Toi je ne
t'ai pas choisie.
Tu es entrée, par hasard, dans une vie dont je n'étais pas fier,
Et de ce jour-là
quelque chose a commencé de changer.
J'ai mieux respiré, j'ai détesté moins de choses,
J'ai admiré librement ce qui
méritait de l'être.
Avant toi, hors de toi, je n'adhérais à rien.
Cette force, dont tu te moquais quelquefois,
N'a jamais été qu'une force solitaire, une force de refus.
Avec toi,
j'ai accepté plus de choses. J'ai appris à vivre.
C'est pour cela sans doute qu'il s'est toujours
Mêlé à mon amour une gratitude
immense.
Extrait
d'une lettre d'Albert Camus à Maria Casarès, 1944
