"Très tôt, j'ai su qu'il faudrait appeler les Mots à mon Secours.
J'avais découvert que certaines phrases avaient le Pouvoir
De calmer la mélancolie, la Tristesse
ou le Chagrin."
Christine Orban
Écrire
pour ne pas disparaître
" J’écris pour donner un visage à mes silences,
Une lumière à mes blessures, et laisser
Quelque part la preuve que,
Malgré tout, j’ai continué à rêver. "
Ours du Forez 63
" J’écris donc je suis. "
Descartes aurait peut-être souri devant
Cette drôle de version de sa célèbre pensée.
Lui
disait :
" Je
pense, donc je suis. "
Moi, avec les années, les détours, les silences,
Les coups de la vie et quelques cicatrices invisibles,
J’en suis peut-être arrivé à une autre conclusion :
J’écris,
donc j’existe encore.
J’écris
parce que penser ne me suffit pas.
Chez moi,
les pensées ont parfois tendance à courir partout.
Elles ouvrent les placards, déplacent les meubles,
Rallument les vieilles lumières et ressortent même
Des souvenirs que j’avais soigneusement rangés dans un coin.
Alors
j’écris.
J’essaie
de leur donner une chaise, une table, une feuille.
Je mets
des mots sur ce qui déborde,
Des
virgules là où je manque d’air,
Des
points de suspension aux endroits
Que je n’ai pas encore compris.
J’écris
mes joies, mes fêlures, mes presque, mes jamais plus…
et mes
peut-être encore.
J’écris
les jours où tout va bien,
et ceux
où il faut simplement trouver une raison de se lever.
J’écris
parfois avec le sourire.
Parfois
avec une larme.
Parfois
avec cette étrange sensation que les mots
Savent mieux que nous ce que nous essayons de
leur faire dire.
Écrire,
ce n’est pas seulement penser
Écrire,
ce n’est pas seulement penser.
Ce n’est
pas seulement ressentir.
Ce n’est
pas seulement imaginer.
C’est
peut-être éprouver tout cela à la fois…
Et
accepter de mettre tout cela à l’épreuve des mots.
À
l’épreuve de soi.
À
l’épreuve du temps.
Et
parfois même, à l’épreuve du regard de l’autre.
On prend
une douleur, un souvenir, une colère,
Un rêve
ou un vieux silence et on
Essaie de
lui donner une forme.
Un peu
comme un sculpteur devant un bloc de pierre.
On enlève
un morceau ici.
On ajoute
un mot là.
On
cherche.
On
rature.
On
recommence.
Et puis,
quelquefois, au milieu de toutes
Ces hésitations, quelque chose apparaît.
Un
visage.
Une
émotion.
Une
vérité que l’on ne savait pas encore formuler.
Les mots
cherchent.
Et
lorsqu’ils ne trouvent pas, ils cherchent encore.
Ils
changent de chemin, de langue, de rythme.
Ils
inventent parfois leur propre chemin pour
Tenter de
transformer l’ineffable en parole nouvelle.
Alors le
bloc des non-dits commence lentement à se fissurer.
Et de ce
silence sculpté à coups de mots peut
Émerger quelque chose d'étrangement précieux :
une part
de nous-mêmes.
Écrire
pour se réparer un peu
Je
n’écris pas parce que j’ai quelque chose à prouver.
Je
n’écris pas pour donner des leçons.
Je
n’écris même pas toujours pour être compris.
J’écris
parce que c’est ma façon de regarder le monde.
De
prendre un peu de recul.
De
chercher encore du beau lorsque le monde
Arrive décoiffé, fatigué, parfois brutal.
J’écris
pour ramasser les petits morceaux
De moi que la vie a semés un peu partout.
Les
chagrins deviennent des phrases.
Les
silences deviennent parfois de la poésie.
Les
colères deviennent des paragraphes.
Les
souvenirs deviennent des histoires.
Et mes
petits désastres…
Finissent
parfois par ressembler vaguement à de la littérature.
Vaguement.
Il faut
bien garder un peu d’humour.
J’écris
aussi pour le plaisir.
