La
perfection me dégoûte. Toutes ces femmes et ces hommes qui cherchent la
perfection dans les stéréotypes créés par la société me font vomir. Foutus
mannequins de viande, sans personnalité ni amour pour eux-mêmes. Mêmes
vêtements, même musique, mêmes expressions, mêmes aliments, mêmes galipettes,
mêmes voitures, mêmes vies... et finalement ? Mêmes suicides neuronaux de
masse. Parce que vivre comme un automate est sans aucun doute un suicide. Quand
tout le monde est pareil, tout le monde n'est personne. La perfection est un
petit oiseau en cage qui vit, mange, chie et meurt dans le seul but d'être
admiré. Je veux vivre libre, frigorifié, froid, affamé, mais libre.
Charles
Bukowski
Monsieur Charles Bukowski,
Plus les années passent, plus je vous lis avec admiration.
Sous votre plume rugueuse, parfois brutale, souvent dérangeante, vous aviez ce talent rare de mettre à nu l'être humain. Vous ne cherchiez pas à l'embellir ; vous le montriez tel qu'il est, avec ses contradictions, ses ridicules, ses peurs et ses masques.
Votre écriture était caustique, mais elle sonnait juste.
À mesure que je vieillis, je ressens ce même besoin de prendre mes distances avec cette agitation permanente. Cette foule qui court sans toujours savoir pourquoi, qui consomme pour exister, qui exhibe pour être regardée, qui imite pour être acceptée.
Cette quête absurde de perfection ressemble souvent à une immense prison dont chacun fabrique lui-même les barreaux.
Alors, moi, je rêve d'autre chose.
Je rêve de retrouver la simplicité.
Vivre au plus près de la Nature.
Respirer l'odeur des sapins après la pluie.
Écouter le vent traverser les clairières plutôt
Que le vacarme des centres commerciaux.
Observer un renard, une mésange ou un chevreuil me procure Aujourd'hui bien plus d'émotions que toutes les vitrines illuminées du monde.
Plus je vieillis, plus je ressens ce besoin de m'éloigner de la Populace lorsqu'elle devient bruyante, arrogante ou superficielle.
Je n'aspire pas à fuir les hommes.
J'aspire simplement à retrouver les endroits
Où l'homme a laissé un peu de place au silence.
Les territoires encore vierges.
Les chemins oubliés.
Les forêts qui ne jugent personne.
Les montagnes qui nous rappellent notre véritable dimension.
Là où la quiétude devient une richesse.
Là où l'on cesse enfin de vouloir paraître pour recommencer à être.
Pendant que beaucoup se précipitent vers les soldes, les Apparences, la frime, la compétition permanente ou la cupidité, je choisis, moi, une autre monnaie.
Le chant des oiseaux.
Le parfum de la mousse.
La lumière d'un coucher de soleil entre les sapins.
Le silence.
Car au fond, la véritable liberté ne s'achète pas.
Elle se vit.
Et elle commence souvent au détour d'un sentier forestier.

