samedi 25 avril 2026
On nous Appelle “ Les Babyboomers ”.
On nous
appelle “ les Babyboomers ”.
Ça sonne
comme une étiquette collée à la
Va-vite
sur une bouteille déjà bien entamée.
Comme si
on était rangés sur une étagère,
Entre la poussière et les souvenirs.
Ça sonne
un peu comme une case qu’on coche,
Comme si
on avait fini quelque chose.
Mais
nous, on sait bien…
Qu’on n’a
pas fini
On a
juste vécu
Une belle
époque
Nous
sommes nés dans les années 50 et 60.
Nous
avons grandi dans les années 60 et 70.
Nous
avons étudié dans les années 70 et 80.
Nous sommes sortis, aimé, voyagé
Dansé dans les années 70, 80, 90.
On s’est
mariés… ou pas.
On a vécu
en couple, ou seuls,
Parfois
mal accompagnés.
Mais on a
vécu.
Et on a
exploré le monde,
Chacun à
notre manière.
On a vu,
après l’avoir rêvé dans les livres,
L’homme
marcher sur la Lune.
Pas en
replay.
En vrai.
Comme un
choc silencieux dans le salon.
On a
connu les appareils photo argentiques,
Où chaque
déclenchement comptait.
Pas
question de mitrailler.
Trop
cher, trop précieux.
Alors on
attendait le bon moment.
Et
parfois… on le ratait.
Mais
quand c’était réussi,
C’était
presque magique.
On a
connu une vie riche.
Pleine
d’émotions.
Pour moi,
la musique…
Le
deejing comme on dit aujourd’hui.
Mais à
l’époque, c’était juste des nuits,
Des
vinyles, et cette sensation de tenir
Un peu le cœur des gens entre ses mains.
Les
heures glorieuses des boîtes de nuit.
Les
premiers discos mobiles.
On se
sentait modernes en remplaçant
Les orchestres musette
Dans les
fêtes de village.
On
bricolait, on apprenait, on osait.
Et à côté
de ça…
Il y
avait les épiceries.
Les
vraies.
Celles
des villages,
Et celles
ambulantes qui arrivaient comme
Un petit événement dans la semaine.
Le fameux
coup de klaxon
A l’arrivée
de la camionnette
Et du
lien humain.
Les
grands bazars,
Où l’on
pouvait tout acheter,
D’un clou
à une cuisinière,
Sans
marketing, sans mise en scène.
Juste du
concret.
Les beaux
marchés d’antan,
Pleins de
vie, de voix, d’odeurs.
On ne
venait pas seulement acheter,
On venait
exister un peu.
Les vieux
camions Berliet,
Solides,
bruyants, increvables,
Qui
faisaient partie du décor
De la nationale
7
Comme les
arbres les maisons.
Ou resto " les
routiers "
Les
grands cirques,
Cirque
Pinder,
Cirque
Arlette Gruss…
Des
chapiteaux qui faisaient
Rêver petits et grands.
Et les
grandes fêtes foraines,
Brillantes,
bruyantes, un peu folles,
Où la vie
semblait plus grande que nous.
Certains
faisaient du rallye,
Sur
bitume ou en tout-terrain.
D’autres
du vélo, de l’équitation.
D’autres
encore partaient voir le monde.
On a osé
l’aventure dans les années 80 et 90.
On s’est
stabilisés dans les années 2000.
On a
gagné en sagesse après 2010.
Et
aujourd’hui, après 2020…
On avance
encore,
Avec ce
qu’il nous reste de force,
Et
beaucoup de recul.
Parce
qu’au fond…
Notre génération
On a vécu
plusieurs vies en une seule.
Deux
siècles.
Deux
millénaires.
Un monde
qui a changé sans nous demander notre avis.
On est
passés du vieux tel bakélite cadran filaire
Des vieilles
cabines téléphone a pièce
Aux
appels vidéo à l’autre bout du monde.
Grave a
nos smartphones
Des
diapositives au streaming,
Des
vinyles aux MP3,
Des
lettres manuscrites aux e-mails et aux réseaux.
Nos acteurs Belmondo Lino Ventura
Louis de Funès Jean Marais
Les films de Lelouch
De Claude Sautet
La chutes du fameux mur de Berlin
La réunification de l'Allemagne
De la
télévision en noir et blanc
Aux
écrans maxi plats avec un son meilleur
Que certaines salles de cinéma.
On louait
des cassettes vidéo…
Aujourd’hui,
on regarde tout à la demande.
On a vu
les cartes perforées, les disquettes…
Et
maintenant, des vies entières
Tiennent dans un téléphone.
Petits,
on courait en short.
Puis sont
venus les pantalons,
Les
costumes, les jeans.
On a
traversé les modes…
Et
surtout les époques.
On a
survécu à des maladies, à des peurs,
Sans en
faire un spectacle permanent.
On
avançait, c’est tout.
On a
roulé en patins, en vélos,
En
mobylettes, en moto
En
voitures qui sentaient l’essence et la liberté.
Aujourd’hui,
ça devient électrique…
Propre,
silencieux…
Presque
trop sage.
Sans aucune
saveur
A regretter nos vieux V8 V6
Ou 2l plein de cv de vie
Oui, on a
traversé beaucoup d’épreuves.
Mais
surtout…
On a
connu une vie dense.
On
pourrait dire qu’on est une génération à part.
Née dans
l’analogique,
Plongée
dans le numérique,
Obligée
de s’adapter sans cesse.
On
pourrait dire :
“On a
tout Vu”.
On Tout vécu
Ce serait
un peu prétentieux…
Mais pas
totalement faux.
Parce
qu’on a vu le monde ralentir,
Puis
accélérer,
Puis
s’emballer.
Verra t’on
le monde s’écrouler !!!
Bref
Et malgré
tout ça…
On est
encore là.
Pas
parfaits.
Pas
modernes selon certains.
Mais
solides.
Alors
oui…
Putain d’époque.
Les
années 80,
Une France
libre plus légère peut-être,
Plus
insouciante,
Où il
faisait bon vivre sans tout analyser.
Sans
polémique a tout va
Une
époque qu’on pourrait presque
Raconter comme une série…
Sauf que
nous,
On ne la
regardait pas.
On la
vivait.
Une simple réflexion partagée,
© copyright Ours du Forez
Avril 2026
J'aurais pu Dire "Vieillir, c'est Désolant
"J'aurais
pu dire "vieillir, c'est désolant, c'est insupportable, c'est douloureux,
c'est horrible, c'est déprimant, c'est mortel", mais j'ai préféré
"chiant" parce que c'est un adjectif vigoureux qui ne fait pas
triste. Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand çà a commencé et
l'on sait encore moins quand çà finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit
dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On
était bien dans sa peau. On se sentait conquérant, invulnérable. La vie devant
soi, même à cinquante ans, c'était encore très bien.... Même à soixante.
Si, si je
vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entretemps, j'ai vu le regard des jeunes...
des hommes et des femmes dans la force de l'âge qui ne me considéraient plus
comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J'ai lu dans leurs yeux
qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence à mon égard, qu'ils seraient polis,
déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m'en rendre compte, j'étais
entré dans l'apartheid de l'âge".
Bernard
Pivot, Les mots de ma vie (2011)
je N'attends pas Beaucoup de la Vie.
" je
n'attends pas beaucoup de la vie. Il me suffit de savoir que j'ai essayé de
faire tout ce que j'ai voulu, que j'ai eu ce que j'ai pu, que j'ai aimé ce qui
valait la peine et que je n'ai perdu que ce qui n'a jamais été à moi
Pablo
Neruda.

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