Parce que
les mots sont une gymnastique du cerveau,
Une promenade intérieure, une façon
De garder
les fenêtres ouvertes.
On peut
marcher sans bouger.
Voyager
sans prendre la voiture.
Retrouver
quelqu’un qui n’est plus là.
Revenir
dans un endroit disparu.
Aimer
encore quelque chose que l’on croyait avoir perdu.
Avec
quelques mots, une feuille blanche peut devenir une forêt.
Une forêt
peut devenir un souvenir.
Et un
souvenir peut parfois devenir un peu de paix.
Écrire
pour laisser une trace
Il y a
aussi une autre raison, plus silencieuse.
Peut-être
écrit-on parce qu’un jour nous disparaîtrons.
Tous.
C’est la
règle.
Et cela
peut sembler triste.
Mais je
préfère y voir une invitation
À laisser
quelque chose derrière soi.
Pas
forcément un grand livre.
Pas
forcément un nom gravé quelque part.
Parfois
quelques phrases suffisent.
Une
pensée.
Une
photo.
Une
chanson.
Une
lettre.
Un
souvenir déposé quelque part dans le cœur de quelqu’un.
Écrire,
c’est peut-être murmurer au temps :
« Je suis
passé par ici.
J’ai
aimé.
J’ai
souffert.
J’ai
rêvé.
J’ai
essayé. »
Et
peut-être qu’un jour, quelqu’un tombera
Sur quelques lignes écrites longtemps
auparavant.
Il ne
connaîtra pas notre histoire.
Il ne
saura pas tout de nos blessures,
De nos
victoires minuscules ou de nos nuits difficiles.
Mais
pendant quelques secondes…
Quelque
chose de nous aura encore traversé le temps.
Écrire
pour continuer
Alors
oui…
Descartes
pensait, donc il était.
Moi,
j’écris.
J’écris
parce que je cherche encore.
Parce que
je doute encore.
Parce que
je rêve encore.
Parce que
certaines blessures ne demandent pas forcément à disparaître, mais simplement à
devenir moins lourdes à porter.
J’écris
parce que parfois, les mots sont
Une main posée doucement sur l’épaule.
Parce
qu’ils peuvent tenir compagnie aux solitudes.
Parce
qu’ils peuvent mettre un peu
De
lumière dans une journée grise.
Parce
qu’ils peuvent transformer une vieille
Douleur en quelque chose que l’on
Regarde
enfin sans détourner les yeux.
Et
peut-être qu’au fond, écrire n’est pas
Vraiment une manière de fuir la vie.
C’est
peut-être exactement l’inverse.
C’est une
façon de lui faire face.
De
prendre ce qu’elle nous donne,
Même
lorsqu’elle nous donne des choses
Que nous n’avions pas demandées.
De
prendre les morceaux cassés.
Les
souvenirs.
Les
rêves.
Les
regrets.
Les
amours.
Les
absences.
Les
petits bonheurs aussi.
Et d’en
faire quelque chose.
Pas
forcément quelque chose de parfait.
Simplement
quelque chose de vivant.
Alors
j’écris.
Pour me
comprendre un peu.
Pour me
soulager parfois.
Pour
partager.
Pour
transmettre.
Pour rire
de mes propres maladresses.
Pour
donner une seconde vie à certains souvenirs.
Et
peut-être aussi…
Pour ne
pas disparaître tout à fait.
Car tant
qu’il reste quelques mots quelque part,
Tant
qu’une pensée continue son chemin,
Tant
qu’un lecteur s’arrête quelques instants sur une phrase,
Quelque
chose de nous continue de respirer.
Et
certains jours,
C’est
déjà une très jolie façon d’exister.
Écrire
autrement, pour toucher autrement.
" Les mots ne changent pas toujours ce que la vie nous a fait,
Mais ils peuvent transformer ce que nous en faisons.
Écrire, c’est parfois apprendre à respirer
autrement. "
Ours du Forez 63
Une
simple réflexion partagée
Signé
Ours du Forez
©
copyright Ours du Forez
Septembre
2026
.png)