“ Le pire dans la vieillesse, ce ne sont pas les rides…
Ce sont les rêves qu’on a laissés
mourir avant nous. ”
Le temps
te gifle sans prévenir.
Un matin
tu te regardes dans la glace,
Et ce
n’est plus le type de trente ans
Qui
rêvait de bouffer la route
En
travers dans une caisse de rallye,
Une clope
au bec et du son à 140 BPM dans les oreilles.
Non.
C’est un
autre gars.
Les
traits tirés.
Les
épaules un peu plus lourdes.
Le regard fatigué de ceux qui
Ont trop attendu le “bon moment”.
Chienne
de putain de vie.
Les années ont filé comme des
Kilomètres d’autoroute sous la pluie.
Tu
pensais avoir le temps.
Le temps
de vivre.
Le temps
d’aimer.
Le temps de danser jusqu’à cinq heures du matin
Avec les lumières qui brûlaient les yeux et les basses
Qui faisaient battre le cœur plus fort que la raison.
Et puis
la vie a fait son boulot de charogne.
Le
travail.
Les
factures.
Les
gosses.
Les
emmerdes.
Les
trahisons.
Les faux
amis.
Les
femmes qui te jurent que tu es l’homme de leur vie
Avant de disparaître avec un autre dans un SUV
payé à crédit.
Tu cours
pendant cinquante ans sans comprendre pourquoi.
Comme un
chien derrière une voiture.
Tu bosses
comme un damné pour acheter
Une baraque que la banque possède encore plus
que toi.
Tu prends
cinq semaines de vacances
Pour
aller respirer ailleurs avant de
Retourner
crever lentement dans la même routine.
Et malgré
tout ça…
Il reste
des rêves accrochés quelque part.
Des rêves
cabossés mais vivants.
Le
rallye.
Les nuits
de danse.
La
musique qui cognait dans les tripes.
Les
femmes qu’on aurait dû aimer plus fort.
Les
routes qu’on n’a jamais prises.
C’est ça
le pire.
Pas les
rides.
Pas les
cheveux blancs.
Pas le
souffle court quand tu coupes du bois
Ou que tu portes quelque chose de trop lourd.
Non.
Le pire,
c’est les choses qu’on a laissées mourir en silence.
Parfois
j’aimerais que le temps s’arrête une minute.
Juste
une.
Retrouver
un printemps perdu
Quelque
part entre deux souvenirs.
Revoir
les copains encore vivants.
Rentrer
dans un vieux bar où personne
N’avait encore mal au dos ni peur de demain.
Mais le
printemps s’efface toujours.
Tu passes
de trente ans à quarante sans comprendre.
Puis
cinquante arrive comme un huissier qui frappe à la porte.
Et après
ça… 60 berges
Tu sens
déjà l’hiver respirer derrière toi.
Les
enfants s’en vont.
Le
téléphone sonne moins.
Les
visites deviennent rares.
Tu sors
moins souvent parce que
Dehors tout paraît plus faux qu’avant.
Les vieux
deviennent invisibles
Dans
cette époque qui adore
Seulement
ce qui brille encore.
C’est
pareil pour toutes les vieilles barges comme nous.
Et côté
amour…
Quelle
drôle de comédie.
Les
femmes de notre âge regardent
Parfois
des types de quinze ans de moins.
Et
franchement, je les comprends presque.
Elles
aussi veulent sentir une dernière fois
Le feu dans leurs veines avant que tout
s’éteigne.
Elles
veulent encore rire fort, danser tard,
Baiser
sans penser au lendemain
Ni aux douleurs dans les articulations.
Nous sommes tous des condamnés
Qui essaient d’oublier la sentence.
Alors
certains s’acharnent à paraître jeunes.
D’autres
abandonnent déjà.
Ils
s’assoient devant la télévision
Avec une
bière tiède et regardent
Leur vie
partir comme un train raté.
Et puis
il y a ceux qui continuent malgré tout.
Ceux qui
remettent de la musique.
Ceux qui
repartent voir les montagnes.
Ceux qui
aiment encore les moteurs, les chiens,
Les
forêts, les nuits fraîches et les femmes imparfaites.
Ceux qui
savent que tout fout le camp mais qui décident
Quand même de rallumer une dernière cigarette
au bord du vide.
Parce
qu’au fond, tant qu’on respire encore,
il reste
une foutue étincelle.
Même
minuscule.
Et
peut-être que la seule vraie victoire
Dans cette chienne de vie,
Ce n’est
pas de réussir.
Ni d’être
riche.
Ni même
d’être aimé.
Peut-être
que la victoire, c’est simplement
De ne pas devenir complètement
Mort avant d’être incinéré
© copyright Ours du Forez
Mai 2026
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