On peut
être seul à Noël sans être vide.
Le vide, c’est d’oublier ceux qu’on aime,
Même quand ils sont loin.
Et puis il y a une autre solitude,
Divorcés, séparés, ou simplement solo.
Alors aujourd’hui, j’ai une pensée particulière
Pour tous les papas et les mamans qui traversent
Cette période, probablement la plus difficile
De l’année avec les grandes vacances.
Ceux pour qui Noël arrive sans les rires
Sans la complicité d'un regard de l'autre
Sans leurs rires, sans l’excitation des cadeaux
Qu’on ouvre trop tôt, sans cette joie brute
Qui remplit une maison en quelques secondes.
Soyons
honnêtes : Noël sans les enfants, ce n’est pas pareil.
Des enfants, sans le bazar, sans les petits rituels
Quand les chambres sont rangées trop vite.
Quand les jouets dorment ailleurs
Il y a aussi les parents plus âgés.
Ceux dont les enfants sont partis vivre leur vie,
Eparpillés aux quatre coins du monde.
Et c’est normal, bien sûr.
C'est la Vie
C’est même la preuve qu’ils ont réussi quelque chose.
Mais la réussite n’empêche pas le silence.
Ni la table trop grande.
Ni cette question qu’on n’ose pas formuler :
« à quoi ressemble Noël, quand
tout le monde est ailleurs ? »
Et puis il y a moi.
Vieux baroudeur solitaire, un peu désabusé, oui.
Mais toujours debout.
Malgré ces années difficiles
J’aime Noël.
Vraiment.
Cela surprends toujours
Mes copains mes voisins
Un vrais Noëlien
Noëophile !!!
Cela se dit
aucune idée
Je prends même une dizaine de jours
Chaque année pour décorer ma maison au mieux.
C’est un dur labeur.
Avec l'âge et seul
Fatigant.
Mais c’est aussi un vrai plaisir.
Peut-être mon Noël d’enfant
Qui revient frapper à la porte.
Chaque année, j’achète des décorations.
Un renne comique en peluche.
Un nouveau Père Noël qui vient agrandir
une collection vieille de quarante ans.
Sourire mon ex femme est pareille
Sur le sujet de Noël
On s'entendait il est vrais très bien
Que de souvenirs
J’adore aller couper un sapin en forêt.
Ce moment-là, seul face au froid,
Aux arbres, au silence…
Dans la quiétude de la Forêt
Il a quelque chose de
sacré.
Mais la nostalgie n’est jamais bien loin.
Je pense à ces Noëls d’avant.
Quand on le faisait en famille.
Quand on était jeune.
Beau. vaillant
Avec la vie devant soi.
Aujourd’hui, chaque année, une pensée traverse l’esprit :
« Qui sait… peut-être que ce sera le dernier. »
Et c’est justement pour ça que j’aime autant Noël.
Parce qu’une fois la maison prête,
Chaleureuse, presque irréelle,
Quel bonheur de s’asseoir enfin.
De regarder un bon film.
Un chocolat chaud à la main.
Le chien et le chat blottis près du canapé.
Le corps qui se repose.
L’âme aussi.
Je suis seul, oui.
Mais j'aime aussi ma solitude
De toute façon même
minot j'étais seul ...
Mais je sais que mes enfants vont bien.
Mes compagnons à pattes vont bien
Que leur maman est heureuse.
Et au fond… c’est ça qui compte.
Noël, ce n’est pas toujours être ensemble.
C’est parfois aimer à distance.
En silence.
Et continuer malgré tout à allumer la lumière.
La vraie
richesse de Noël ne brille pas sur les façades :
Elle se cache dans les souvenirs et
Dans ceux qu’on laisse partir en paix.
La valeur des choses n'est pas dans la durée,
Mais dans l'intensité où elles arrivent.
C'est pour cela qu'il existe des moments inoubliables,
Des choses inexplicables
et des personnes incomparables.
Fernando
Pessoa
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Décembre 2025
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