"Diaboliser
la femme ou vouloir ne lui accorder qu'un rôle d'animal domestique, voilà bien
une tentation à laquelle bien des sociétés patriarcales ont succombé. En lui
attribuant la responsabilité d'un péché originel ou en ne lui accordant dans "l'ordre
naturel" qu'une place subalterne, consacrée à la maternité et à la
satisfaction du mâle, l'homme ne veut rien entendre de son identité
particulière.
Est-ce
par nature, est-ce par culture, qu'elle est de cette humanité irréductible, qui
échappe aux projections masculines ? Elle ne le fait pas contre l'homme, elle
le fait par amour de sa liberté et plus intuitivement que dans une intention
hostile. Il y a de l'âme agit en elle. Sa sauvagerie n'est pas cruauté ou
faroucherie, c'est une rébellion contre la domination.
Si elle
semble être une sorcière, ce n'est pas par maléfice, mais juste parce qu'elle
prête l'oreille à l'ensemble de la vie et à comment elle vibre autour d'elle.
Elle ne prend pas ses messages que dans le tonnerre, mais aussi dans l'herbe,
dans le vent ou bien dans le frisson de son corps.
Cet
être-là a une divinité qui ne tient pas du rapport de force, mais de la
relation d'amour. Elle ne divise, ne diabolise pas, elle réunit, elle
symbolise".
Tydé
