APRÈS LA
DÉCEPTION…
Apprendre
à Regarder Autrement
" On ne
guérit pas de tout ce qui nous a blessés.
On
apprend simplement à vivre sans laisser
Nos blessures décider à notre place. "
Ours du
Forez
Comment
apprend-on à voir la vie autrement après une déception ?
Une
déception amoureuse…
Celle qui
vous fait croire, pendant quelque temps,
Que votre cœur ne saura plus jamais
faire confiance.
La perte
d’un emploi…
Et avec
elle, parfois, la sensation
De ne plus servir à grand-chose,
Comme si quelques
lignes sur un CV
Pouvaient soudain effacer des années de vie.
La perte
d’un être cher…
Humain ou
poilu à quatre pattes.
Ces
absences qui laissent une place vide
Dans la maison, dans le fauteuil, dans le
jardin…
Et surtout quelque part en nous.
Un
déménagement.
Quitter
un endroit, des habitudes, des souvenirs,
Parfois même une partie de soi que
L’on avait laissée entre quatre murs.
Une
trahison.
Peut-être
l’une des blessures les plus étranges,
Parce qu’elle ne vient pas d’un inconnu.
Elle
vient souvent de quelqu’un à qui l’on avait ouvert la porte.
La
vieillesse aussi peut être une déception.
Le corps
qui ralentit.
Les
projets qui changent.
Les
choses que l’on faisait sans y penser et
Qui demandent désormais davantage
d’efforts.
Et puis
il y a cette grande déception…
Celle du
monde.
De ce que
l’on imaginait de l’être humain.
De cette
société qui court toujours plus vite,
Qui possède beaucoup et semble
Parfois
avoir oublié l’essentiel.
Alors
comment apprend-on à vivre après tout cela ?
Est-ce
une question de caractère ?
De force
intérieure ?
De
courage ?
De
soutien ?
De temps
?
Ou
simplement de conscience ?
Je crois
qu’il n’existe pas une seule réponse.
Nous ne
guérissons pas tous de la même manière.
Certains
parlent pendant des heures.
D’autres
gardent tout au fond d’eux.
Certains
ont besoin de comprendre.
D’autres
finissent par comprendre qu’il n’y
Aura jamais d’explication suffisante.
Certains
pleurent.
Certains
s’isolent.
Certains
partent marcher dans la forêt.
D’autres
prennent un chien dans leurs bras, caressent
Un chat, regardent tomber la pluie
derrière une fenêtre…
Et puis,
un matin, sans vraiment savoir
Pourquoi, quelque chose a changé.
La
douleur est toujours là.
Mais elle
ne prend plus toute la place.
On
recommence à respirer autrement.
On
recommence à regarder.
Un rayon
de soleil sur la table.
L’odeur
du café le matin.
Un
morceau de musique qui réveille un vieux souvenir.
Le vent
dans les arbres.
Un animal
qui vient poser sa tête contre votre jambe.
Une
personne qui vous sourit sans rien attendre en retour.
Des
petites choses…
Presque
rien.
Et
pourtant, parfois, c’est avec ces presque
Rien que l’on recommence à vivre.
Parce
qu’il arrive un moment où l’on
Comprend une chose essentielle :
Nous ne
pouvons pas changer ce qui nous a fait mal.
Nous ne
pouvons pas réécrire certaines histoires.
Faire
revenir certaines personnes.
Récupérer
certains emplois.
Effacer
certaines trahisons.
Rajeunir.
Revenir
en arrière.
Mais nous
pouvons choisir ce que
Cette douleur fera de nous.
Elle peut
nous rendre amers.
Elle peut
nous enfermer.
Elle peut
nous faire croire que plus
Personne ne mérite notre confiance.
Ou bien…
Elle peut
nous rendre plus lucides.
Plus
attentifs.
Plus
doux.
Plus
vrais.
Parce
qu’après avoir été déçu, on ne regarde
Plus forcément la vie avec les mêmes
yeux.
Et ce
n’est peut-être pas une mauvaise chose.
Voir la
vie en rose ne signifie pas que tout est devenu beau.
Cela
signifie simplement qu’après avoir longtemps connu le gris…
on
apprend à choisir une autre couleur.
Pas par
naïveté.
Pas parce
que l’on aurait oublié les coups reçus.
Mais
parce qu’on a compris que rester prisonnier de ce
Qui nous a détruits, c’est
donner encore un peu
De pouvoir à ceux qui nous ont fait du mal.
Alors
parfois, il faut accepter de tourner une page.
Pas parce
que l’histoire ne comptait pas.
Mais
parce que nous comptons encore.
Il faut
parfois laisser partir.
Une
personne.
Un lieu.
Un
métier.
Une
époque.
Une
illusion.
Et même
une ancienne version de nous-même.
Celle qui
croyait que tout devait
Forcément se passer comme prévu.
La vie,
elle, n’a jamais vraiment promis cela.
Elle nous
prend parfois par surprise.
Elle nous
offre.
Elle nous
reprend.
Elle nous
fait rire un jour et pleurer le lendemain.
Elle nous
donne des printemps et des hivers.
Des
rencontres et des séparations.
Des
départs.
Des
retours.
Des
blessures.
Des
renaissances.
Et
peut-être que grandir, finalement,
Ce n’est pas devenir plus fort.
C’est
devenir plus conscient.
C’est
apprendre à regarder ce qui nous a blessés
Sans laisser cette blessure nous
empêcher
De regarder tout ce qui mérite encore d’être aimé.
C’est
comprendre que certaines cicatrices
Ne disparaîtront jamais complètement.
Mais
qu’elles peuvent devenir la preuve
Que nous avons traversé quelque chose.
Que nous
sommes tombés.
Que nous
avons eu mal.
Et que,
malgré tout…
nous
sommes encore là.
Alors si
aujourd’hui vous traversez une déception,
Ne vous demandez peut-être pas
combien
De temps il faudra pour oublier.
Demandez-vous
plutôt :
«
Qu’est-ce que cette épreuve peut m’apprendre sur moi ? »
Prenez
votre temps.
Il n’y a
aucune médaille à gagner dans la guérison.
Chacun
avance à son rythme.
Un pas
aujourd’hui.
Un autre
demain.
Parfois
trois pas en arrière.
Puis,
sans même s’en apercevoir…
un petit
pas en avant.
Et c’est
déjà beaucoup.
Parce que
vivre, ce n’est peut-être pas
Réussir à éviter toutes les tempêtes.
C’est
apprendre, après chacune d’elles,
A retrouver le chemin de la lumière.
Et
peut-être qu’un jour, en regardant derrière nous,
Nous comprendrons que
certaines déceptions
N’étaient pas la fin de notre histoire.
Elles
étaient simplement…
Le moment
où nous avons commencé à
Apprendre à la regarder autrement.
" Après
avoir connu le gris,
Il ne s’agit pas de nier la pluie.
Il s’agit
simplement de ne plus oublier
Qu’il existe encore des couleurs. "
Ours du Forez 63
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Septembre
2026