"Un
jeune diable :
Comment
avez-vous réussi à envoyer autant d'âmes en enfer ?
Vieux
diable :
- Avec la
peur !
Le jeune
:
- Bon travail
!
De quoi
avaient-ils peur ? Guerre ? Famine ?
L'ancien
:
Non,
d'une maladie !
Le jeune
:
N'ont-ils
pas été malades ?
N'étaient-ils pas en train de mourir ?
N'y
avait-il pas un remède ?
L'ancien
:
ils sont tombés malades, ils sont morts, il y
avait un remède.
Le jeune
:
- Je ne
comprends pas...
L'ancien
:
Ils ont
accidentellement cru que la seule chose
Qu’ils dussent garder à tout prix était la VIE
!
Ils ne
s'étreignaient pas, ne se saluaient pas, ils s'éloignaient l'un de l'autre. Ils
ont renoncé à tout contact humain et à tout ce qui était humain ! Ils ont
manqué d'argent, ils ont perdu leur emploi mais ils ont choisi de craindre pour
leur vie, même s'ils n'avaient même pas de pain. Ils croyaient tout ce qu'ils
entendaient, lisaient les journaux et croyaient aveuglément tout ce qu'ils
lisaient. Ils ont abandonné leur liberté, ils n'ont jamais quitté la maison,
ils ne sont allés nulle part. Ils n'ont pas rendu visite à des parents et amis.
Le monde est devenu un grand camp de
Concentration avec des prisonniers volontaires.
Ils ont tous accepté !
Juste pour survivre à un autre jour misérable ...
Ils n'ont
pas vécu, ils sont morts tous les jours !
C'était
facile de prendre leurs âmes misérables ... "
C.S.
Lewis - "Lettres de Berlicche" – 1942
