Il ne
faut jamais forcer les choses.
Jamais.
Forcer,
c’est signer soi-même
Le contrat de la souffrance.
Le monde
s’en fout,
Il
continuera à tourner pendant que toi
Tu te
tords de l’intérieur.
On traite
certains d’asociaux.
Classique.
Un mot
pratique pour ranger ceux
Qui ne rentrent pas
Ou
conscient
Ne veulent
pas rentrer dans la case.
Trop
calmes.
Trop
lents.
Trop
vivants pour le cirque.
Ils
n’aiment pas la foule,
Le
vacarme,
Les
poignées de main moites,
Les
conversations qui sentent
La résignation et le café froid.
Ils
n’aiment pas la ville
Ils n’aiment
pas l’usine
Parce qu’elles
ne les aiment pas non plus.
Elle les
broie,
Elle les
recrache,
Et elle
appelle ça « s’intégrer ».
Ils ne
veulent pas de ces boulots alimentaires
Où tu
vends huit heures de ta vie
Pour
acheter deux heures d’oubli le soir.
Alors on
les traite de fainéants.
C’est
plus simple que d’admettre
Que le
système est une machine à user les âmes
Avant
d’user les corps.
Mais non,
Ils ne
sont pas asociaux.
Ils sont
juste saturés.
Ils ont
trop donné
Dans un
monde qui ne rend jamais la monnaie.
Et puis
il y a cette question
Que
personne n’ose poser à voix haute :
Qui es-tu
quand personne ne te regarde ?
Quand il
n’y a plus de chef,
Plus de
voisins,
Plus de
regard
Sauf ton miroir
Pour
t’applaudir ou te juger.
Souvent,
la réponse fait peur.
Alors on
retourne travailler.
Ce qui va
comme un gant à l’un
Étrangle
l’autre.
Mais ça,
le monde s’en fout.
Il vend
du prêt-à-vivre,
Du
standard,
Du « fais
comme tout le monde et ferme-la ».
Il
n’existe aucune recette universelle pour vivre.
Seulement
des vies mal ajustées,
Des gens
coincés dans la mauvaise peau,
Au
mauvais endroit,
Avec les
mauvaises règles.
Et ce qui
fatigue vraiment,
Ce n’est
pas le corps.
C’est de
faire semblant.
Jour
après jour.
De jouer
un rôle qui n’est pas le tien
Pour
payer le droit d’exister.
La morale
est simple, mais elle fait mal :
Si chacun
était à sa place,
À sa
vraie place,
Le monde
serait moins bruyant,
Moins
violent,
Et chacun
pourrait
Enfin
respirer
Enfin
vivre
Comme il
l’entend
Sans
avoir à s’excuser d’être ce qu’il est.
La
plupart des gens ne sont pas perdus, ils sont simplement coincés au mauvais
endroit, à jouer un rôle qui les détruit, pendant qu’on appelle ça “vivre
normalement”.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Janvier 2026
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