À l'aube
de l'Automne
" La
véritable réussite n'est pas d'avoir tout obtenu, mais de pouvoir regarder
derrière soi et reconnaître quelques-uns des rêves que l'enfant en nous avait
confiés au vent. "
Il existe un âge où l'on cesse peu à peu de courir
Après la vie pour commencer à la
contempler.
Lorsque
nous étions enfants, puis adolescents, nous portions en nous une multitude de
rêves. Certains étaient immenses, d'autres presque insignifiants aux yeux du
monde. Pourtant, ce sont souvent ces petits rêves silencieux qui comptaient le
plus : vivre dans une maison entourée de nature, découvrir des paysages aperçus
dans les livres ou à la télévision, rencontrer des êtres qui nous
comprendraient, connaître quelques moments de bonheur simples et sincères.
Au fond,
le véritable but n'a jamais changé.
Construire une existence qui ressemble, autant que possible,
Aux espoirs du jeune garçon
que nous étions autrefois.
Une vie
remplie de ces petites choses que nous imaginions en regardant les nuages
passer. Une vie faite de lieux qui nous faisaient rêver, de rencontres
inattendues, de passions préservées malgré les tempêtes et les années. Une vie
douce, imparfaite sans doute, mais fidèle à ce que notre cœur a toujours été.
Je
voulais connaître certains chemins qui me semblaient inaccessibles.
Je voulais m'offrir quelques expériences que
Je croyais réservées aux autres.
Je
voulais trouver cette paix intérieure que j'ai cherchée pendant si longtemps à
travers les succès, les voyages, les amours, les projets et les détours de
l'existence.
Et avec le temps, j'ai compris une chose essentielle :
Le bonheur n'arrive pas toujours
sous la forme que l'on attendait.
Parfois,
il se cache dans un matin calme.
Dans le
chant d'un oiseau au bord d'un étang.
Dans le
silence d'une forêt de sapins après la pluie.
Dans un
regard complice.
Dans un
vieux morceau de musique qui réveille un souvenir oublié.
Dans le
simple privilège d'être encore là.
Chaque
victoire, même modeste, chaque échec surmonté, chaque leçon apprise, chaque
prière discrètement exaucée est devenue une ligne de cette histoire que
l'enfant que j'étais lirait probablement avec émerveillement.
Car la personne que nous devenons est bâtie par toutes
Les versions de nous-mêmes qui
ont refusé d'abandonner.
Même les
jours de fatigue.
Même les
jours de doute.
Même les
jours où l'horizon semblait disparaître derrière les nuages.
Et si je pouvais aujourd'hui m'asseoir quelques instants auprès
De ce jeune homme que
j'étais autrefois, je lui dirais simplement :
" Tes
rêves n'étaient pas trop grands.
Tes
espoirs n'étaient pas insensés.
Continue
simplement d'avancer. "
Je lui
rappellerais aussi cette vérité que les années ont gravée en moi :
" Vivre
ne suffit pas.
Nous avons besoin de soleil, de liberté, de passion
Et d'un peu de poésie pour
éclairer nos jours. "
Aujourd'hui, malgré l'été brûlant, malgré cette chaleur écrasante
Qui semble suspendre le temps,
Je sens doucement approcher une autre saison.
Dans
quelques jours, soixante-six printemps auront traversé ma vie.
Et même si le calendrier annonce encore l'été,
Je sais que je suis arrivé à l'aube de
mon automne.
Un
automne paisible, que je regarde venir sans tristesse.
Car dans ce monde souvent agité, parfois absurde,
Où tant de gens semblent avoir oublié l'essentiel,
Je peux encore m'arrêter un instant et regarder derrière moi.
Alors je réalise que j'ai vécu certains des morceaux de vie
Dont je rêvais lorsque
j'étais jeune.
Pas tous.
Heureusement.
Car il en
reste encore.
Quelques
rêves qui patientent au détour du chemin.
Quelques
horizons à découvrir.
Quelques rencontres que le destin n'a peut-être
Pas encore terminées d'écrire.
Tant qu'il reste un rêve, même modeste, tant qu'il demeure
Une étincelle de
curiosité dans le regard, alors l'histoire continue.
Et l'homme qui avance vers son automne porte encore en lui
Le cœur du jeune garçon
qui regardait le monde avec émerveillement.
C'est
peut-être cela, finalement, le secret de la jeunesse :
Ne jamais cesser de rêver, même lorsque
Les feuilles commencent doucement à jaunir.
" L'âge ne se mesure pas aux années qui passent,
Mais aux rêves qui continuent de marcher à nos côtés
Lorsque le soleil descend lentement vers l'horizon "
Une simple réflexion partagée
© copyright Ours du Forez
Juin 2026
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