dimanche 10 mai 2026
Il est sur Terre deux races d'Hommes.
Il est
sur Terre deux races d'Hommes.
La
première - d'un nombre étouffant - se contente d'assouvir les besoins
élémentaires de l'existence. Les préoccupations matérielles, les soucis
familiaux bornent son champ. L'amour, parfois, y projette son ombre, mais
strictement égoïste et ramené à l'échelle du reste.
L'autre
race, quoique soumise au joug de la faim, du plaisir charnel et de la
tendresse, porte plus loin et plus haut son ambition. Pour s'épanouir et
simplement pour respirer, elle a besoin d'un climat plus beau, plus pur et
spirituel. Il lui faut dénouer les limites ordinaires, exalter l'être au-delà
de lui-même. Le soumettre à quelque grande force invisible et le hausser
jusqu'à elle. La pauvreté de l'homme la blesse, la désespère. L'inaccessible
seul l'attire comme le rachat et la victoire de l'humaine condition.
Joseph
Kessel
Il Faut S'intéresser à Tout être qu'on Rencontre,
" Il faut
s'intéresser à tout être qu'on rencontre, parce que chaque être est unique et
possède une coupe qui contient la sagesse de son expérience.
Si je me
place au-dessus de l'être que je rencontre, il ne peut déverser dans ma propre
coupe le vin de la sagesse. Si au contraire je m'incline, sa sagesse se déverse
naturellement en moi, par une sorte de loi de la gravité spirituelle. C'est ce
que, dans le grand public, on appelle "être à l'écoute des autres".
C'est une
attitude beaucoup plus importante qu'on ne le croit. Parce qu'aucun être
n'arrive par hasard sur notre route.
Chaque
être, même le plus modeste et même le plus difficile, le plus mauvais, a quelque
chose à nous apprendre et peut nous aider à forger notre caractère et à
développer en nous le principe d'amour.
En ce
sens, chaque être est un maître pour l'autre.
Et tant
que nous avons des conflits avec une personne, tant que nous ne sommes pas en
harmonie avec elle, c'est qu'elle a encore quelque chose à nous apprendre,
c'est que nous devons travailler, à son contact, un aspect de notre caractère.
Devant
chaque conflit, devant chaque contrariété, que ce soit au travail ou en amour,
il faut s'habituer à se poser la question:
"Qu'est
ce que cette situation ? Qu'est ce que cet être est venu m'apprendre ? Pourquoi
est-il sur ma route à ce moment de ma vie ?"
Et
lorsqu'on trouve la réponse, une nouvelle leçon est apprise, une nouvelle
marche est gravie dans l'escalier infini de la sagesse…
Et la
difficulté, devenue inutile, disparaît instantanément…
Mais nous
ignorons cette loi pourtant simple, nous ne tenons pas compte des autres, parce
que nous manquons d'humilité et que nous sommes aveuglés, comme si nous nous
promenions dans la vie avec, devant nous, un miroir dans lequel nous nous
contemplons stérilement et qui nous empêche de voir les autres…
C'est
pour cela que la plupart des gens sont persuadés qu'ils sont les seuls à avoir
raison, que tous les autres ont tort…
Pour
cette raison, il n'y a à peu près jamais de vrai conversation, et tous les
êtres restent solitaires, enfermés dans leur propre filet mental.
Par
conséquent, les guerres, petites et grandes, se perpétuent à travers les
siècles… Parce que personne ne veut prendre le temps de marcher dans les
souliers d'un autre avant de juger… "
Marc
Fisher
Je Plains Ceux qui ne Connaissent pas le Mal de Vivre.
Je plains
ceux qui ne connaissent pas le mal de vivre. Il leur manque quelque chose pour
entendre celui qui est en face. Je crois qu'il faut traverser des déserts et je
crois même que ceux qui n'en ont jamais traversé sont des infirmes. On ne
connaît le mal de vivre que lorsqu'on en connaît la joie.
Barbara -
Entretien avec Michèle Manceaux, 1981






