 



    Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Décembre  2025