dimanche 25 janvier 2026

Constats en vrac sur des vies mal Rangées

 




Il ne faut jamais forcer les choses.

Jamais.

Forcer, c’est signer soi-même

 Le contrat de la souffrance.

Le monde s’en fout,

Il continuera à tourner pendant que toi

Tu te tords de l’intérieur.

 

On traite certains d’asociaux.

Classique.

Un mot pratique pour ranger ceux

 Qui ne rentrent pas

Ou conscient

Ne veulent pas rentrer dans la case.

Trop calmes.

Trop lents.

Trop vivants pour le cirque.

 

Ils n’aiment pas la foule,

Le vacarme,

Les poignées de main moites,

Les conversations qui sentent

 La résignation et le café froid.

Ils n’aiment pas la ville

Ils n’aiment pas l’usine

Parce qu’elles ne les aiment pas non plus.

Elle les broie,

Elle les recrache,

Et elle appelle ça « s’intégrer ».

 

Ils ne veulent pas de ces boulots alimentaires

Où tu vends huit heures de ta vie

Pour acheter deux heures d’oubli le soir.

Alors on les traite de fainéants.

C’est plus simple que d’admettre

Que le système est une machine à user les âmes

Avant d’user les corps.

 

Mais non,

Ils ne sont pas asociaux.

Ils sont juste saturés.

Ils ont trop donné

Dans un monde qui ne rend jamais la monnaie.

 

Et puis il y a cette question

Que personne n’ose poser à voix haute :

Qui es-tu quand personne ne te regarde ?

Quand il n’y a plus de chef,

Plus de voisins,

Plus de regard

Sauf ton miroir

Pour t’applaudir ou te juger.

Souvent, la réponse fait peur.

Alors on retourne travailler.

 

Ce qui va comme un gant à l’un

Étrangle l’autre.

Mais ça, le monde s’en fout.

Il vend du prêt-à-vivre,

Du standard,

Du « fais comme tout le monde et ferme-la ».

 

Il n’existe aucune recette universelle pour vivre.

Seulement des vies mal ajustées,

Des gens coincés dans la mauvaise peau,

Au mauvais endroit,

Avec les mauvaises règles.

 

Et ce qui fatigue vraiment,

Ce n’est pas le corps.

C’est de faire semblant.

Jour après jour.

De jouer un rôle qui n’est pas le tien

Pour payer le droit d’exister.

 

La morale est simple, mais elle fait mal :

Si chacun était à sa place,

À sa vraie place,

Le monde serait moins bruyant,

Moins violent,

Et chacun pourrait

Enfin respirer

Enfin vivre

Comme il l’entend

Sans avoir à s’excuser d’être ce qu’il est.


La plupart des gens ne sont pas perdus, ils sont simplement coincés au mauvais endroit, à jouer un rôle qui les détruit, pendant qu’on appelle ça “vivre normalement”.


  Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Janvier  2026