Quelle que soit l’obscurité qui nous entoure,
Rien ne peut éteindre cette lumière.
Odile
Dormeuil
Osez Jouer
la Partie Quand Même
Ce n’est
pas la vie qui passe vite.
C’est nous qui la regardons filer,
Comme des types assis au comptoir,
A refaire le monde avec un verre tiède
Et des rêves en retard.
On dit
que le temps court.
Mais la
vérité, c’est qu’on hésite.
On
tergiverse.
On attend
le bon moment.
Le bon
salaire.
La bonne
reconnaissance.
Le bon
amour.
Et pendant qu’on attend, la vie,
Elle, ne nous attend pas.
On vit
pour exister.
On
travaille pour prouver qu’on est là.
On
s’agite pour laisser une trace.
Et parfois, malgré tous nos efforts,
Malgré la sueur, malgré les nuits blanches,
On a l’impression d’être transparent.
Comme si le destin avait distribué
Les cartes avec un rictus.
Comme si la roue tournait sans jamais
S’arrêter sur
notre numéro.
Oui, la
roue est parfois moche.
Elle
grince.
Elle
écrase.
Elle
oublie.
Mais on
n’a pas choisi le jeu.
Seulement
la manière de le jouer.
Accepter les cartes qu’on a en main,
Ce n’est pas renoncer.
C’est
arrêter de maudire la table.
C’est comprendre que le destin ne nous doit rien
Et que pourtant, il nous offre chaque matin
Un ticket supplémentaire.
Il y a
une différence entre vivre et exister.
Exister,
c’est gérer l’intendance.
Se lever.
Payer. Consommer. Dormir.
Suivre la foule comme un troupeau pressé
Vers des soldes imaginaires.
C’est
faire du bruit pour ne pas entendre le silence.
Vivre,
c’est autre chose.
C’est continuer en tant qu’individu,
Même quand ça dérange.
C’est rester critique quand
Tout le monde applaudit.
C’est chercher sa voie dans un monde
Qui vend des autoroutes toutes tracées.
C’est garder son sourire
Pas celui des vitrines,
Celui qu’on fabrique avec ses
cicatrices.
La vraie
force n’est pas spectaculaire.
Être fort, ce n’est pas écraser les autres
Sous le poids de ses certitudes,
De ses
ambitions ou de ses rancœurs.
Ce n’est pas parler plus fort
Pour masquer ses peurs.
La vraie
force est presque invisible.
Elle se cache dans celui qui
Doute mais avance quand même.
Dans celui qui accueille le vide
Sans se jeter dans le vacarme.
Dans celui qui accepte le silence
Sans le remplir de haine.
Elle est
dans les gestes simples.
Un regard
franc.
Une main
posée sur une épaule.
La
patience des jours ordinaires.
La vie
n’est pas une promesse de grandeur.
Elle est
une invitation à l’attention.
L’herbe
n’est pas plus verte ailleurs.
Elle est
plus verte là où elle est arrosée.
Alors
peut-être que l’optimisme n’est pas une naïveté.
Peut-être
que c’est un acte de résistance.
Continuer
à arroser son carré de terre.
Continuer
à croire qu’un sourire vaut plus qu’une victoire.
Continuer
à vivre vraiment même quand la roue grince.
Parce qu’au fond, le désabusement
Lucide n’est pas un abandon.
C’est un
regard clair posé sur le monde,
et la
décision tranquille
De ne pas
lui laisser voler notre lumière.
La vie ne nous doit rien,
Alors chaque jour où l’on choisit
De sourire malgré tout devient
Une petite victoire contre le
destin.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Février 2026
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