"J’ai toujours aimé les femmes bizarres,
Les folles, les solitaires,
Les moches aux
yeux des autres, les addictes.
Les
énervées, les passionnées, imprévisibles.
J’ai toujours aimé les femmes au tempérament
Détestable, les obsessionnelles, les
dépressives.
Les
cinglées.
Créatives.
Les
beautés étranges.
J’ai toujours aimé celles qui n’aimaient
Pas l’amour ou qui en avaient peur.
Les
déraisonnées, les « mal faites ».
Les
naïves.
Les
lectrices.
Celles qui pensent parfois à la mort
(parce qu’on ne peut aimer profondément la vie
sans).
Celles en
qui quelque chose ne tourne pas rond.
Les
complexes, complexées, fissurées.
Les
oubliées, mises de côté.
Troublées,
esseulées, aux goûts enchevêtrés.
Qui
croient dur comme fer en leur « truc ».
Les trop
fragiles pour ce monde.
Perdues.
Multiples.
Contradictoires.
Les
exilées sur terre.
Assombries.
Talentueuses.
Chanceuses
infortunées.
Suicidées
passives.
Incomprises.
Les « Dans leur monde ».
Fainéantes,
frénétiques par intermittences.
Mystiques.
Obsessionnel Abdique des plaisirs charnels
J’aime celles qui sont prises pour des ratées
Folles à lier ou illuminées.
Celles
qu’auparavant on brûlait pour sorcellerie.
Les
à-côtés de la plaque.
Celles qui vont tout au bout de leurs mirages,
Jusqu’à les rendre vrais.
Mystifiées.
Confuses.
Fidèles à
elles-mêmes.
À leur
déraison.
Par amour du différent, de ce qui subsiste parfois de vitalité,
De souffle naïf, tout au fond des êtres et qui n’est pas perdu.
Cette despotique rébellion, cet intime
tumulte.
Ces êtres en qui la déshumanisation
N’a pas pu terminer son travail morbide.
En qui ça
a cloché.
Celles en qui quelque chose de l’enfance
Est resté qui ne veut pas mourir.
Les
poétesses.
Et ce mot
n’est pas léger en moi.
J’aime
pour toujours.
Celles
qui ne sont pas l’ordinaire.
Qui ne
sont pas la conformité.
Je les
trouve magnifiques. Les vivantes."
%20(1)%20(1)%20(1)%20(1)%20(1).jpg)

