samedi 24 janvier 2026

Je regarde passer le temps. Défiler les jours.

 



 Une vie, ce n’est pas ce qu’on réussit,

C’est ce qu’on emporte quand il ne reste plus rien à prouver. 



"Je regarde passer le temps.

Défiler les jours.

Je me mets au soleil quand il y en a.

Je ne sais pas ce que je ferai le lendemain.

Et s'il me vient une passion.

J’ai le temps de m'en occuper.

Tout le monde devrait avoir droit à ça".

 Françoise Sagan

 Un profil perdu

 

Et puis un matin…

 

Et puis un matin on se lève.

Trente ans.

Quarante.

Cinquante.

Soixante

Et bientôt soixante-dix, si la faucheuse

Décide de prendre son café plus tard.

 

Les années ont filé comme des verres qu’on enchaîne sans les compter. Comme des kilomètres lors d’une épreuve de rallye

Elles ont laissé quelques rides au coin des yeux,

Des douleurs qu’on n’avait pas commandées

Et des silences là où avant il y avait du bruit.

 

L’horloge, elle, n’en a rien à foutre.

Elle tourne.

Toujours plus vite.

Sans état d’âme.

Tictac, tictac une heure

Douze heures

Vingt-quatre heure  

 

Alors arrive l’heure du bilan.

Pas celui qu’on choisit.

Celui qui vous tombe dessus,

La nuit,

Quand le sommeil fait grève

Et que les souvenirs viennent fumer au pied du lit.

 

On repense aux boulots.

À tous ces jobs différents,

Ces boîtes montées, vendues, coulées,

Ces patrons trop sûrs d’eux,

Ces collègues qu’on a oubliés avant même de les quitter.

Nos équipes de passionnées qui nous ont fait confiance

 

On repense aux passions.

Celles qui nous faisaient tenir debout.

Celles qu’on a laissées crever par manque de temps,

Ou par excès de fatigue,

Ou simplement parce que la vie avait décidé autrement.

 

On repense aux gens.

Ceux qu’on a à peine croisés

Voisin amis ennemis

Et ceux qui ont laissé une trace indélébile.

Ceux qui sont partis trop tôt,

Sans prévenir,

En nous laissant avec des phrases jamais dites.

 

Et puis il y a les enfants.

Cette question qui cogne sans prévenir :

 Est-ce qu’on les a bien élevés,

Vraiment… éveillés à la vie,

Pas seulement protégés d’elle.

Et on se demande parfois si on a bien fait de les créer

 Dans ce monde de merde avant de se rassurer

En les voyant debout, équilibrés,

La trentaine déjà, plus solides que ce monde

 

Les Femmes qu’on a aimées vingt ans

Ou une seule nuit,

Parfois avec la même intensité,

Parfois avec la même connerie.

 

Ceux, celles,

Qui nous ont fait rire jusqu’à en pleurer,

Et pleurer sans pouvoir expliquer pourquoi.

 

On repense aux moments de bonheur,

Les vrais,

Rares,

Maladroits,

Et à ces instants où l’on 

s’est senti terriblement seul

Au milieu du monde.

 

Aux rêves qu’on avait.

Ceux qu’on a réalisés.

Ceux qu’on a abandonnés.

Ceux qu’on a même honte d’avoir eus.

 

On comprend alors que chacun a tracé sa route.

Certaines étaient droites.

D’autres pleines de nids-de-poule.

Certaines n’allaient nulle part.

 

Et c’est là qu’on réalise

Qu’une vie n’est pas un bloc,

Mais une suite d’étapes.

Des saisons.

 

Chaque étape a son goût.

Son odeur.

Son lot de visages.

De noms.

De souvenirs.

 

Des amours.

Des haines.

Des regrets.

Et parfois,

Un peu de paix.

 

C’est ça la vie, au fond.

Pas une grande réussite.

Pas un échec non plus.

 

Juste

Une longue succession de souvenirs

Qui nous tienne compagnie

Quand le reste s’est déjà barré.


 On ne sort pas vivant du temps,

Mais parfois,

On en sort lucide. 


  Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Janvier  2026