On ne
Choisie par Toujours
La route la
plus Facile
On choisit
Celle
En qui on Croit
Ah la vie… cette putain de traversée
Sur un caillou perdu dans le noir.
On avance comme on peut, à coups de choix bancals,
De hasards insolents, de rencontres
Qui nous sauvent… ou nous achèvent.
On tourne à droite, on tourne à gauche,
Parfois sans même savoir pourquoi.
Il y a mille routes à chaque carrefour.
Mille existences possibles.
Mille versions de
nous-mêmes qui n’existeront jamais.
Et
pourtant, parfois, quelque chose ressemble à une évidence.
Comme si
la route nous attendait déjà.
Comme si quelqu’un avait griffonné notre trajectoire
Dans un vieux carnet usé… le fameux livre de la vie
Dont parlent les rêveurs, les résignés
Et les ivrognes
philosophiques.
Alors on
se demande…
Est-ce
qu’on choisit vraiment ?
Ou est-ce qu’on se contente de suivre une pente invisible,
Douce au début, puis raide,
puis impossible à remonter ?
Parce qu’il faut être solide pour vivre.
Pas courageux… non. Solide.
Blindé.
Cabossé. Replâtré de l’intérieur.
La vie
frappe sans prévenir.
Parfois
doucement.
Parfois
comme un camion lancé à pleine vitesse.
Et on
regarde autour de soi…
Certains
semblent nés avec toutes les cartes en main.
Les bonnes. Les gagnantes.
Les cartes qui ouvrent les portes
Sans qu’il faille
frapper.
Et
d’autres…
D’autres jouent avec du vent.
Avec rien. Même pas un joker
Froissé au fond de la poche.
Il n’y a
pas de justice dans la distribution.
Seulement
le silence après le tirage.
Moi, ce
que je veux… ce n’est pas gagner.
Pas
vraiment.
Je veux juste être capable de regarder
La vie en face sans détourner les yeux.
Encaisser
l’injustice sans devenir amer.
Traverser
la malchance sans me dissoudre.
Supporter les erreurs, les malentendus,
Les tristesses ordinaires…
Sans perdre ce petit noyau
Tranquille quelque part en moi.
L’équilibre.
Ce mot
fragile qu’on prononce comme une prière discrète.
Parce qu’au fond, on passe une bonne partie de
Notre existence à regarder chez les
autres.
Leur
bonheur. Leur réussite. Leur pelouse impeccable.
On se dit que là-bas, sûrement,
C’est plus simple. Plus beau. Plus vrai.
Et puis
un jour on s’approche.
On
touche.
On gratte
un peu.
Et on
découvre que le gazon est en plastique.
Parfait,
oui… Mais mort. Définitivement mort.
Alors on
revient chez soi.
Avec sa terre irrégulière, ses trous, ses mauvaises herbes…
Et cette chose vivante qui
pousse quand même.
Et
peut-être que vivre, au fond, c’est juste ça.
Continuer
à pousser, même de travers.
La vie ne choisit pas qui elle épargne…
elle regarde juste qui tient encore debout après l’impact.
© copyright Ours du Forez
Février 2026
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