Le lierre
(Hedera helix) n'est pas un parasite. Ses racines sont dans le sol,
indépendantes de celles de l'arbre. Les crampons adhésifs visibles sur l'écorce
servent uniquement à l'escalade — ils ne pénètrent pas le cambium, n'extraient
aucune sève.
Ce que le
lierre apporte réellement :
Rouge-gorge, troglodyte mignon et pinson s'y
abritent en hiver
Ses fleurs d'octobre sont parmi les dernières
sources de nectar pour les abeilles avant le gel
Son feuillage dense au pied des arbres crée un
refuge pour les hérissons et les invertébrés du sol
L'impression
de suffocation vient de la densité du feuillage — pas d'un dommage réel à
l'arbre.
Le
rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) niche dans le feuillage dense du
lierre adulte au printemps — sur tronc d'arbre, sur mur couvert, dans les
massifs anciens.
La
structure du lierre offre un micro habitat de nidification introuvable ailleurs
: feuillage persistant et épais qui dissimule entièrement le nid, ramure
suffisamment ouverte pour permettre l'accès aux petits passereaux mais
inaccessible aux chats domestiques, fouines et corvidés. Le rouge-gorge construit
son nid dans la coupelle naturelle formée par l'entrelacement des tiges et des
feuilles, à 1,50 m à 3 m du sol. Trois à six œufs blanc-crème tachetés de
rousse, incubation 14 jours, élevage des poussins 13-15 jours, parfois deux
couvées par saison.
Cinq
autres passereaux français utilisent les mêmes structures de lierre pour nicher
: le troglodyte mignon (le plus petit oiseau d'Europe occidentale), la mésange
à longue queue (qui construit l'un des nids les plus complexes du règne animal
— boule de mousse, plumes et lichens), le roitelet triple-bandeau, le merle
noir, la fauvette à tête noire de retour de migration.
En hiver,
le lierre adulte change de fonction. Il devient dortoir collectif pour les
moineaux domestiques en grappes de 10 à 30 individus serrés contre le froid, et
parfois site diurne pour la chouette hulotte et le hibou moyen-duc qui s'y
reposent invisibles.
Arracher
le lierre adulte d'un tronc ou d'un mur, c'est détruire en quelques minutes un micro
habitat que la nature met 15 à 30 ans à reconstruire. Préserver, c'est laisser

