samedi 26 septembre 2026

Écrire Pour ne Pas Disparaître

 


 

"Très tôt, j'ai su qu'il faudrait appeler les Mots à mon Secours. 

J'avais découvert que certaines phrases avaient le Pouvoir

 De calmer la mélancolie, la Tristesse ou le Chagrin."


  Christine Orban





 

Écrire pour ne pas disparaître

 

" J’écris pour donner un visage à mes silences, 

Une lumière à mes blessures, et laisser 

Quelque part la preuve que, 

Malgré tout, j’ai continué à rêver. "


 Ours du Forez 63


" J’écris donc je suis. "


Descartes aurait peut-être souri devant

 Cette drôle de version de sa célèbre pensée.

 

Lui disait :

"  Je pense, donc je suis. "

 

Moi, avec les années, les détours, les silences, 

Les coups de la vie et quelques cicatrices invisibles, 

J’en suis peut-être arrivé à une autre conclusion :

 

J’écris, donc j’existe encore.

 

J’écris parce que penser ne me suffit pas.

 

Chez moi, les pensées ont parfois tendance à courir partout.

Elles ouvrent les placards, déplacent les meubles, 

Rallument les vieilles lumières et ressortent même

 Des souvenirs que j’avais soigneusement rangés dans un coin.

 

Alors j’écris.

 

J’essaie de leur donner une chaise, une table, une feuille.

 

Je mets des mots sur ce qui déborde,

Des virgules là où je manque d’air,

Des points de suspension aux endroits

 Que je n’ai pas encore compris.

 

J’écris mes joies, mes fêlures, mes presque, mes jamais plus…

et mes peut-être encore.

 

J’écris les jours où tout va bien,

et ceux où il faut simplement trouver une raison de se lever.

 

J’écris parfois avec le sourire.

 

Parfois avec une larme.

 

Parfois avec cette étrange sensation que les mots

 Savent mieux que nous ce que nous essayons de leur faire dire.

 

Écrire, ce n’est pas seulement penser

 

Écrire, ce n’est pas seulement penser.

 

Ce n’est pas seulement ressentir.

 

Ce n’est pas seulement imaginer.

 

C’est peut-être éprouver tout cela à la fois…

Et accepter de mettre tout cela à l’épreuve des mots.

 

À l’épreuve de soi.

 

À l’épreuve du temps.

 

Et parfois même, à l’épreuve du regard de l’autre.

 

On prend une douleur, un souvenir, une colère,

Un rêve ou un vieux silence et on

Essaie de lui donner une forme.

 

Un peu comme un sculpteur devant un bloc de pierre.

 

On enlève un morceau ici.

 

On ajoute un mot là.

 

On cherche.

 

On rature.

 

On recommence.

 

Et puis, quelquefois, au milieu de toutes

 Ces hésitations, quelque chose apparaît.

 

Un visage.

 

Une émotion.

 

Une vérité que l’on ne savait pas encore formuler.

 

Les mots cherchent.

 

Et lorsqu’ils ne trouvent pas, ils cherchent encore.

 

Ils changent de chemin, de langue, de rythme.

 

Ils inventent parfois leur propre chemin pour

Tenter de transformer l’ineffable en parole nouvelle.

 

Alors le bloc des non-dits commence lentement à se fissurer.

 

Et de ce silence sculpté à coups de mots peut

 Émerger quelque chose d'étrangement précieux :

 

une part de nous-mêmes.

 

Écrire pour se réparer un peu

 

Je n’écris pas parce que j’ai quelque chose à prouver.

 

Je n’écris pas pour donner des leçons.

 

Je n’écris même pas toujours pour être compris.

 

J’écris parce que c’est ma façon de regarder le monde.

 

De prendre un peu de recul.

 

De chercher encore du beau lorsque le monde

 Arrive décoiffé, fatigué, parfois brutal.

 

J’écris pour ramasser les petits morceaux

 De moi que la vie a semés un peu partout.

 

Les chagrins deviennent des phrases.

 

Les silences deviennent parfois de la poésie.

 

Les colères deviennent des paragraphes.

 

Les souvenirs deviennent des histoires.

 

Et mes petits désastres…

 

Finissent parfois par ressembler vaguement à de la littérature.

 

Vaguement.

