« Le temps te dépouille de tout,
Sauf de tes souvenirs.
Alors vis assez fort pour que,
Quand vient l’hiver de ta vie,
Tu aies encore quelque chose
Pour réchauffer ton âme. »
Le Temps…
Chaque
chose a son foutu temps.
Et
putain, il passe vite, ce salaud.
Il ne
revient jamais. Jamais.
On croit qu’on en a des tonnes, qu’on peut le brûler
Comme une clope au bord d’un
comptoir…
Puis un jour on se réveille, et il ne reste plus
Qu’un mégot froid au fond du cendrier.
Alors ne le dilapidez pas avec des boulots
à la con, des gens qui vous pompent l’air,
Une femme aigrie une histoire à la con
Des obligations minuscules qui grignotent
votre vie comme des rats dans une cave.
Ne l’offrez pas à des conversations vides
ou à ces journées qui se répètent,
Comme si vous étiez né pour tourner
En rond dans une cage invisible.
Occupez-le
avec ce qui vous rend vivant, vraiment vivant.
Ce qui vous file un sourire,
Une montée d’adrénaline,
Des sensations des émotions
Une paix sincère.
Accrochez-vous aux bonnes personnes,
Celles qui éclairent un soir gris rien
Qu’en vous serrant
l’épaule.
Gardez-les
près, très près.
Le reste
?
Ca dégage
Bon
débarras.
Regardez
autour de vous :
Pour
beaucoup, la vie c’est attendre.
Attendre la fin du mois pour la paye,
Pour l’aide sociale, pour reprendre
Juste assez
d’air et replonger.
Attendre le week-end,
Attendre les vacances,
Attendre Noël
Attendre que ça change.
Toujours
attendre.
Et pendant que vous patientez,
Le temps, lui, fait son boulot : il file.
On croit survivre 30 jours…
Et on se réveille 30 ans plus tard,
Le regard vidé,
À se
demander où tout est parti,
À quel
moment exact on s’est fait voler la vie sous le nez.
Le plus
triste ?
On ne
s’en rend même pas compte.
On vit,
on attend, on vieillit.
Et un
matin, on comprend enfin ce qui nous est arrivé.
Mais
comme d’habitude, c’est trop tard.
J’espère
seulement que certains ont vraiment vécu,
Qu’ils ont engrangé assez de bons souvenirs
Pour ne pas grelotter quand vient
l’automne
Et plus
tard l’hiver de nos vies.
Parce que les souvenirs, c’est tout ce qu’il nous
Reste quand le temps a déjà tout
embarqué.
Un peu de baume au cœur, un feu qui tient
Encore, même s’il crépite moins fort.
Des
souvenirs de Femmes, de corps et de regards volés à la nuit.
Des
souvenirs de routes avalées, de voyages qui sentent la liberté,
De
passions qui vous laissent les mains tremblantes et l’âme debout.
Des éclats de rires, des verres partagés,
Des heures où l’on se sentait immortel.
Oui,
j’espère que certains ont vraiment vécu.
Parce que
quand le rideau se tire,
C’est
tout ce qu’on emporte avec nous :
Les moments heureux,
Les temps où la vie avait un goût de vrai.
Le reste… le reste s’efface comme le bruit
D’une ville qu’on quitte au petit matin.
© copyright Ours du Forez
Décembre 2025
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