Entre Ombre et Lumière
" Quand on ne sait plus très bien si l’on Vit
Ou si l’on apprend simplement à Continuer."
" Des fois je me perds.
Entre aujourd'hui et hier.
Entre un petit peu et pas grand-chose.
Y'a plus endurant comme caillou.
Je m'égare dans le grand
Rien des jours vendus.
Dans l'épuisement et la colère.
Entre l'ennui et les ennuis. "
Thomas
Vinau
« Il y a
des jours où l’on ne vit pas vraiment
On traverse simplement le temps en
Attendant de retrouver le chemin de soi.
Il y a des périodes dans une vie où l’on finit
Par se demander si l’on vit encore
vraiment…
Ou si
l’on se contente d’exister.
On se
lève.
On fait
ce qu’il faut faire.
On regarde les heures passer, les journées se
Succéder, les saisons changer
derrière la fenêtre.
Et puis
le soir arrive.
Une
journée de plus.
Mais pas
forcément une journée vécue.
Parfois, j’ai ce sentiment étrange d’être davantage
Dans la survie que dans la vie.
Comme si j’attendais quelque chose
Sans vraiment savoir quoi.
Une sortie.
Un changement.
Un signe.
Peut-être simplement le retour de cette envie qui, autrefois, me
Poussait à me lever le
matin avec autre chose qu’une simple habitude.
Et
parfois même, une pensée plus sombre traverse l’esprit :
Est-ce
cela, maintenant ?
Attendre…
jusqu’au bout ?
Ce n’est
pas forcément vouloir partir.
C’est peut-être simplement ne plus savoir
Comment continuer à vivre pleinement.
Il existe
des prisons qui n’ont ni barreaux ni serrures.
Certaines
sont même confortables.
Une maison, quelques habitudes, une certaine sécurité…
Une prison dorée, en quelque
sorte.
On n’y
manque peut-être de rien d’essentiel.
Et
pourtant, quelque chose manque.
Quelque
chose à l’intérieur.
Une part
de soi qui demande encore à respirer.
Je porte
parfois en moi une nostalgie difficile à expliquer.
Pas
seulement la nostalgie d’une époque.
Pas
seulement celle de la jeunesse.
Mais
celle de choses qui semblent s’être perdues en chemin.
Mes amours.
Mes passions.
Mes
rêves.
Mes Fantasmes
Les rencontres.
Les projets un peu fous.
Les nuits où l’on ne regardait pas l’heure.
Les
matins où l’on avait envie de recommencer.
Toutes ces petites choses qui,
Mises bout à bout, formaient une vie.
Et puis il y a les minutes.
Les heures.
Les
journées.
Les années
Elles passent avec cette indifférence tranquille
Du temps qui ne demande jamais notre
permission.
Et
parfois, j’ai l’impression de m’être arrêté quelque part.
Depuis déjà 20 années Putain 20 ans
Comme si
une partie de moi était restée sur le bord du chemin.
Une
partie de moi que je n’ai jamais vraiment retrouvée.
Peut-être
même une histoire que je n’ai jamais terminée d’écrire.
Une part
de moi inachevée.
Alors je
me demande parfois :
À quel moment avons-nous cessé de vivre nos rêves
Pour simplement gérer nos journées ?
À quel moment avons-nous remplacé
Les élans par les habitudes ?
Les projets par les souvenirs ?
Les
désirs par les « il faut » ?
Peut-être
que vieillir, ce n’est pas seulement voir son corps changer.
C’est aussi regarder derrière soi et apercevoir
Toutes ces versions de nous-même
Que
nous avons laissées quelque part.
Le jeune Homme
La Jeune Femme
Que nous étions.
Celui Celle qui
croyait encore que tout était possible.
Celui qui
aimait sans calculer.
Celui qui
prenait des risques.
Celui qui pouvait partir avec trois fois
Rien et revenir avec mille histoires.
Et
parfois, il me manque.
Mais avec
le temps, j’ai compris quelque chose.
Une partie de nous peut disparaître
Sans être définitivement morte.
Elle peut
simplement s’être endormie.
Sous les déceptions.
Sous les blessures.
Sous les pertes.
Sous les anniversaires solitaires
Sous les
années à faire semblant d’aller bien.
Et peut-être qu’il ne faut pas chercher
A redevenir celui que nous étions.
Peut-être faut-il simplement retrouver,
Doucement, celui que nous sommes
Encore capable
de devenir.
Alors je
continue.
Pas toujours avec enthousiasme.
Pas toujours avec de grandes espérances.
Parfois
simplement un jour après l’autre.
Mais je
continue.
Parce qu’il suffit parfois d’une rencontre,
D’une chanson, d’un rayon de soleil sur un visage,
D’un animal qui vient poser sa tête contre nous,
D’un café bu
tranquillement devant la fenêtre…
Pour que quelque chose se rallume.
Une toute petite flamme.
Presque
rien.
Mais
suffisamment pour nous rappeler que nous sommes encore là.
Et peut-être que vivre n’est pas
Toujours courir vers de grands bonheurs.
Peut-être que vivre, parfois, c’est simplement
Réapprendre à sentir les petites choses.
Respirer l’air frais.
Écouter une vieille chanson.
Marcher dans un chemin de forêt.
Regarder le ciel devenir rose au-dessus des montagnes.
Rire pour une bêtise.
Se souvenir sans avoir mal.
Aimer
encore, même autrement.
Et accepter que certaines pages de notre
Histoire soient définitivement tournées…
Sans
croire pour autant que le livre est terminé.
Alors
oui…
Il
m’arrive encore d’avoir le sentiment de ne pas vivre vraiment.
De seulement attendre.
Mais peut-être que je me trompe.
Peut-être que cette période étrange n’est pas une fin.
Peut-être
est-ce simplement un entre-deux.
Un de ces endroits silencieux de l’existence
Où l’on ne sait plus très bien qui l’on est,
ni où l’on va…
Avant de
retrouver, un jour, un petit morceau de chemin.
Je ne sais pas ce que demain fera de moi.
Je ne sais pas combien de pages il me reste.
Mais tant qu’il reste une page blanche…
Il reste quelque chose à écrire.
Et tant
qu’il reste quelque chose à écrire,
tout
n’est peut-être pas fini.
" Il n’est jamais trop tard pour rallumer une petite lumière.
Même après avoir longtemps marché dans l’ombre.
Je marche encore entre ombre et lumière…
mais tant
que je cherche la lumière,
c’est
peut-être que je ne suis pas perdu."
Une
simple réflexion partagée
Signé
Ours du Forez
©
copyright Ours du Forez
Aout
2026
.png)