Je garde
tous nos baisers. Je garde les heures où l'on ne faisait rien. Je garde les
jours où je ne te voyais pas et où tu me manquais. Je garde toute cette vie
future que nous ne partagerons pas, je la garde pour moi, elle sera comme un
éclat de blessure vivant qui tous les jours me rappellera combien nous nous
sommes aimés.
"Je
n'ai jamais imaginé qu'on pût être à ce point hanté par une voix, par un cou,
par des épaules, par des mains. Ce que je veux dire, c'est qu'elle avait des
yeux où il faisait si bon vivre que je n'ai jamais su où aller depuis".
Romain Gary, La Promesse de
l'Aube
" Certaines histoires ne sont pas faites pour
traverser une vie entière. Elles sont faites pour traverser une âme, y laisser
leur empreinte, puis disparaître comme un coucher de soleil dont la lumière
continue pourtant longtemps d'habiter l'horizon. "
Elle
était seule.
Il était
seul.
Deux
solitudes séparées par des centaines de kilomètres
Mais étonnamment proches dans leurs
Façons de ressentir le monde.
Ils
partageaient les mêmes passions,
Les mêmes sensibilités, les mêmes blessures
Aussi. Mais il y avait davantage encore.
Ils
partageaient les mêmes désirs.
Ces
désirs que l'on n'avoue pas toujours,
Même à ceux que l'on aime.
Ces
fantasmes secrets qui dorment au fond
De nous comme des braises sous la cendre.
Lui
vivait dans le silence de ses montagnes,
Entouré
de sapins, de chemins forestiers et
De levers de soleil sur les collines du Forez.
Elle
habitait une grande métropole du Sud,
Noyée dans le bruit, les lumières
Et
l'agitation permanente des rues.
Tout
semblait les opposer.
Pourtant,
lorsqu'ils s'écrivaient,
Leurs
univers se rejoignaient.
Ils
parlaient de littérature, de musique,
De leurs rêves d'ailleurs.
Puis
parfois, au détour d'une phrase,
La
conversation devenait plus douce, plus intime.
Les
confidences glissaient lentemen
Vers les territoires du désir.
Ils
imaginaient ce que serait une
promenade main dans la main.
Un regard
prolongé.
Une joue
effleurée.
Une
étreinte après des mois d'attente.
Ils
construisaient dans leurs mots une proximité
Que la réalité leur refusait encore.
Certaines
nuits, leurs messages avaient
La
chaleur des corps absents.
Ils ne se
touchaient pas.
Pourtant
ils sentaient parfois battre le cœur
De l'autre à travers un simple écran.
Et
c'était peut-être cela le plus troublant :
Découvrir
qu'une âme pouvait éveiller autant
De désir avant même que les mains ne se
rencontrent.
" Les
kilomètres ont gagné la bataille, mais ils n'ont jamais
Réussi à effacer les
mots. Car certains amours meurent
Dans la réalité et continuent pourtant de
vivre dans la mémoire.
Le plus douloureux n'est pas toujours de
perdre un amour.
C'est parfois d'avoir connu, ne serait-ce que quelques jours,
La certitude qu'il aurait pu exister. "
Pour info
Nous avons vécu dix jours ensemble
Et des
centaines dans nos pensées.
Avec le temps, je ne sais plus lesquels furent les
plus réels.
Peut être dans une autre Vie, Tu sera l'Unique !!!
Je
préfère encore te regretter que de ne jamais t'avoir connue