À deux
beaux yeux.
Vous avez
un regard singulier et charmant ;
Comme la
lune au fond du lac qui la reflète,
Votre
prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin
de vos doux yeux roule languissamment ;
Ils
semblent avoir pris ses feux au diamant ;
Ils sont
de plus belle eau qu'une perle parfaite,
Et vos
grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne
voilent qu'à demi leur vif rayonnement.
Mille
petits amours, à leur miroir de flamme,
Se
viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,
Et les
désirs y vont rallumer leurs flambeaux.
Ils sont
si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,
Comme une
fleur céleste au calice idéal
Que l'on
apercevrait à travers un cristal.
Théophile
Gautier (1811-1872)
Recueil
: La comédie de la mort (1838)
