samedi 14 février 2026

La St Vatenloin 65 Berges et Alors !!!

 




La St Vatenloin

65 Berges et alors !!!


Et la Saint-Valentin me regarde

Comme une vieille affiche décollée sur un mur humide.

Un peu kitsch, un peu fatiguée… mais encore debout.

 

Je l’appelle la St Vatenloin.

Parce qu’à mon âge, l’amour ne disparaît pas…

Il prend simplement plus de distance pour mieux respirer.

 

Vieil ours, vieux baroudeur…

Oui.

Mais le cœur, lui, n’a jamais

Appris à prendre sa retraite.

 

D’abord… un merci.

Un vrai.

À toutes celles qui ont traversé ma route.

Celles qui ont laissé une empreinte…

Et celles qui ont laissé une cicatrice.

Au fond, c’est souvent la même chose

 Avec quelques années de recul.

 

Avec le temps, quelque chose change.

On ne tombe plus amoureux d’un sourire bien dessiné

Ou d’un corps bien éclairé.

On tombe amoureux d’un silence partagé.

D’une fatigue comprise sans explication.

D’une âme qui s’assoit près de la vôtre…

 Sans faire de bruit.

 

Bien sûr… le charme existe encore.

On n’est pas mort non plus.

Mais la beauté devient secondaire,

Comme la musique d’ambiance dans un vieux bar…

Agréable… mais pas essentielle.

 

Et puis parlons franchement.

L’amour, ce n’est pas que des regards profonds

 Et des discussions à refaire le monde.

 

Le corps aussi a son mot à dire.

Et il parle encore très bien passer un certain âge…

Parfois même mieux qu’avant.

 

Les jeux amoureux, le désir, les fantasmes…

Tout ça reste vital.

Oui, même à 65 ans.

Surtout à 65 ans.

 

Et puis avec l’âge… on devient honnête aussi avec le désir.

 

On apprend à aimer les corps vivants, les corps vrais.

Les femmes coquines, pulpeuses, rondes…

Les poitrines généreuses, les ventres doux,

 Les formes qui racontent la vie au lieu de la cacher.

 

Oui… on vieillit.

Mais tant qu’il y a ce regard de braise,

Ce feu tranquille dans les yeux…

Ce mélange de tendresse et de faim…

Alors tout le reste disparaît.

 

Et dans l’élan, dans la chaleur, dans l’instant…

On oublie les années.

Le temps s’efface.

Il ne reste que le vivant.

 

Une bonne étreinte, une vraie…

Pas pressée, pas mécanique, 

Pas pour prouver quoi que ce soit…

Juste pour sentir qu’on est vivant

 Dans la chaleur de quelqu’un d’autre.

 

On a passé l’âge de la performance.

On est entré dans celui de la présence.

 

Et soyons honnêtes :

Une bonne baise comme on dit sans poésie

Ça vaut parfois autant qu’une grande conversation métaphysique.

Le corps comprend des vérités que l’intellect complique inutilement.

 

On n’est pas encore au cimetière.

On est juste plus lent…

Et paradoxalement plus intense.

 

Avec l’âge, on ne cherche plus à impressionner.

On cherche à ressentir.

 

Avec l’âge, on apprend surtout une chose :

Rien ne dure.

Alors tout devient précieux.

 

Le café du matin.

Un message inattendu.

Un rire qui surgit sans prévenir.

La chaleur d’une présence… même brève.

 

Chaque instant devient un miracle discret.

Et on apprend enfin à le regarder.

 

Parfois je me dis…

Quel dommage d’être seul.

Parce qu’avec tout ce qu’on a vécu,

On serait sans doute de meilleurs compagnons…

Plus patients, plus tendres…

Et probablement de bien meilleurs amants aussi.

L’expérience, ça ne sert peut-être qu’à ça finalement :

Aimer sans se presser… et sans se mentir.

 

On comprend aussi que l’amour n’est pas une promesse éternelle.

C’est un feu de camp dans la nuit.

Il faut s’en approcher, le nourrir…

Et accepter qu’il finisse toujours par devenir braise.

 

Mais quelle chaleur… pendant qu’il brûle.

 

Et puis soyons clairs…

La Saint-Valentin telle qu’on nous la vend…

C’est aussi du commerce, de la cupidité,

 de la publicité bien grasse.

Une mécanique bien huilée pour transformer

 Le sentiment en chiffre d’affaires.

Des vitrines rouges, des slogans sucrés, des prix gonflés…

Et cette impression qu’il faut prouver

 Son amour avec un ticket de caisse.

 

Encore une histoire de fric.

Du romantisme sous emballage plastique.

De l’émotion sponsorisée.

Franchement… parfois c’est à gerber.

 Bonne fête aux tiroirs caisse

Aux fleuristes, aux restaurateurs,

 Aux bijoutiers, aux sexshops,

Aux pâtissiers, aux cartes bancaires

L’amour ne tient pas dans un bouquet

 Hors de prix acheté sous pression.

Il respire ailleurs.

 

Dans les jours ordinaires.

Dans les matins sans maquillage.

Dans les soirs sans discours.

Dans les draps froissés et les silences tranquilles.

 

Si vous êtes en couple…

Aimez demain matin.

Et après-demain aussi.

Et les années à venir

Sinon ce n’est qu’un événement… pas un lien.

 

Et puisque les couples deviennent rares…

Peut-être que cette journée devrait aussi célébrer l’amitié.

La vraie.

Celle qui reste quand tout le reste s’efface.

 

Parce qu’au fond…

Aimer quelqu’un,

C’est simplement refuser que le

Monde soit entièrement froid.

 

Alors bonne St Vatenloin…

Aux amoureux, aux solitaires, aux cabossés,

 Aux survivants, aux rêveurs tardifs.

 

Et souvenez-vous du seul conseil du vieil ours :

Aimez tant que vous respirez…

Désirez tant que votre cœur bat…

Et quand tout ralentira vraiment…

Qu’il vous reste au moins des souvenirs

 Assez chauds pour réchauffer l’hiver.

 

Parce qu’au bout du compte…

Ce ne sont pas les années qui nous usent…

Ce sont les moments où l’on a cessé de brûler.




  Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Février  2026