"La
tristesse nous laisse entre deux mondes, ni désespoir ni indifférence, elle est
une promenade au bord de la catastrophe, mais avec élégance, comme un enfant
qui court le long d'une falaise sans percevoir le danger, les yeux dans la
fracture du ciel, le dessin des nuages, la douceur du vent.
Elle n'a
pas d'épaisseur propre, pas d'écho. Elle délimite un espace intérieur flou,
déraisonnable, où l'on reste au bord des larmes avec en même temps un
apaisement étrange.
La
tristesse peut submerger, mais elle apaise aussi ; elle a un pouvoir
d'adhérence qui enveloppe le corps dans une sensation cotonneuse d'étrangeté à
soi-même, comme un chagrin d'amour dont on aurait subitement perdu le sens,
mais pas la nostalgie".
Anne
Dufourmantelle
Éloge du
risque
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