Une vie, ce n’est pas ce qu’on réussit,
C’est ce
qu’on emporte quand il ne reste plus rien à prouver.
"Je
regarde passer le temps.
Défiler
les jours.
Je me
mets au soleil quand il y en a.
Je ne
sais pas ce que je ferai le lendemain.
Et s'il
me vient une passion.
J’ai le
temps de m'en occuper.
Tout le
monde devrait avoir droit à ça".
Françoise Sagan
Un profil perdu
Et puis
un matin…
Et puis
un matin on se lève.
Trente
ans.
Quarante.
Cinquante.
Soixante
Et
bientôt soixante-dix, si la faucheuse
Décide de
prendre son café plus tard.
Les
années ont filé comme des verres qu’on enchaîne sans les compter. Comme des
kilomètres lors d’une épreuve de rallye
Elles ont
laissé quelques rides au coin des yeux,
Des
douleurs qu’on n’avait pas commandées
Et des
silences là où avant il y avait du bruit.
L’horloge,
elle, n’en a rien à foutre.
Elle
tourne.
Toujours
plus vite.
Sans état
d’âme.
Tictac, tictac
une heure
Douze heures
Vingt-quatre
heure
Alors
arrive l’heure du bilan.
Pas celui
qu’on choisit.
Celui qui
vous tombe dessus,
La nuit,
Quand le
sommeil fait grève
Et que
les souvenirs viennent fumer au pied du lit.
On
repense aux boulots.
À tous
ces jobs différents,
Ces
boîtes montées, vendues, coulées,
Ces
patrons trop sûrs d’eux,
Ces
collègues qu’on a oubliés avant même de les quitter.
Nos équipes
de passionnées qui nous ont fait confiance
On
repense aux passions.
Celles
qui nous faisaient tenir debout.
Celles
qu’on a laissées crever par manque de temps,
Ou par
excès de fatigue,
Ou
simplement parce que la vie avait décidé autrement.
On
repense aux gens.
Ceux
qu’on a à peine croisés
Voisin
amis ennemis
Et ceux
qui ont laissé une trace indélébile.
Ceux qui
sont partis trop tôt,
Sans
prévenir,
En nous
laissant avec des phrases jamais dites.
Et puis
il y a les enfants.
Cette
question qui cogne sans prévenir :
Est-ce qu’on les a bien élevés,
Vraiment…
éveillés à la vie,
Pas
seulement protégés d’elle.
Et on se
demande parfois si on a bien fait de les créer
Dans ce monde de merde avant de se rassurer
En les
voyant debout, équilibrés,
La
trentaine déjà, plus solides que ce monde
Les Femmes
qu’on a aimées vingt ans
Ou une
seule nuit,
Parfois
avec la même intensité,
Parfois
avec la même connerie.
Ceux,
celles,
Qui nous
ont fait rire jusqu’à en pleurer,
Et
pleurer sans pouvoir expliquer pourquoi.
On
repense aux moments de bonheur,
Les
vrais,
Rares,
Maladroits,
Et à ces instants où l’on
s’est senti terriblement seul
Au milieu
du monde.
Aux rêves
qu’on avait.
Ceux
qu’on a réalisés.
Ceux
qu’on a abandonnés.
Ceux
qu’on a même honte d’avoir eus.
On
comprend alors que chacun a tracé sa route.
Certaines
étaient droites.
D’autres
pleines de nids-de-poule.
Certaines
n’allaient nulle part.
Et c’est
là qu’on réalise
Qu’une
vie n’est pas un bloc,
Mais une
suite d’étapes.
Des
saisons.
Chaque
étape a son goût.
Son
odeur.
Son lot
de visages.
De noms.
De
souvenirs.
Des
amours.
Des
haines.
Des
regrets.
Et
parfois,
Un peu de
paix.
C’est ça
la vie, au fond.
Pas une
grande réussite.
Pas un
échec non plus.
Juste
Une
longue succession de souvenirs
Qui nous tienne
compagnie
Quand le
reste s’est déjà barré.
On ne sort pas vivant du temps,
Mais
parfois,
On en
sort lucide.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Janvier 2026
%20(1)%20(1)%20(1)%20(1)%20(1)%20(1).png)