samedi 30 mai 2026

Ceux qui Savent Marcher Seuls

 





« La vraie solitude ne fait pas peur à ceux qui ont appris à vivre avec eux-mêmes. Ce qu’ils espèrent encore, ce n’est pas une présence pour combler un vide, mais une âme sincère qui n’exige jamais qu’ils deviennent quelqu’un d’autre. »  Ours du Forez 


Il y a des gens qui passent

Leur vie à courir après le bruit.

Le bruit des soirées,

Des conversations sans âme,

Des présences temporaires

Juste pour ne pas entendre le vide leur parler la nuit.

 

Et puis il y a ceux qui ont appris très tôt

À marcher seuls dans les chemins de leur existence.

Ceux qui savent préparer un café pour une seule tasse,

Prendre la route sans passager,

Regarder tomber la pluie contre les vitres

Sans avoir besoin de meubler le silence.

 

Moi, la solitude ne m’a jamais vraiment fait peur.

Depuis ma jeunesse,

J’ai appris à m’accompagner moi-même.

À travers les montagnes du Forez,

Les forêts de sapins,

Les hivers longs,

Les départs, les déceptions,

Et ces soirées où le monde semblait tourner trop vite

Pour quelqu’un qui cherchait simplement un peu de paix.

 

Avec le temps, on comprend quelque chose d’essentiel :

Beaucoup de gens qui disent vouloir être seuls

Ne cherchent pas réellement la solitude.

Ils cherchent une présence rare.

Une présence qui ne leur demande pas de mentir,

De jouer un personnage,

De sourire quand le cœur est fatigué.

 

Quelqu’un devant qui le silence reste confortable.

Quelqu’un qui ne transforme pas chaque échange

en compétition, en contrôle ou en théâtre.

 

Parce qu’au fond,

La plus grande fatigue humaine

N’est pas d’être seul.

C’est d’être obligé de devenir quelqu’un d’autre

Pour être accepté.

 

Alors certains finissent par préférer

 La compagnie du vent,

Des chiens fidèles,

Des vieux chemins de campagne,

Du chant des oiseaux au petit matin,

Ou d’une simple lumière, traversant

 Les branches des sapins.

 

Non pas parce qu’ils ont renoncé aux autres,

Mais parce qu’ils espèrent encore mieux.

 

Et malgré les blessures,

Malgré les années qui usent parfois les rêves,

Il reste toujours cette petite braise au fond de soi.

L’espoir discret d’une rencontre sincère.

Pas une présence pour remplir un vide.

Pas un pansement contre la peur d’être seul.

Mais une âme calme,

Capable de marcher à côté de vous

Sans vous enlever votre liberté intérieure.

 

Quelqu’un qui comprendrait qu’aimer,

Ce n’est pas enfermer.

Ce n’est pas posséder.

C’est simplement offrir un peu de chaleur humaine

Dans ce pays de plus en plus occupé

Divisé ou la haine grandie de jour en jour

Souvent froid et bruyant.

 

Et peut-être que le vrai bonheur

 Ressemble à ça finalement :

Deux solitudes paisibles

Qui choisissent un soir

De regarder ensemble tomber la pluie

Sur les montagnes du Forez.


    Une simple réflexion partagée,

Signé Ours du Forez

© copyright Ours du Forez

Mai  2026