jeudi 9 juillet 2026

Juste s’asseoir et Respirer.

 





Juste s’asseoir et Respirer


Juste s’asseoir et respirer.

Oublier, deux minutes,

Les horloges qui nous poursuivent,

les rendez-vous qui s’empilent,

les “il faut”,

les “dépêche-toi”,

les lendemains qu’on remplit

avant même de les vivre.

Juste s’asseoir.

Sans téléphone.

Sans bruit.

Sans avoir à prouver qu’on existe.

Respirer…

Comme on retrouve un vieil ami.

Celui qu’on oublie trop souvent,

mais qui, lui,

ne nous abandonne jamais.

Inspirer.

Comme si l’on faisait entrer un peu de lumière

dans les pièces de soi

qu’on avait laissées fermées.

Expirer.

Comme si chaque souffle emportait

un regret,

une peur,

un morceau de colère

devenu trop lourd à porter.

On passe notre vie à courir.

Après le temps.

Après les autres.

Après une version de nous-mêmes

qui n’existe peut-être même pas.

Et pendant qu’on court,

on oublie de vivre.

Parce que parfois,

la plus belle victoire,

ce n’est pas d’aller plus loin.

C’est de rester là.

Les deux pieds sur la terre.

Le cœur un peu cabossé.

Mais vivant.

Les arbres ne courent pas.

Les océans ne s’excusent pas d’être immenses.

Le soleil ne demande la permission à personne pour se lever.

Alors pourquoi nous,

on s’interdit si souvent de souffler ?

Respire.

Le reste attendra.

Respire. Le reste viendra…


Anne V. Besnard