Le Vieux Banc des Souvenirs
" Les souvenirs ne meurent jamais.
Ils attendent simplement qu'un rayon de soleil,
Une chanson ou une odeur vienne leur redonner la parole. "
Par exemple cette canicule me rappelle l'année 2003
Il y a,
au-dessus de chez moi, un endroit où j'aime parfois m'arrêter.
Lors de
la dernière promenade au soleil couchant de Aaron mon fidèle chien
Un vieux
banc de bois, tourné vers les monts du Forez.
À cette
heure où le soleil descend doucement derrière les sapins, le silence devient
presque une présence. Le vent joue avec les hautes herbes, quelques oiseaux
s'offrent leurs dernières conversations avant la nuit, et les premières
feuilles de septembre commencent déjà leur lente danse.
C'est
souvent là que la mémoire vient me rendre visite.
Je ne
l'appelle jamais.
Elle
connaît le chemin.
John
Irving écrivait :
" La mémoire est un monstre ; on oublie, pas elle.
Elle archive ; elle tient à disposition ou bien elle dissimule.
Et puis elle nous rappelle avec une volonté qui lui est propre.
On croit avoir de la mémoire, on se fait avoir par elle. "
Comme il
avait raison
On croit
avoir rangé certaines pages de notre vie dans un vieux tiroir.
Mais la
mémoire possède la clé.
Elle
ouvre doucement la porte.
Et le
film recommence.
Je ferme
les yeux...
Je revois les enfants lorsqu'ils étaient petits.
La maison de Pont sur Vanne
Leurs premiers pas hésitants.
Les
éclats de rire qui remplissaient la maison.
De septembre à aux vacances d'été
Des époques fortes entre
La rentrée scolaire
La préparation de Noël
Pâques
les fêtes d'Aniverssaires
Les vacances déjà en Auvergne
Les après midi de baignade au plan d'eau
De St Rémy le marché nocturne en famille
Les
vacances qui semblaient ne jamais devoir finir.
À l'époque, je pensais vivre des journées ordinaires.
Aujourd'hui,
je comprends qu'elles étaient extraordinaires.
Puis reviennent les femmes les compagne d'une nuit
Qui ont partagé un morceau de mon histoire.
J'ai toujours beaucoup de respect pour Elles
Le temps
a effacé les reproches.
Il a gardé les promenades, les repas improvisés, les footing
Les regards complices, les nuits de folies
Les projets
que l'on faisait en croyant que demain durerait toujours.
Finalement,
l'amour laisse rarement les mêmes traces que les blessures.
Il
devient une lumière douce, posée quelque part dans un coin du cœur.
Et
soudain
Comme si
quelqu'un avait posé un vieux disque sur une platine...
La musique démarre.
Les bals du 14 Juillet.
Les fêtes
de village.
Les déplacements avec le vieux fourguons C25
Déjà sourire une grosse sono installée dedans
Pour se mettre dans l'ambiance et surtout
Ne pas s'endormir au retour au petit matin
Les journées d’été où l'on installait les enceintes, le pont de lumière,
La régie son où l'on déroulait des kilomètres de câbles
Les énormes caissons de basses en 46 comme les satellites
Bon sang que ca tapait fort
Avant que la piste ne s'anime.
les copains, la nervosité du trac qui
Se faisait sentir mais sans rien montrer
Les gens qui arrivaient
Les premières musiques lancée pour le warm-up
Les enfants qui couraient partout.
Les anciens assis sur les bancs de la place
Les jeunes qui riaient jusqu'au bout de la nuit.
Les couples d’amoureux
Les familles
Je revois
les projecteurs dessiner leurs faisceaux dans la fumée légère.
Je revois des centaines de visages.
La plupart ont sûrement changé.
Quelques-uns ne sont plus là.
Mais ils continuent de danser dans ma mémoire.
Puis comme un film le
décor change encore.
Le bruit d'un moteur remplace celui de la musique.
Les rallyes
Les reconnaissances.
Les copains.
Les discussions sans fin autour d'un capot ouvert.
L'odeur de l'essence.
Les pneus encore chauds.
Les mains
noircies par la mécanique.
Certaines voitures ne sont jamais de simples voitures.
Elles
deviennent des morceaux de notre jeunesse.
On
pourrait me montrer une vieille Alpine, une 104 Peugeot ZS, une R5 Turbo, une Simca
rallye 3 une Lancia Delta Intégrale, et je suis certain que mon cœur
retrouverait immédiatement quelques battements d'autrefois.
Comme une
vieille chanson que l'on connaît encore par cœur.
Puis viennent les visages des amis.
Ceux avec qui l'on croyait avoir le temps.
Le temps de se revoir.
Le temps de se rappeler.
Le temps de refaire le monde.
La vie en a décidé autrement.
Certains
sont partis beaucoup trop tôt.
Des séparations dus aux déménagements
D'autres
ont simplement pris une route différente.
Pourtant,
il suffit d'une anecdote, d'une photo jaunie ou d'un éclat de rire entendu chez
quelqu'un d'autre pour qu'ils s'assoient, quelques minutes, à côté de moi sur
ce vieux banc.
C'est
peut-être cela, la vraie richesse d'une vie.
Pas ce
que nous avons possédé.
Mais tout
ce que nous avons vécu.
Toutes
ces régions
De la RP 95
À toutes
ces régions
La Normandie
L’Yonne
L’Auvergne
Toutes
ces distances
Tous ces
kilomètres.
Toutes
ces mains serrées.
Tous ces
cafés partagés.
Toutes
ces passions qui nous ont empêchés de simplement exister.
Car vivre
n'est pas seulement respirer.
C'est
collectionner des instants qui, un jour, deviendront des souvenirs capables de
nous réchauffer lorsque l'automne s'installera dans notre existence.
Aujourd'hui,
je ne cherche plus à retenir le temps.
Je sais
qu'il est plus fort que nous.
En
revanche, je remercie la mémoire.
Même
lorsqu'elle fait monter une larme.
Car une
larme née d'un beau souvenir vaut souvent
Mieux qu'un cœur qui n'aurait plus rien à se
rappeler.
Le soleil
disparaît derrière les montagnes.
Le vent
s'est levé.
Je me
relève doucement de ce vieux banc.
Aaron me
rejoint en sortant d’un bosquet
Je
souris.
Je ne
suis plus tout à fait seul.
Mes
souvenirs ont marché un moment à mes côtés.
Et je
crois qu'ils continueront de le faire jusqu'au dernier sentier.
" Le plus
beau cadeau que le temps nous laisse n'est pas de rester jeunes. C'est de
pouvoir être en bonne santé, fermer les yeux et revoir, le cœur encore émerveillé, tous ceux qui ont
donné un sens à notre chemin. "
Une simple réflexion partagée
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Aout 2026
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