 

Il faut bien garder un peu d’humour.

 

J’écris aussi pour le plaisir.

 

Parce que les mots sont une gymnastique du cerveau,

 Une promenade intérieure, une façon

 De garder les fenêtres ouvertes.

 

On peut marcher sans bouger.

 

Voyager sans prendre la voiture.

 

Retrouver quelqu’un qui n’est plus là.

 

Revenir dans un endroit disparu.

 

Aimer encore quelque chose que l’on croyait avoir perdu.

 

Avec quelques mots, une feuille blanche peut devenir une forêt.

 

Une forêt peut devenir un souvenir.

 

Et un souvenir peut parfois devenir un peu de paix.

 

Écrire pour laisser une trace

 

Il y a aussi une autre raison, plus silencieuse.

 

Peut-être écrit-on parce qu’un jour nous disparaîtrons.

 

Tous.

 

C’est la règle.

 

Et cela peut sembler triste.

 

Mais je préfère y voir une invitation

À laisser quelque chose derrière soi.

 

Pas forcément un grand livre.

 

Pas forcément un nom gravé quelque part.

 

Parfois quelques phrases suffisent.

 

Une pensée.

 

Une photo.

 

Une chanson.

 

Une lettre.

 

Un souvenir déposé quelque part dans le cœur de quelqu’un.

 

Écrire, c’est peut-être murmurer au temps :

 

« Je suis passé par ici.

J’ai aimé.

J’ai souffert.

J’ai rêvé.

J’ai essayé. »

 

Et peut-être qu’un jour, quelqu’un tombera

 Sur quelques lignes écrites longtemps auparavant.

 

Il ne connaîtra pas notre histoire.

 

Il ne saura pas tout de nos blessures,

De nos victoires minuscules ou de nos nuits difficiles.

 

Mais pendant quelques secondes…

 

Quelque chose de nous aura encore traversé le temps.

 

Écrire pour continuer

 

Alors oui…

 

Descartes pensait, donc il était.

 

Moi, j’écris.

 

J’écris parce que je cherche encore.

 

Parce que je doute encore.

 

Parce que je rêve encore.

 

Parce que certaines blessures ne demandent pas forcément à disparaître, mais simplement à devenir moins lourdes à porter.

 

J’écris parce que parfois, les mots sont

 Une main posée doucement sur l’épaule.

 

Parce qu’ils peuvent tenir compagnie aux solitudes.

 

Parce qu’ils peuvent mettre un peu

De lumière dans une journée grise.

 

Parce qu’ils peuvent transformer une vieille

 Douleur en quelque chose que l’on

Regarde enfin sans détourner les yeux.

 

Et peut-être qu’au fond, écrire n’est pas

 Vraiment une manière de fuir la vie.

 

C’est peut-être exactement l’inverse.

 

C’est une façon de lui faire face.

 

De prendre ce qu’elle nous donne,

Même lorsqu’elle nous donne des choses

 Que nous n’avions pas demandées.

 

De prendre les morceaux cassés.

 

Les souvenirs.

 

Les rêves.

 

Les regrets.

 

Les amours.

 

Les absences.

 

Les petits bonheurs aussi.

 

Et d’en faire quelque chose.

 

Pas forcément quelque chose de parfait.

 

Simplement quelque chose de vivant.

 

Alors j’écris.

 

Pour me comprendre un peu.

 

Pour me soulager parfois.

 

Pour partager.

 

Pour transmettre.

 

Pour rire de mes propres maladresses.

 

Pour donner une seconde vie à certains souvenirs.

 

Et peut-être aussi…

 

Pour ne pas disparaître tout à fait.

 

Car tant qu’il reste quelques mots quelque part,

 

Tant qu’une pensée continue son chemin,

 

Tant qu’un lecteur s’arrête quelques instants sur une phrase,

 

Quelque chose de nous continue de respirer.

 

Et certains jours,

 

C’est déjà une très jolie façon d’exister.

 

Écrire autrement, pour toucher autrement.


" Les mots ne changent pas toujours ce que la vie nous a fait, 

Mais ils peuvent transformer ce que nous en faisons.

 Écrire, c’est parfois apprendre à respirer autrement. "


 Ours du Forez 63

 

Une simple réflexion partagée

Signé Ours du Forez

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Septembre 2026