“ Nous ne rencontrons jamais
Quelqu’un pour devenir identiques.
Nous marchons seulement côte à côte,
Avec nos blessures, nos silences
Et nos horizons différents…
En
essayant de ne pas nous perdre avant la nuit.”
Il y a
des gens qui passent leur vie entière
À croire
qu’ils regardent tous le même ciel.
Même
soleil, mêmes rues, mêmes verres au comptoir,
Mêmes
nuits qui sentent la fatigue froide
Et les
cigarettes écrasées.
Mais
c’est faux.
Chacun
traîne son propre horizon derrière les yeux.
Un horizon cabossé par les coups reçus,
Les silences avalés, les départs qu’on n’a jamais
Digérés et les rêves qu’on a laissés
Mourir dans un coin de chambre
humide.
On avance
tous avec cette vieille valise invisible.
Dedans, il y a les cicatrices de l’enfance,
Quelques illusions encore vivantes, des regrets
Qui grincent comme des ressorts rouillés,
Et parfois une poignée de lumière qu’on protège
Comme un chien battu protège son os.
Et puis
on rencontre quelqu’un.
C’est là
que le cirque commence.
Parce
qu’on croit toujours que l’amour,
L’amitié
ou même le désir vont
Miraculeusement
aligner deux êtres.
Quelle
foutue blague.
Deux
êtres ne s’alignent jamais vraiment.
Ils
essaient seulement de ne pas se détruire trop vite.
L’un a appris à survivre dans le bruit,
L’autre dans le silence.
L’un réclame des bras,
L’autre de l’espace.
L’un parle pour ne pas sombrer,
L’autre se tait pour rester vivant.
Et malgré
ça…
Malgré tout ce bordel humain, il arrive parfois
Qu’on reste assis à côté de quelqu’un assez
Longtemps pour comprendre sa fatigue.
Pas
totalement.
Juste
assez pour arrêter de vouloir le transformer.
C’est
peut-être ça, le vrai lien.
Pas cette
fusion ridicule vendue dans
Les chansons pour ivrognes sentimentaux.
Mais la
capacité de regarder les blessures
De l’autre sans immédiatement vouloir
Les corriger ou les utiliser contre lui plus
tard.
Les
relations humaines ressemblent à deux
Vieux paquebots perdus dans le brouillard.
Ils
essaient de naviguer côte à côte sans couler,
Sans se percuter, sans perdre leur propre cap.
Parfois
ils y arrivent quelques années.
Parfois
quelques nuits seulement.
Il y a
des gens qui deviennent des miroirs.
Ils
révèlent ce qu’on cachait sous des couches
D’orgueil, d’habitudes et de faux sourires.
Et il y
en a d’autres qui resteront à jamais des énigmes.
Même
après avoir partagé leur lit,
Leurs
larmes et leurs dimanches pluvieux.
C’est ça
qui est beau et cruel à la fois.
On ne
possède jamais vraiment personne.
On marche
seulement un moment ensemble
Au bord de deux horizons différents.
Trouver
un équilibre, ce n’est pas devenir identique.
C’est
accepter qu’il y aura toujours une
Distance
impossible à combler entièrement.
Une
frontière invisible entre deux êtres.
Et
continuer malgré tout à tendre la main.
Parce
qu’au fond, dans ce monde rempli de bruit,
De
mensonges polis et de gens
Qui
jouent des rôles jusqu’à l’épuisement…
Le
véritable miracle, c’est peut-être simplement
De trouver quelqu’un avec qui le silence ne
fait pas peur.
Et ça…
Ça vaut
plus que toutes les promesses du monde.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Mai 2026
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