Que vous
soyez fier comme un coq
Fort
comme un bœuf
Têtu
comme un âne
Malin
comme un singe
Ou
simplement un chaud lapin
Vous êtes
tous, un jour ou l’autre
Devenu
chèvre pour une caille aux yeux de biche
Vous
arrivez à votre premier rendez-vous
Fier
comme un paon
Et frais
comme un gardon
Et là …
Pas un chat !
Vous
faites le pied de grue
Vous demandant si cette bécasse
Vous a réellement posé un lapin
Il y a
anguille sous roche
Et
pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard
La tête
de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon
Vous l’a
certifié
Cette
poule a du chien
Une vraie
panthère !
C’est
sûr, vous serez un crapaud mort d’amour
Mais tout
de même, elle vous traite comme un chien
Vous êtes
prêt à gueuler comme un putois
Quand
finalement la fine mouche arrive
Bon, vous
vous dites que dix minutes de retard
Il n’y a
pas de quoi casser trois pattes à un canard
Sauf que
la fameuse souris
Malgré
son cou de cygne et sa crinière de lion
Est en
fait aussi plate qu’une limande
Myope
comme une taupe
Elle
souffle comme un phoque
Et rit
comme une baleine
Une vraie
peau de vache, quoi !
Et vous,
vous êtes fait comme un rat
Vous
roulez des yeux de merlan frit
Vous êtes
rouge comme une écrevisse
Mais vous
restez muet comme une carpe
Elle
essaie bien de vous tirer les vers du nez
Mais vous
sautez du coq à l’âne
Et
finissez par noyer le poisson
Vous avez
le cafard
L’envie
vous prend de pleurer comme un veau
(ou de
verser des larmes de crocodile, c’est selon)
Vous
finissez par prendre le taureau par les cornes
Et vous
inventez une fièvre de cheval
Qui vous
permet de filer comme un lièvre
C’est pas
que vous êtes une poule mouillée
Vous ne
voulez pas être le dindon de la farce
Vous avez
beau être doux comme un agneau
Sous vos
airs d’ours mal léché
Faut pas
vous prendre pour un pigeon
Car vous
pourriez devenir le loup dans la bergerie
Et puis,
ç’aurait servi à quoi
De se
regarder comme des chiens de faïence
Après
tout, revenons à nos moutons
Vous avez
maintenant une faim de loup
L’envie
de dormir comme un loir
Et
surtout vous avez d’autres chats à fouetter.
Billet d’humour et d’hommage à la
Langue française de Jean d’Ormesson.
