La St
Vatenloin
65 Berges
et alors !!!
Et la
Saint-Valentin me regarde
Comme une
vieille affiche décollée sur un mur humide.
Un peu
kitsch, un peu fatiguée… mais encore debout.
Je
l’appelle la St Vatenloin.
Parce
qu’à mon âge, l’amour ne disparaît pas…
Il prend
simplement plus de distance pour mieux respirer.
Vieil
ours, vieux baroudeur…
Oui.
Mais le
cœur, lui, n’a jamais
Appris à
prendre sa retraite.
D’abord…
un merci.
Un vrai.
À toutes
celles qui ont traversé ma route.
Celles
qui ont laissé une empreinte…
Et celles
qui ont laissé une cicatrice.
Au fond, c’est souvent la même chose
Avec quelques années de recul.
Avec le
temps, quelque chose change.
On ne
tombe plus amoureux d’un sourire bien dessiné
Ou d’un
corps bien éclairé.
On tombe
amoureux d’un silence partagé.
D’une
fatigue comprise sans explication.
D’une âme qui s’assoit près de la vôtre…
Sans faire de bruit.
Bien sûr…
le charme existe encore.
On n’est
pas mort non plus.
Mais la
beauté devient secondaire,
Comme la
musique d’ambiance dans un vieux bar…
Agréable…
mais pas essentielle.
Et puis
parlons franchement.
L’amour,
ce n’est pas que des regards profonds
Et des discussions à refaire le monde.
Le corps
aussi a son mot à dire.
Et il
parle encore très bien passer un certain âge…
Parfois
même mieux qu’avant.
Les jeux
amoureux, le désir, les fantasmes…
Tout ça
reste vital.
Oui, même
à 65 ans.
Surtout à
65 ans.
Et puis
avec l’âge… on devient honnête aussi avec le désir.
On
apprend à aimer les corps vivants, les corps vrais.
Les
femmes coquines, pulpeuses, rondes…
Les
poitrines généreuses, les ventres doux,
Les formes qui racontent la vie au lieu de la
cacher.
Oui… on
vieillit.
Mais tant
qu’il y a ce regard de braise,
Ce feu
tranquille dans les yeux…
Ce
mélange de tendresse et de faim…
Alors
tout le reste disparaît.
Et dans
l’élan, dans la chaleur, dans l’instant…
On oublie
les années.
Le temps
s’efface.
Il ne
reste que le vivant.
Une bonne
étreinte, une vraie…
Pas pressée, pas mécanique,
Pas pour prouver quoi que ce soit…
Juste pour sentir qu’on est vivant
Dans la chaleur de quelqu’un d’autre.
On a
passé l’âge de la performance.
On est
entré dans celui de la présence.
Et soyons
honnêtes :
Une bonne
baise comme on dit sans poésie
Ça vaut
parfois autant qu’une grande conversation métaphysique.
Le corps
comprend des vérités que l’intellect complique inutilement.
On n’est
pas encore au cimetière.
On est
juste plus lent…
Et
paradoxalement plus intense.
Avec
l’âge, on ne cherche plus à impressionner.
On
cherche à ressentir.
Avec
l’âge, on apprend surtout une chose :
Rien ne
dure.
Alors
tout devient précieux.
Le café
du matin.
Un
message inattendu.
Un rire
qui surgit sans prévenir.
La
chaleur d’une présence… même brève.
Chaque
instant devient un miracle discret.
Et on
apprend enfin à le regarder.
Parfois
je me dis…
Quel
dommage d’être seul.
Parce
qu’avec tout ce qu’on a vécu,
On serait
sans doute de meilleurs compagnons…
Plus
patients, plus tendres…
Et
probablement de bien meilleurs amants aussi.
L’expérience,
ça ne sert peut-être qu’à ça finalement :
Aimer
sans se presser… et sans se mentir.
On
comprend aussi que l’amour n’est pas une promesse éternelle.
C’est un
feu de camp dans la nuit.
Il faut
s’en approcher, le nourrir…
Et
accepter qu’il finisse toujours par devenir braise.
Mais
quelle chaleur… pendant qu’il brûle.
Et puis
soyons clairs…
La
Saint-Valentin telle qu’on nous la vend…
C’est
aussi du commerce, de la cupidité,
de la publicité bien grasse.
Une
mécanique bien huilée pour transformer
Le sentiment en chiffre d’affaires.
Des
vitrines rouges, des slogans sucrés, des prix gonflés…
Et cette
impression qu’il faut prouver
Son amour avec un ticket de caisse.
Encore
une histoire de fric.
Du
romantisme sous emballage plastique.
De
l’émotion sponsorisée.
Franchement… parfois c’est à gerber.
Bonne fête aux tiroirs caisse
Aux
fleuristes, aux restaurateurs,
Aux bijoutiers, aux sexshops,
Aux pâtissiers,
aux cartes bancaires
L’amour
ne tient pas dans un bouquet
Hors de prix acheté sous pression.
Il
respire ailleurs.
Dans les
jours ordinaires.
Dans les
matins sans maquillage.
Dans les
soirs sans discours.
Dans les
draps froissés et les silences tranquilles.
Si vous
êtes en couple…
Aimez
demain matin.
Et après-demain aussi.
Et les années à venir
Sinon ce
n’est qu’un événement… pas un lien.
Et
puisque les couples deviennent rares…
Peut-être
que cette journée devrait aussi célébrer l’amitié.
La vraie.
Celle qui
reste quand tout le reste s’efface.
Parce
qu’au fond…
Aimer
quelqu’un,
C’est
simplement refuser que le
Monde
soit entièrement froid.
Alors
bonne St Vatenloin…
Aux
amoureux, aux solitaires, aux cabossés,
Aux survivants, aux rêveurs tardifs.
Et
souvenez-vous du seul conseil du vieil ours :
Aimez
tant que vous respirez…
Désirez
tant que votre cœur bat…
Et quand
tout ralentira vraiment…
Qu’il
vous reste au moins des souvenirs
Assez chauds pour réchauffer l’hiver.
Parce
qu’au bout du compte…
Ce ne
sont pas les années qui nous usent…
Ce sont
les moments où l’on a cessé de brûler.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Février 2026
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