vendredi 5 juin 2026

Nous Sommes Forcés de Vivre Dans une Société si Mal Organisée Que

 




 

" Nous sommes forcés de vivre dans une société si mal organisée que le seul endroit où nous pouvons crier sans être punis est un hôpital pour les fous. C’est ainsi que nous sommes privés de la seule façon de nous débarrasser de notre dégoût envers nous-mêmes et envers les autres. "


Emile Cioran

Pour La Passion des Livres

 




Il y en A Qui ne Veulent Rien Voir ...

 




On a Toujours le Choix

 






En Attendant et Pendant Le Printemps




J’ai Connu des Périodes de Bonheur

 




J’ai connu des périodes de bonheur, de plénitude, à la fois dans mes rapports affectifs, dans mes rapports avec autrui et avec le monde mais je sais que le bonheur est fragile parce que les personnes peuvent se séparer, ou mourir. Tous les bonheurs que j’ai connus ont eu une fin mais d’autres sont survenus. La vie n'est pas faite seulement d'une succession de peines et de moments heureux mais parfois d’une dialectique curieuse qui fait que le malheur peut provoquer le bonheur. Pour moi par exemple, le plus grand malheur de ma vie a été la perte de ma mère quand j’avais dix ans. Mais ce vide affreux m’a amené à aller vers la culture, notamment vers le livre et le cinéma. Et a fait naître en moi un besoin de tendresse, d’affection, d’amitié qui m’a donné l’occasion d’avoir des amours. Autrement dit, ce malheur initial fut une source de bonheurs.


Chronique d'un été, 1960, Edgar Morin.


On a dû te Dire qu’il Fallait Réussir dans la Vie

 


 

On a dû te dire qu’il fallait réussir dans la vie ; moi je te dis qu’il faut vivre, c’est la plus grande réussite du monde. On t’a dit : « Avec ce que tu sais, tu gagneras de l’argent ». Moi je te dis : « Avec ce que tu sais-tu gagneras des joies. » C’est beaucoup mieux. Tout le monde se rue sur l’argent. Il n’y a plus de place au tas des batailleurs. De temps en temps, un d’eux sort de la mêlée, blême, titubant, sentant déjà le cadavre, le regard pareil à la froide clarté de la lune, les mains pleines d’or mais n’ayant plus force et qualité pour vivre ; et la vie le rejette. Du côté des joies, nul ne se presse ; elles sont libres dans le monde, seules à mener leurs jeux féeriques sur l’asphodèle et le serpolet des clairières solitaires.


Jean Giono, Les Vraies Richesses