Ce que je Cache Derrière mon Sourire
« Il y a
des personnes que l’on aime, que l’on aurait aimé continuer à suivre, mais que
la vie finit par mettre hors de portée. L’argent, la fatigue, la maladie, les
années… parfois ce n’est pas le cœur qui s’éloigne, c’est simplement la vie qui
nous impose un autre chemin. »
On croit
parfois que la solitude est un choix.
Que ceux
qui vivent un peu à l’écart ont simplement décidé de tourner le dos au monde,
aux autres, aux habitudes, au bruit des conversations et aux faux-semblants.
C’est
peut-être vrai… en partie.
Mais il y
a une autre solitude, celle qui ne naît pas d’une envie de fuir les autres,
mais d’une fatigue de devoir toujours expliquer qui l’on est, ce que l’on
ressent, pourquoi certaines choses nous blessent davantage que d’autres.
Alors, un
jour, on cesse de courir après ceux qui ne courent jamais vers nous.
On cesse
de téléphoner.
On cesse
d’attendre.
On cesse
même parfois d’espérer.
Non pas
parce que l’on n’aime plus les gens, mais parce qu’on a compris que certaines
présences peuvent être beaucoup plus douloureuses qu’une absence.
Avec le
temps, j’ai appris à vivre avec cette solitude-là.
J’ai même
fini par lui trouver quelques qualités.
Elle ne
juge pas.
Elle ne
promet rien.
Elle ne
vous demande pas de faire semblant.
Et
surtout, elle ne vous reproche jamais d’être fatigué.
Alors
oui, j’ai appris à apprécier le silence, une tasse de café, quelques arbres
derrière une fenêtre, la présence d’un animal, un morceau de musique qui
réveille un vieux souvenir, ou quelques mots déposés sur une page.
Ce n’est
pas grand-chose, diront certains.
Pour moi,
c’est parfois beaucoup.
Parce que
derrière celui qui plaisante, qui sourit, qui semble prendre les choses avec
philosophie, il y a aussi quelqu’un qui a connu les coups de la vie.
Et non…
Ce n’est
pas vrai que je suis invincible.
Moi
aussi, je me brise.
Pas
toujours de façon spectaculaire.
Parfois
simplement à l’intérieur.
Un mot de
trop.
Une
déception de plus.
Une
promesse oubliée.
Une
absence qui fait mal.
Un
anniversaire que quelqu’un oublie.
Un
silence qui dure.
Toutes
ces petites choses que l’on prétend ne pas remarquer et qui, mises bout à bout,
finissent parfois par peser lourd.
Alors
j’ai appris à me réparer seul.
Pas très
élégamment, je vous l’avoue.
Il m’est
arrivé de rassembler mes morceaux avec du fil,
De la patience, un peu d’humour…
et beaucoup de mauvaise foi.
Parce
qu’à défaut d’être invincible, j’ai au moins appris à être têtu.
Et puis
il y a cette vieille technique que beaucoup connaissent :
faire
croire que tout va bien.
Sourire
quand ça fait mal.
Faire une
plaisanterie quand on aurait envie de crier.
Dire « ça
va » alors que la réponse honnête serait plutôt :
" aujourd’hui, c’est un peu
compliqué ".
J’ai
appris à crier à l’intérieur et à pleurer de rire à l’extérieur.
Une drôle
de mécanique de survie.
On
devient presque expert dans l’art de cacher les fissures.
Mais
voilà…
Faire
semblant que cela ne fait pas mal
ne fait pas disparaître la douleur.
Au
contraire.
Cela lui
donne simplement une autre adresse.
Elle
s’installe quelque part en nous, tranquillement,
En attendant qu’on accepte
enfin de lui ouvrir la porte.
Alors
aujourd’hui, j’essaie de faire autrement.
J’accepte
davantage mes fragilités.
Je ne
cherche plus autant à prouver que je suis fort.
Après
tout, être fort ne signifie peut-être pas ne jamais tomber.
Peut-être
que la vraie force consiste simplement à tomber,
A rester quelques instants au
sol… puis à
Regarder autour de soi et à se dire :
" Bon…
puisque je suis encore là, autant continuer. "
Avec un
peu d’humour.
Avec
quelques cicatrices.
Avec
moins d’illusions, peut-être.
Mais
aussi avec davantage de douceur.
Car la
vie m’a appris quelque chose que je
N’aurais probablement pas compris autrement
:
On peut
être cabossé sans être définitivement cassé.
On peut
avoir beaucoup perdu et continuer à rêver.
On peut
aimer la solitude sans renoncer à aimer les autres.
On peut
être fort et fragile dans la même journée.
Et
surtout…
on peut
encore avoir envie de croire que demain
Apportera quelque chose que l’on
n’attendait plus.
Alors
oui, je me dévoile peut-être un peu trop.
Mais
écrire, pour moi, c’est aussi une façon de
Déposer quelques morceaux de moi
quelque part.
Pas pour
qu’on me plaigne.
Pas pour
qu’on me répare.
Simplement
pour respirer un peu mieux.
Parce
qu’il y a des blessures qui ne demandent
Pas forcément qu’on les guérisse.
Elles
demandent parfois seulement qu’on cesse de les cacher.
Et puis,
entre nous…
si je
devais vraiment être invincible,
Je crois que je m’ennuierais énormément.
Je
préfère encore être cet homme un peu cabossé, parfois solitaire, souvent
rêveur, qui avance comme il peut avec ses cicatrices, ses souvenirs, ses fous
rires et ses petits bonheurs.
Après
tout, une vieille maison peut avoir
Quelques fissures et rester chaleureuse.
Un vieux
chemin peut être plein d’ornières
Et conduire encore quelque part.
Et un
cœur qui a beaucoup souffert…
peut
encore avoir de la place pour un peu de lumière.
" Il faut
parfois avoir connu l’ombre pour
apprendre à reconnaître la lumière. "
Ours du
Forez
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Octobre 2026