Les grues
cendrées traversent la France en octobre et novembre, en route entre la
Scandinavie, l'Allemagne et l'Espagne, où elles passent l'hiver. Elles volent
souvent en V, une formation qui permet à chaque oiseau de profiter des
tourbillons d'air créés par les ailes de celui qui le précède. Cette portance
supplémentaire réduit l'effort fourni et permet de parcourir de longues
distances en dépensant moins d'énergie.
Les
oiseaux de tête se relaient régulièrement, car c'est la position la plus
fatigante : celui qui ouvre la route ne bénéficie d'aucun courant favorable.
Les grues peuvent ainsi voler plusieurs centaines de kilomètres par jour, à des
altitudes variables selon les vents. Elles voyagent en groupes familiaux : les
jeunes de l'année suivent leurs parents lors de leur première migration et
apprennent le trajet.
Elles se
repèrent de loin à leur cri puissant, audible à plusieurs kilomètres, souvent
avant même qu'on les aperçoive dans le ciel. Des sites comme le lac du Der,
dans la Marne, accueillent chaque automne des dizaines de milliers d'individus
lors de leur halte migratoire, qui leur permet de se reposer et de se nourrir
de céréales dans les champs voisins avant de repartir vers le sud.
Observer
un passage de grues est un spectacle d'automne, mais il faut les regarder sans
les déranger, car un envol brusque leur coûte beaucoup d'énergie.