"La
ville, ses commerces, sa foule, effrayaient la petite sauvageonne que j'étais.
C'est là que j'ai découvert combien il m'était indispensable de voir couler une
source et d'y boire à la goulée, d'entendre crisser mes pas sur les feuilles
sèches, de sentir le vent dévaler les collines, capturant au passage toutes les
odeurs de seigle ou de bruyère. Ces sensations banales pour les paysans,
inutiles pour les citadins, me manquaient cruellement. Je n'ai jamais su la
nature de ma correspondance secrète avec ces choses simples."
Isabelle Autissier
L'amant de Patagonie
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