mercredi 16 septembre 2026

Chasseurs : Et si le Problème n’était plus la Chasse, Mais Veux qui Tiennent le Fusil ?

 


 

" Je suis comme Vous , la Chasse m'empoisonne l’Automne " 

M . Yourcenar 




Chasseurs : et si le problème n’était plus la chasse, 

Mais ceux qui tiennent le fusil ?


Depuis des décennies, la chasse bénéficie d’une incroyable indulgence. On peut traquer un animal, le terroriser, le blesser et l’abattre, puis revendiquer dans le même souffle un amour profond de la nature. On peut transformer la mort en loisir et se présenter comme un écologiste. On peut posséder une arme, pénétrer dans les bois et les campagnes, y imposer sa violence, puis exiger le respect au nom de la « tradition ».


Et malheur à celui qui ose poser une question.


Car immédiatement, la machine cynégétique se met en marche. La chasse serait indispensable. Les chasseurs seraient les premiers écologistes de France. Sans eux, la nature sombrerait dans le chaos. Ils seraient des « régulateurs », des « gestionnaires », des « amoureux de la biodiversité ».


Voilà précisément l’un des grands intérêts de mon livre La Triade noire, une lecture psychiatrique de la chasse et des chasseurs : oser déconstruire ce discours.


Le livre avance une thèse volontairement dérangeante. Certains traits associés à ce que la psychologie appelle la « triade sombre » — narcissisme, machiavélisme et psychopathie — pourraient offrir une grille de lecture pour interroger le rapport de certains individus à la domination, à la manipulation et à la souffrance d’autrui, y compris dans le contexte de la chasse.


Voilà la question que les défenseurs de la chasse préfèrent éviter.


Car si tuer était une nécessité, pourquoi tant de chasseurs parlent-ils de « passion » ? Pourquoi cette excitation ? Pourquoi cette mise en scène de la performance ? Pourquoi ces trophées, ces photographies, ces récits glorifiant la traque et la mise à mort ?


On ne peut pas éternellement cacher

 La violence derrière des mots.

Le cerf n’est pas « prélevé » : il est tué.

Le sanglier n’est pas « régulé » : il est abattu.

Le renard n’est pas « géré » : il est pourchassé.


Le vocabulaire cynégétique est devenu une formidable entreprise d’anesthésie morale. Il ne décrit plus la réalité : il la maquille.


Et c’est peut-être là que réside la plus grande imposture.


Les chasseurs réclament le monopole du discours sur la nature tout en participant à la destruction d’êtres vivants qui la composent. Ils se proclament défenseurs de la biodiversité tout en faisant du fusil l’un des instruments de leur relation au monde sauvage. Ils invoquent la tradition comme si l’ancienneté d’une pratique suffisait à la rendre moralement acceptable.


Mais l’histoire de l’humanité est remplie de 

Traditions auxquelles nous avons heureusement renoncé.

L’esclavage était une tradition.

La torture était une tradition.

La domination des femmes était une tradition.


Une tradition n’est pas un argument. C’est simplement une habitude suffisamment ancienne pour que certains aient cessé de la remettre en question.


La chasse appartient à cette catégorie de pratiques que notre société tolère encore par inertie culturelle et par influence politique. Pourtant, le monde change. Notre connaissance de la sensibilité animale progresse. Notre rapport au vivant évolue. Et une question devient de plus en plus impossible à contourner : pourquoi continuer à accorder à certains le droit de tuer des animaux lorsqu’aucune nécessité vitale ne l’exige ?


Le véritable débat n’est donc plus de savoir 

Comment rendre la chasse « plus responsable ».

On ne rend pas la mise à mort ludique moralement

 Acceptable en lui ajoutant des règles.

Le véritable débat est de savoir combien de 

Temps encore notre société acceptera

 De confondre violence et tradition.


La Triade noire n’apporte peut-être pas des réponses définitives à toutes les questions qu’il soulève. Mais il possède un mérite considérable : celui de refuser le silence et la complaisance.


Car il est temps d’inverser la question.


Pendant des années, les chasseurs ont demandé 

Aux opposants à la chasse de justifier leur indignation.

Désormais, c’est à ceux qui veulent continuer à 

Tuer pour le loisir de justifier leur pratique.

Et il sera de plus en plus difficile de le faire.

Car derrière les grands mots  tradition, régulation,

 Ruralité, gestion  demeure une

 Réalité d’une simplicité brutale : 

n être vivant fuit. Un humain le poursuit. 

Un coup de feu retentit. L’animal meurt.

Tout le reste n’est que mauvaise littérature.


Et si, finalement, la meilleure manière de « soigner » 

Cette société de son archaïsme était tout simplement

 De lui retirer le droit de tuer pour le plaisir ?

Abolir la chasse de loisir ne serait pas une attaque contre la nature.

Ce serait peut-être, enfin, une manière de commencer à la respecter.


Un très bon texte qui résume bien le problème 

Source internet 

 


La chasse "En enclos"... Un autre scandale  Du coup, 

les chasseurs ne peuvent pas sortir le prétexte à 

La régulation d'une espèce en surnombre ?! 

Conclusion, c'est bien le sadisme qui les motive.



Une citation pour un triste résumé de cette période


 " Si quelque chose m'a toujours profondément écœuré 

Chez l'homme, c'est bien de voir comment sa cruauté

 Sa bassesse et son esprit borné parviennent

 A revêtir le masque du lyrisme. "


Milan Kundera " La Valse aux adieux