Je M'éloigne Pour ne Pas me Perdre
" Il est des départs qui ne sont pas des Fuites,
Mais des rendez-vous avec Soi-Même. "
Il fut un
temps où je croyais qu'il fallait rester coûte que coûte. Supporter les mots
qui blessent, les regards qui jugent, les silences qui excluent. Je pensais
qu'il fallait apprendre à encaisser, à faire semblant, à attendre que les
tempêtes passent.
Aujourd'hui,
j'ai compris autre chose.
Je
m'éloigne lorsque l'endroit où je suis ne fait plus vibrer mon cœur. Lorsque
l'air devient trop lourd pour respirer sereinement, lorsque mes pas ne trouvent
plus leur place, lorsque mon âme se sent étrangère parmi les vivants.
Je
m'efface doucement lorsque je sens que je suis devenu de trop. Lorsque les
gestes n'ont plus la chaleur de la sincérité, lorsque l'affection devient un
effort, lorsque l'on ne me regarde plus vraiment.
Je pars
des endroits où l'irrespect est devenu une habitude, où les êtres humains
passent plus de temps à se déchirer qu'à se tendre la main, où l'on préfère
rabaisser plutôt que relever, où les paroles sont des armes et non des refuges.
Je ne
m'attarde jamais là où un simple « je t'aime » paraît ridicule, là où l'on
oublie que la tendresse est une force immense. Je fuis les lieux où les cœurs
se ferment comme des maisons abandonnées, où les âmes refusent de se
rencontrer, où chacun construit des murs au lieu de planter des jardins.
Je
m'éloigne aussi des faux-semblants. De ces endroits où les sourires sonnent
creux, où tout paraît parfait en façade tandis que les émotions s'écroulent
dans le silence.
Je refuse
les lieux qui mettent du désordre dans mon équilibre intérieur. Ceux qui
brouillent ma paix, qui nourrissent mes doutes, qui volent peu à peu la lumière
que j'essaie de préserver.
Je ne
laisse plus personne piétiner mes fragilités avec des chaussures couvertes de
boue. Mes blessures ne sont pas des faiblesses ; elles racontent simplement les
chemins que j'ai traversés. Elles méritent la délicatesse, jamais le mépris.
Et puis
il y a mes silences.
Longtemps,
on les a pris pour de la distance, de l'indifférence ou de l'orgueil. Pourtant,
mes silences ne crient contre personne. Ils sont simplement ces instants où mon
cœur reprend son souffle, où mon âme répare discrètement ce que le bruit du
monde a fissuré.
Je n'ai
plus envie de convaincre ceux qui ne veulent pas comprendre. Je n'ai plus envie
de lutter pour avoir une place là où l'on ne voit pas ma valeur.
À mesure
que les années passent, je découvre que la paix intérieure est un bien
précieux. Elle ne se marchande pas. Elle se protège.
Alors je
choisis les lieux où les regards réchauffent plus qu'ils ne jugent. Les
personnes qui savent écouter sans interrompre. Celles qui respectent les
absences autant que les présences. Celles auprès desquelles on peut déposer son
cœur sans craindre qu'il soit abîmé.
Parce
qu'au fond, s'éloigner n'est pas renoncer aux autres.
C'est
parfois la plus belle façon de rester fidèle à soi-même.
Et il
suffit parfois d'une seule âme bienveillante, d'une seule main tendue, d'un
seul sourire sincère pour nous rappeler que le monde n'est pas seulement fait
de bruit et de blessures. Il existe encore des refuges où l'on peut respirer,
aimer, espérer… et recommencer à croire en l'humain.
" La plus belle des libertés n'est pas de partir.
C'est de savoir où notre cœur peut enfin
Rester sans avoir besoin de se protéger. "
Une simple réflexion partagée
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Juillet 2026
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